Michel Vaillant tome 1- Le grand défi (Lundi classique)

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Série: Michel Vaillant
Tome: 1
Titre: Le grand défi
Auteur: Jean Graton
Editeur: Dargaud
Date de publication: 1959

 

Je ronronnais un peu, sur les grands classiques. Je ne sais pas vous, mais moi j’avais envie de vous proposer quelque chose d’inhabituel, d’inattendu presque. Et je crois qu’avec Michel Vaillant, j’ai atteint mon but. Vieille série, classique du genre, elle n’avait pourtant pas encore sa place ici. Voilà qui est corrigé.

Les Vaillants, c’est toute une famille, c’est une écurie de course qui cherche à prendre la première place, dans les années 50 en Europe. Il y a Joseph, le père, le patron, Jean-Pierre, le fils concepteur et Michel, le pilote. Un pilote brillant. Or, le partenaire des Vaillant, le journal L’éclair de France, a décidé de lancer un grand défi aux pilotes américains, suite à de mauvais commentaires reçus par le champion Fangio aux Etats-Unis: un duel, opposant Europe et USA sur quatre courses d’ampleur. Le Grand Prix d’Argentine, les 500 Miles de Minneapolis, les 24h du Mans et le Grand Prix d’Allemagne. En jeu, rien de moins que le titre de meilleur pilote mondial. Les Vaillant relèvent le défi, Michel en tête. Ils seront opposés à un pilote excellent, à la réputation de grand bagarreur, Steve Warson.

Bon, soyons honnête, les courses de voiture, ce n’est pas ma tasse de thé, je ne passerai donc pas vraiment du temps à vous proposer la suite de la série. Mais de par son caractère patrimonial, Michel Vaillant ne pouvait pas être absent de ces pages. Reconnaissons d’abord UN grand mérite à Jean Graton, celui d’avoir fait de Steve Warson un personnage en nuances de gris, voir même un héros à l’égal de Michel. Point ici de grand méchant tricheur et prêt à toutes les bassesses (je me doute que la série en verra plus d’un), juste un grand sportif et une belle confrontation, variée, réfléchie. Jean Graton propose des courses qui se résolvent de différentes façons, en entretenant le suspens même si l’on sait très bien que Michel va gagner. C’est donc une construction scénaristique très honnête, d’autant que l’auteur a eu de la place pour s’exprimer, 62 pages. Rien de moins. C’est énorme par rapport à la norme de l’époque. Alors certes, c’est un peu longuet, quand on ne s’intéresse guère aux sports mécaniques, mais je ne saurai en tenir rigueur à Graton. Un seul détail me chagrine, cet étrange individu mis à l’index par le personnage d’Agnès (qui ne sort pas avec le héros alors que c’est une beauté, là encore notons l’originalité) durant les 24 heures du Mans et dont on n’entend en fait pas du tout parler. Sur la seule foi de cet album, difficile de comprendre le pourquoi de cette scène. Peut-être introduit-il un adversaire à venir, mais c’est vraiment trop peu exploité pour être mis au crédit de l’auteur. Sinon, il est drôle de retrouver les clichés de l’époque, la mère des Vaillants qui prend soin de ses hommes, Agnès la jeune femme qui tremble dès qu’un incident survient… Bon, c’est sympathique, de retrouver tout cela…
Pour ce qui est du dessin, Jean Graton me semble parfaitement en accord avec son temps. On retrouvera du Jijé, du Hubinon, dans ses dessins. On sent une communauté d’esprit, une période créative qui s’exprime. Alors certes, c’est un petit peu guindé, mais finalement, pour un premier album, le dessin est assez bien maîtrisé. Graton gagnera en finesse avec le temps, mais je le trouve plus abouti qu’un Hubinon à la même époque (pour comparer, voir la chronique consacrée au premier tome de Buck Danny).

Une tranche d’histoire de la bd, voilà ce qu’est cet album. Ceux qui ont grandi avec et les amateurs de courses de voitures se replongeront avec plaisir dans cette histoire. Les autres peuvent passer leur chemin, à moins qu’ils n’aient véritablement envie de s’instruire sur une période particulière de la bd franco-belge, le début d’un âge d’or.

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2 réflexions sur “Michel Vaillant tome 1- Le grand défi (Lundi classique)

  1. PG Luneau 05/03/2013 17:16

    J’avoue que ma Lucarne devrait aussi avoir SA critique d’un tel classique… En fait, je n’ai lu qu’un seul album de cette série, le tome 30 : les Jeunes loups… et j’ai trouvé ça convenu et pas
    mal ennuyant. Mais peut-être est-ce que la série restait sclérosée, et que les premiers tomes, représentatifs, eux, de leur époque, sont plus intéressants??

    Bref, je reste ambivalent. Dans le genre, j’ai l’impression que la Famille Labourdet m’accrocherait plus, malgré (ou à cause de!!) son caractère kitch!

  2. Yaneck Chareyre 05/03/2013 17:29

    Ca reste très daté, c’est indéniable. Je ne serai jamais un fan de cette série. Mais de temps en temps, se faire une petite séance archéologie ça ne fait pas de mal. Je guette dans les
    bibliothèques où je me rends, un Scrameustache 1 pour te faire honneur, mais il est pas évident à trouver

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