Macaroni!, Zabus, Campi, Dupuis

Macaroni!

Titre: Macaroni!
Scénariste: Vincent Zabus
Dessinateur: Thomas Campi
Editeur: Dupuis
Date de publication: Avril 2016

Zabus/ Campi. Voilà bien un duo d’auteurs dont j’ouvre désormais les albums les yeux fermés. Ok, bon, je les rouvre ensuite pour lire. Mais vraiment, ces deux là m’ont tellement plu sur leurs précédentes collaborations, que désormais je suis pleinement en confiance. Il m’a fallu attendre l’été pour lire leur dernier opus, et ce n’est toujours pas cette fois qu’ils me décevront.

Roméo, adolescent typique, se retrouve obligé de passer une semaine chez son vieux grand-père qu’il n’a jamais trop connu, tandis que son père règle des affaires dans la même région. Pourquoi ne pouvait-il rester avec sa mère à la place? Mystère. En tous cas, le vieux rital a un caractère de cochon, et Roméo peut grommeler de tout son saoul. Il faudra quand même cohabiter.

UNE HISTOIRE D’HOMMES

Trois générations qui se connaissent finalement très mal. Un petit-fils qui n’a jamais trop vu son grand-mère, un père qui n’a jamais trop parlé à son fils. Vincent Zabus oblige ces trois là à se rencontrer et à se découvrir. Et il le fait tout en douceur, sans jamais brusquer le lecteur. Autant le dire, Macaroni! est une lecture extrêmement plaisante. La lecture est tellement fluide, que vous refermerez le livre avec un petit goût de trop peu en bouche.
Et pourtant, entre temps, vous aurez rencontré trois personnages qui chacun dans leur style, sauront vous marquer. Roméo est ado, mais pas le modèle braqué agaçant, non. C’est l’ado sensible et intelligent. Ca fait du bien. Son père, lui, manque un peu de courage, mais son bon fond est évident, on sent l’éducation du père derrière, alors on lui pardonne ses failles. Et donc, il y a le grand-père, lui qui trône au centre de la couverture de cet album. Lui qui est le sujet principal de cette histoire, tant dans son présent que dans son passé.

Ottavio, c’est en lui-même un formidable moteur d’histoire, puisqu’il permet autant de traiter de sujet très intimes, sur la relation de couple, sur les espoirs de jeunesse, que de parler de l’immigration italienne en Belgique après la Seconde Guerre Mondiale ou les conditions de travail dans les mines de la même région. On traite petite et grande histoire en même temps, pour moi, c’est vraiment un travail de référence qui nous est offert là.

Mais je ne vous ai pas parlé des femmes encore… Parce qu’elles sont là, comme l’indique la couverture. Et sous trois versions, un peu comme les hommes. Il y a la petite jeune qui fait le trait d’union avec la culture du grand-père, qui fait l’interprète pour Roméo. Il y a la mère absente. Et puis la grand-mère fantomatique. Celle de la couverture. Celle qu’on devine par les quelques mots que prononce Ottavio, et les silhouettes que dessine Thomas Campi. Jusqu’à la conclusion du récit qui balance tout. Elle n’est plus là, mais on découvre toute la place qu’elle prend dans cette histoire. Et ça nous touche…

 

Et puis il y a le dessin de Thomas Campi. J’ai beaucoup parlé du scénario, une fois encore, et je ne rendrai pas justice au travail du dessinateur, c’est dommage. Pourtant, c’est bien lui qui est le vecteur des émotions de cet album. J’aime le trait de cet artiste. Tout en finesse, il est légèrement tremblotant, comme s’il était à fleur de peau. Un bon état d’esprit pour une histoire qui cherche à nous faire ressentir les émotions de ses personnages. Il n’en fait jamais trop, des traits, Thomas Campi. Ce ‘est pas le genre qui noircit sa page de hachures. Non, l’obscurité, les ombres, c’est par la couleur qu’il les traite. Une couleur bien marquée, avec des aplats francs. Et des ombres légères qui se superposent… Et puis il y a ces souvenirs, que l’artiste intègre directement dans les pages du récit, sur les cases montrant le présent. Je ne sais pas comment il s’y est pris, mais les effets sont très plaisants, et les cases où il donne à voir en plein ces moments sont encore plus touchants avec cette méthode. C’est vraiment un artiste très intéressant.

Bon, normalement, si vous lisez ces lignes, c’est que je vous ai convaincu ou maintenu dans votre bonne opinion de cet album. Voilà encore une belle lecture à faire en cette année 2016, il serait dommage de rater une histoire aussi profonde, aussi sensible et aussi touchante.

ET SI ON DONNE UNE NOTE?

18/20

Macaroni!_ planche

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3 réflexions sur “Macaroni!, Zabus, Campi, Dupuis

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