Le voyageur de Troy- Entretiens avec Arleston (Lundi One-Shot)

Le voyageur de Troy- entretiens avec Arleston

Titre : Le voyageur de Troy- Entretiens avec Arleston

Auteur : Thierry Bellefroid

Editeur : Soleil

Date de publication : Juin 2008

 

Connaître la bande dessinée, c’est aussi connaître ceux qui la font, et ceux qui y laissent leur marque. Christophe Arleston, l’homme du monde de Troy, de Lanfeust et des Trolls, en fait indéniablement partie. On peut adorer son travail, le détester, n’empêche qu’il a donné une certaine couleur à un éditeur devenu majeur sur le marché francophone, et donné le la à tous les scénaristes amateurs d’héroïc-fantasy. Voyons donc qui est ce monsieur.

 

Thierry Bellefroid, célèbre journaliste belge, et tout aussi célèbre intervenant du monde de la bd, est aux manettes de cet entretien avec le grand manitou des éditions Soleil. L’ouvrage se compose de sept chapitres, plus introduction et conclusion. Dans l’ordre, il aborde la jeunesse d’Arleston, ses débuts dans le monde de la bd, la création du monde de Troy, ses liens avec ses dessinateurs, l’analyse de ses scénarios, son amour de la cuisine, et ses méthodes d’écriture.

Un panorama assez complet je dois dire, et franchement intéressant. D’abord, on sent un Thiery Bellefroid à bonne distance, pas passe-plat, mais pas non plus panégyrique. Il chatouille quand même un brin le grand auteur, le mettant devant certaines de ses contradictions, ou l’amenant sur des terrains de réflexion où il n’était pas allé. A mes yeux, c’est plutôt une réussite, donc. Même sans connaître ses séries sur le bout des doigts, je crois qu’on se passionne rapidement pour le parcours d’Arleston. Sans doute dès les premières pages, et l’évocation de la mort de ses parents lorsqu’il était enfant. Une faille que j’ignorais et qui forcément émeut. Et permet un regard différent sur son œuvre, un nouveau prisme que Bellefroid saura solliciter à plusieurs reprises. On appréciera, me semble-t-il, la franchise dont Christophe fait preuve. Que ce soit pour parler de ses relations professionnelles avec Paul Glaudel, le partenaire des débuts, sa panne d’inspiration suite à Elixir tome 1, l’avis salement négatif de Van DEROY sur son travail, ou son refus d’écrire un XIII Mystery. Le scénariste joue le jeu et oublie la langue de bois. Le langage est bien sûr policé, mais pas neutre.

Très appréciables aussi, les nombreuses illustrations, photos, dessins personnels. Comme les planches des albums qu’il dessina à ses débuts, avant de comprendre qu’il n’avait pas le feu sacré nécessaire à produire le niveau de dessin nécessaire. Ou comme cette dédicace de Franquin, juste magistrale. Ces documents aèrent agréablement le texte, soutiennent bien la discussion, et contribuent largement au plaisir de la lecture.

 

Si Christophe Arleston n’est pas tout à fait un inconnu pour vous, alors je ne peux que vous encourager à faire ce petit voyage en sa compagnie. On découvre un homme bourré de paradoxes, qui nous explique réellement le fond de son propos de scénariste. L’occasion d’apprendre plein de choses sur lui et sur l’histoire de l’éditeur Soleil, qui vit tout de même largement sur les travaux à succès de ce scénariste qui personnifie comme personne cette maison d’édition.

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