Un faux boulot (Lundi One-Shot)

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Titre: Un faux boulot
Auteur: Le Cil Vert
Editeur: Delcourt
Collection: Shampooing
Date de publication: Août 2015

Il y a des livres que je ne veux pas rater. Celui-ci tombait parfaitement à propos alors que je me professionnalise dans l’éducatif (mais pas que) et que je me prépare à mener cette année un petit travail de recherche sur la représentation du handicap dans la bande dessinée. Coup double, donc, et autant de bonnes raisons de vous parler de ce bouquin ici.

Jean n’a pas de travail, si l’on en croit sa mère qui le pousse sans cesse à en chercher. Lui vous dira le contraire. Il a un boulot, il accompagne des séjours pour personnes en situation de handicap. Il est animateur, auprès d’un public très spécifique. Et ça pourrait lui faire bien plus de bien que ce qu’il n’imagine.

Si vous avez envie de découvrir les grandes lignes du monde du handicap, voilà un ouvrage idéal. Vous recevrez les choses de manière directe, mais vous aurez l’essentiel des problématiques en tête. L’auteur présente deux séjours différents, ce qui lui permets d’aborder autant les problématiques liées au handicap mental que physique. La sexualité, le regard des valides, le poids des traitements… Des sujets souvent peu consensuels et pourtant incontournables. Le Cil Vert, pseudo de l’auteur, fait un bon guide. Et Un faux boulot, une bonne bande dessinée de témoignage.
J’aurai toutefois, en tant que futur professionnel, à discuter une des idées principales. Cet accompagnement des personnes en situation de handicap lors des vacances serait à ses yeux, un véritable travail. En cela je suis d’accord. Mais pour autant, ce n’est pas un métier. Il y a des formations pour encadrer des personnes en situation de handicap, et je trouve que nombre de séjours ne sont pas encadrés au mieux. Evidemment, l’auteur conteste quelque peu cela, en présentant un éducateur spécialisé pitoyable dans son travail. Mais pourtant, c’est sommes toute les formations qui permettent d’assurer un niveau minimal de compétences. Quand on ne s’occupe pas de son propre enfant, mineur ou majeur, il y a des besoins théoriques vraiment incontournables. Le bon sens et le bon cœur ne suffisent pas, contrairement à ce que peut laisser supposer l’auteur. On n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise et de véritables qualités humaines. Mais à peu près autant que de tomber sur un professionnel nuisible…

Graphiquement, ce traitement humoristique proposé est des plus sympathiques. Il accompagne fort bien le ton du scénario, corrosif et drôle. Le trait est souple, simple, mais il vise à transmettre des émotions, et cela fonctionne parfaitement.

Si je me permets de discuter un peu les positions de l’auteur, chose normale quand on prend une position, il n’en reste pas moins que cet album reste complètement pertinent. Ecrire sur le handicap est une chose nécessaire dans un monde tel que le notre, basé sur la réussite à tout crin. Une oeuvre utile, clairement.

ET SI ON DONNE UNE NOTE?

16/20

Un faux boulot_ planche

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3 réflexions sur “Un faux boulot (Lundi One-Shot)

  1. Merci pour votre chronique! Vous pointez un point important, la question de l’accompagnement et de la formation de ceux-ci. J’espère ne pas paraitre trop catégorique dans ma BD en pointant mon expérience. Entre l’éduc spé horrible et le non-formé que j’étais qui naviguait un peu « à vue », de bourdes en bourdes… J’aurais aimé avoir une formation à l’époque. J’aurais aimé que l’asso pour laquelle je bossais me la propose…
    Bref, merci pour votre article et vos questions que vous rajoutez :O)
    Belle journée à vous!
    Le Cil Vert :O)

  2. Ne vous en faites pas, y’a pas de soucis, je me contente de pinailler un peu sur le fond pour ramener ma science toute neuve ^^
    Je trouve que le personnage de l’éduc à côté de ses pompes montre bien que le diplôme n’est pas suffisant. Le contrepoint de la mère de famille du train, en somme.
    Mais en fait, je suis assez scandalisé par toutes les annonces qui trainent en école de travail social pour bosser gratos pour accompagner des séjours.C’est justement parce que j’estime les usagers/ bénéficiaires/ vacanciers que je trouve que ces organismes abusent. On peut faire bien son taff quand on démarre sans diplôme. Je suis d’autant moins inquisiteur que j’ai démarré ainsi en le faisant mal…
    En tous cas vous tombez à point pour enrichir la bibliographie de mon dossier thématique de formation ME. Ca me fera du joli matos pour réfléchir à la façon dont notre société voit les personnes en situation de handicap.

  3. Wah, je ne savais pas qu’il existait des annonces où on propose de bosser gratos pour accompagner des séjours… c’est du gros n’importe quoi quand on voit le boulot… C’est clair que ça en dit long sur comment ces organismes considèrent les personnes ayant un handicap… Bonne continuation pour votre dossier thématique de formation :O)
    Le CIl Vert

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