Gisèle et Béatrice (Mardi Chronique)(Le mardi c’est permis)

gisele-et-beatrice

Titre: Gisèle et Béatrice

Auteur: Benoît Feroumont

Editeur: Dupuis

Date de publication: Septembre 2013

 

–DE L’EROTISME ET DE LA REFLEXION–

 

Gisèle et Béatrice a fait partie de mes regrets de 2013, au sens où l’album faisait partie des rares que je n’avais pas pu me procurer, alors même que son sujet m’inspirait fortement. Il a donc fallu attendre un ami blogueur bien équipé pour pouvoir lire ce livre. J’en profite aussi pour faire ma première incursion dans l’aventure « le mardi c’est permis » de Stephie. Aimant bien la bd érotique, je guettais l’opportunité de trouver un ouvrage susceptible de me faire rejoindre ce rendez-vous. C’est désormais chose faite.

 

Georges est le directeur d’une grosse boîte, il a un salaire à la hauteur, une femme qu’il trompe allègrement, mais c’est qu’il a la bite conquérante, le Georges. Quel dommage que cette Béatrice, dans son service, refuse de se laisser aller à ses avances. Pourtant, elle qui veut monter dans la boîte, elle y aurait tout intérêt… Béatrice a bien conscience de tout ça, alors elle finit par répondre aux avances de son patron, par le ramener chez elle. Mais elle lui tend un piège qu’il ne soupçonnait pas. le voilà transformé en fille et devenu esclave sexuel de Béatrice.

 

Bon, écartons d’emblée une question: Oui, ce livre est chaud, excitant, sans être le moins du monde vulgaire. On n’est pas dans la foire au gonzo ici. Du sexe il y en a, mais il est tellement bien mis en scène, que je mets au défi quiconque de ne pas être émoustillé. Ca n’est pas le problème.

Car j’ai bien un problème avec cet album, mais sur le fond. Je ne partage pas du tout la façon de concevoir le féminisme de Féroumon. Si je parle de féminisme, c’est parce que cette dynamique lui est attribuée en postface par l’auteure Maïa Mazaurette, qui a semble-t-il suivi la naissance du bouquin. Or, je ne conçois pas du tout les choses tel que le propose le scénario.

Georges devient certes une femme, mais il devient surtout une ESCLAVE. Et rien que là, je bloque. Ma conception des rapports hommes-femmes se place dans l’égalité, pas dans la domination de l’un sur l’autre. Si je ne vois pas de raison naturelle à la domination de l’homme sur la femme, je n’en vois pas plus pour la relation inverse. Je ne conçois ces rapports que dans la plus stricte équivalence. Et pour moi, on ne répare pas une injustice en en commettant une nouvelle. Car n’ayons pas peur des mots, Béatrice VIOLE Gisèle/ Georges. Comme un bon prédateur mâle. Comme un simple prédateur. Viol physique, viol mental, mais encore et toujours viol. Une manipulation qui amène Georges/ Gisèle à accepter sa situation. Une vengeance n’est jamais la réponse à une violence, fût-elle presque ancestrale. Et le texte de Benoît Féroumont ne répare rien, à mon sens. Est-ce que montrer la femme comme un prédateur est utile? Je ne connais pas beaucoup de cas de femmes prédateurs sexuels, alors qu’elle universalité dans le personnage de Béatrice? Quelle leçon retenir de ses actes?

 

De ce texte je ne retiens que l’idée que les relations amoureuses sont fondamentalement des relations de prédation. Tout le contraire de ce que je professe et de ce que je vis au quotidien. Je ne peux donc pas me retrouver dans le propos de Benoît Féroumont. Il réalise un album très agréable à lire, très érotique, mais son fond politique et intellectuel me semble trop sujet à caution pour que je soutienne ce livre activement. Notez qu’il aura le mérite de faire débattre sur le fond, ce n’est sans doute pas une mauvaise chose…

 gisele-et-beatrice_ planche

Mardi-c-est-permisLogo top bd15.5/20

7 réflexions sur “Gisèle et Béatrice (Mardi Chronique)(Le mardi c’est permis)

  1. Originale et atypique cette lecture…! Pas sûre que le rapport de domination me plaise également mais j’y jetterai un œil à l’occasion…

  2. Bonjour, pas trop tentée par le genre même si l’histoire dans son début paraît marrante.
    Billet sympa, quand même !!!

  3. Tu te braques là-dessus car tu ne prends par forcément l’interprétation comme moi. Béatrice viole, mais ce n’est pas une femme puisqu’elle possède un… Bref. Tu m’as compris. On peut le lire comme une critique de la domination phallique.

  4. Pingback: Le premier mardi, c’est permis (37) La lecture, cette fois ! – Mille et une Frasques

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s