William Adams, samouraï tome 2- Kurofune, Mathieu Mariolle, Nicola Genzianella, Casterman

Le monde des samouraï est richement traité, dans la littérature bande dessinée franco-belge. William Adams était la petite dernière, mais elle n’aura pas le destin de ses consoeurs: deux tomes et c’est fini. C’est d’ailleurs particulièrement dommage car la période traitée était passionnante. Manque de lecteurs?

William Adams samouraï: Adieu, série partie trop tôt!

Le seigneur Tokugawa a choisi de défier le jeune Shogun dont il ne reconnaît pas la légitimité. La guerre va donc éclater, la dernière, espère-t-il. Il se réfugie dans son fief pour préparer ses troupes et organiser les alliances. Il prend avec lui William Adams, dont il espère qu’il instruira ses hommes au maniement des armes à feu gaijin. Et dont il espère aussi apaiser l’âme en feu. William Adams parviendra-t-il à apprécier ce seigneur de guerre qui le répugne tant?

Assurément un goût de trop peu

Sincèrement, cet affrontement d’ego entre le marin anglais désabusé et le samouraï japonais pétri de grandeur, ça fonctionnait bien. Mathieu Mariolle conclue son histoire ici, comme si la seule chose importante dans son propos était la conversion de William Adams à la cause de Tokugawa. Evidemment, ça l’est. Mais on aurait aimé plus. Il y avait d’autres combats à mener, contre les prêtres portugais notamment. D’autres enjeux politiques. D’autres enjeux amoureux.

Mon sentiment, mais je n’ai pas consulté les auteurs, c’est que le scénariste a du conclure plus vite que ce qu’il n’espérait. Il le fait proprement, sans qu’on se sente floué sur la qualité intrinsèque de l’album. Mais il semble évident qu’il avait plus à dire. Si Mathieu Mariolle passe par ici, qu’il n’hésite pas à donner sa version des faits, je complèterai volontiers cet article en conséquence.

Alors pour se consoler, on profitera de la belle histoire qui nous est narrée. De cet homme troublé qui va trouver du sens à sa vie grâce à des coutumes, un état d’esprit, dont il ne savait rien. Il s’acculture et fini par trouver un « chez-lui » à défendre. Quelque chose qui compte pour lui. Une très belle évolution. Et en face de lui, un Tokugawa complètement ambivalent. A la fois inhumain et très sensible, comme nous aimons nos samouraï en France.

Un dessin épique

Forcément, quand on a au programme une bataille énorme comme celle de Sekigahara, il faut avoir un dessinateur qui assure. Prises de chateaux, batailles rangées, cavalcades, Nicola Genzianella doit faire face à de sacrés défis sur cet album. Qu’il remporte tous. Ses batailles sont très lisibles, très richement détaillées. On est complètement immergés.

Ses scènes plus intimes sont tout aussi agréables. Il y a quelque chose dans son trait, dans son encrage, qui crée une forme d’imprécision, qui crée de la densité et beaucoup d’expressivité. C’est très réussi, dans ce genre plutôt classique.

Sayonara William Adams!

Deux tomes seulement. Vu la qualité du travail des deux artistes, Mathieu Mariolle et Nicola Genzianella, c’est vraiment très dommage. William Adams s’avère un diptyque tout à fait plaisant pour tous les amateurs de bande dessinée de samouraï à tendance historique. Un régal!

ET SI ON DONNE UNE NOTE?
17/20

Série: William Adams, samouraï
Tome: 2
Titre: Kurofune
Scénariste: Mathieu Mariolle
Dessinateur: Nicola Genzianella
Coloriste: Fabien Alquier
Editeur: Casterman
Date de publication: Septembre 2017

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