Kililana Song tome 1 (Mardi chronique)

Kililana-song-tome-1

Série: Kililana song
Tome: 1
Auteur: Benjamin Flao
Editeur: Futuropolis
Date de publication: Mars 2012

 

Voici un autre titre apparu récemment dans le top bd des blogueurs et pour lequel j’ai du attendre que les bibliothèques de Grenoble en fassent l’acquisition. Les chroniques des différents contributeurs du top étaient assez élogieuses et les planches me faisaient envie. Aucune raison de passer à côté de ce titre, donc.

Naïm a 11 ans. Il vit au Kenya, avec sa tante et son cousin, devenus sa mère et son frère. Un frère qui le course toute la journée pour l’envoyer à la Madrass, l’école coranique. Mais Naïm préfère rester dehors. Sa relation à Dieu, elle n’est pas la même que celle de son angoissé de frère. Il ne le sait pas, Naïm, mais quelque part pas très loin, sur une terre nommée Kililana, un vieux gardien l’attend.

Encore une réussite pour Futuropolis. Encore un album brillant et très touchant. Sa force, c’est de jeter un regard sans concession sur l’Afrique de l’Est, ses habitants, mais surtout sur les européens qui y viennent. Il nous propose un conflit entre modernité et vieilles croyances, entre esprits colonisateurs et respect des populations locales. Le tout, sous un dessin proche d’un carnet de voyage, qui donne un sentiment de vérité très fort à son propos. On croirait presque un reportage pris sur le vif. Ce qui n’est pas très loin de la réalité puisque l’auteur précise en début d’album qu’il s’est inspiré de faits réels. Mais voilà, son dessin, tout en traits jetés, rapides et nerveux, sa mise en couleur riche des nuances du travail à l’aquarelle, tout cela contribue grandement à soutenir son propos. Propos que j’ai trouvé particulièrement intéressant, d’ailleurs. Il montre comment l’islam tente toujours de contrôler les peuples, comment les européens se comportent toujours en colonisateurs face aux « bon nègres ». Ces personnages là sont d’ailleurs tous particulièrement odieux. Puants même. Et puis il y a Naïm, gamin débrouillard qui se fait notre guide dans ce monde que l’on méconnaît trop. Un de ces gosses qui ont vite grandit pour s’en sortir par eux-mêmes. Le lien avec Kililana se fait tranquillement, à petites doses, et sera beaucoup plus l’objet du tome 2, à priori. A voir où Benjamin compte nous mener avec le personnage du Capitaine, ce qu’il vient faire là dedans. Personnage trop central (il ouvre le récit) pour qu’il n’ait pas un rapport lui aussi avec Kililana. Mais à ce stade, impossible de savoir en quoi. Ce qui suppose que l’auteur a bien construit son récit et nous prépare un tome 2 plein de surprises.

Bravo à Futuropolis pour avoir soutenu un tel projet. C’est un album qui vaut le coup, qui nous fait réfléchir par son scénario et nous émerveille par la qualité de son dessin. Personnellement, je ne demande rien d’autre. Ah si: peut-être le petit supplément d’âme qui m’aurait permis de m’enchanter dès la première lecture. Cet album est excellent mais je ne parviens pas à l’investir sincèrement et pleinement. Sans trop savoir pourquoi…

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14 réflexions sur “Kililana Song tome 1 (Mardi chronique)

  1. Lunch 29/01/2013 13:15

    Un très bon souvenir de lecture pour moi en tout cas, ces belles gueules, ce pays superbement dépeint, sans concession, sans retenue et avec une mise en couleur absolument magique. Vivement le T2
    qu’on puisse à nouveau contempler l’épaisseur du récit mis en place par Benjamin Flao ! Parce qu’on ressent bien cette montée en puissance…

  2. PG Luneau 05/03/2013 17:42

    Je suis trop amateur de ligne claire! Il faut qu’un dessinateur soit VRAIMENT particulier pour m’intéresser s’il n’est pas ligne claire. Je déteste le flou et, par dessus tout, l’aquarelle,
    alors, forcément…

  3. Yaneck Chareyre 05/03/2013 19:27

    Et en musique, tu as réussi à écouter Gilles Vigneault ou tu es encore aux chanteurs québécois de 1920? :op

  4. PG Luneau 05/03/2013 21:35

    Euh… Je ne veux pas te faire de peine, mais Vigneault est un chanteur qui n’a jamais vraiment été à la mode… sinon dans les années 60 et 70!! Il est maintenant surtout vénéré et reconnu en
    tant que patriarche de notre culture, tout comme Félix Leclerc. Malheureusement, seuls quelques très rares nostalgiques écoutent encore quelques unes de ses chansons, et encore, à petites doses,
    dans le temps des fêtes, alors que le folklore est un peu plus à l’honneur!!

  5. Yaneck Chareyre 06/03/2013 08:39

    Non, c’est juste le culte de la ligne clair qui me laisse songeur, je ne comprends pas l’engouement pour un truc aussi guindé, doté d’aussi peu de vie et de dynamisme..

  6. Yaneck Chareyre 06/03/2013 18:52

    ça s’appelle des nuances, je crois, et si on lèves la tête, on les perçoit dans le moindre paysage, non? ;op

  7. Pingback: Kililana song, première partie | Les lectures de Caro

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