L’enfant et le maudit tome 1, Nagabé, Komikku Editions

 

Il y a des oeuvres que l’on découvre par hasard et qui vous laissent un effet particulièrement fort. Quand on tombe sur ce genre de bande dessinée, en tant que critique, on se retrouve à faire le point sur ses ressentis plus que sur la technique.
Voilà le défi de cet article, voilà le genre d’émotion dans laquelle me laisse L’enfant et le Maudit tome 1. Je ne sais pas tout ce que je vais écrire encore. Nous allons cheminer ensemble. Oui, c’est intrigant. N’hésitez pas à faire ce chemin en ma compagnie.

L’enfant et la Maudit tome 1: Alice au pays des cauchemars?

Imaginez un monde médiéval, partagé en deux. D’un côté, l’intérieur, où vivent les humains. De l’autre, l’extérieur, où vivent les monstres, ceux qu’il ne faut pas toucher sous peine de subir la même malédiction qu’eux. Sous peine de devenir comme eux.
Dans un village abandonné, une de ces créatures, le Professeur, surveille une petite fille, Sheeva. Il s’occupe d’elle, la fait manger, la divertit. Sans jamais la toucher et la faire à son image. Une rencontre qui n’aurait pas du se faire.

Un travail graphique peu commun

Soyons honnête, dans les grandes séries actuelles du manga, celles que les grands éditeurs proposent, il y a des styles graphiques identifiables. On sent qu’il y a des familles de dessinateurs, des tendances. Félicitons Komikku pour avoir su dégoter une pépite, l’artiste qui ne dessine pas comme les autres.

Il y a beaucoup de simplicité chez Nagabé. Attention, je ne parle pas de simplisme, ses planches sont extrêmement travaillées. Mais il y a une forme d’économie dans ce qu’il donne à voir. Il travaille énormément ses masses de noir, son blanc qui tranche. Presque comme des ombres chinoises mises en bande dessinée.
Les visages, que ce soient ceux de Sheeva ou de personnages secondaires, ne sont jamais très poussés, mais pourtant l’émotion exprimée est toujours parfaitement claire.

Ça, c’est la technique, mais il y a aussi la nature du trait, qui est à part. il y a quelque chose de tranchant, dans le dessin de Nagabé. On dirait presque qu’il travaille à la carte à gratter, éliminant le surplus de noir pour faire apparaître le blanc, pour faire naître le contraste. On imaginera qu’il travaille à la plume, avec une encre très sombre. On imaginera l’intensité du tracé, la précision…

Nagabé est un dessinateur qui nous emporte avec lui dans son monde.

Un monde mystérieux, dangereux et attirant

N’attendez pas d’en savoir trop sur le monde écrit par Nagabé. Ce ne sera pas le cas sur ce premier tome. D’une certaine façon, on est dans un monde de conte. Un monde fictif, plausible, mais où le fantastique aurait fait une incursion désastreuse. Alors pourquoi chercher la cohérence, chercher à tout savoir?

Le monde, c’est la bulle autour des deux personnages principaux. On apprend les bases de l’univers, l’opposition Intérieur/ Extérieur, la malédiction, et ce sera tout. Mais c’est suffisant pour nous tenir en haleine. Pour comprendre qu’il y a quelque chose d’anormal, dans le fait de voir le Professeur gentil et protecteur avec Sheeva, une petite fille qui n’a rien à faire dans le monde sauvage où elle se trouve.

Alors on les suit, on découvre leur vie quotidienne. Les enjeux de la série sont lâchés par petites doses, comme si Nagabé veillait à ne jamais gâcher l’alchimie étrange qui règne entre ses personnages et qui nous prend avec eux. Il n’y a pas d’action débridée. Il y a un homme qui tente de protéger une petite fille, parce que l’enfance est sacrée. Il n’y a que cette simplicité et pourtant, on sait qu’elle cache un monde bien plus grand encore.

A vous écrire, je suis tension

Étrange sentiment, étrange situation. Alors que j’écris ces mots, l’atmosphère de ce manga semble m’imprégner à nouveau. Elle ne me lâche pas. La conclusion vient nous faire dresser les poils. On se questionne sur les conséquences de la scène. Ses protagonistes vont-ils nous dévoiler d’autres secrets? On a juste envie d’aller en lire plus.

C’est donc un manga parfaitement réalisé, avec beaucoup de personnalité tant dans l’histoire que dans le dessin. Un des meilleurs manga de l’année?
A mes yeux de non-spécialiste, assurément.

ET SI ON DONNE UNE NOTE?
18.75/20

 

Série: L’enfant et le maudit
Tome: 1
Auteur: Nagabé
Editeur VO: MAG Garden Corporation
Editeur VF: Komikku Editions
Date de publication VF: Mars 2017

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4 réflexions sur “L’enfant et le maudit tome 1, Nagabé, Komikku Editions

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