7 Macchabées, Henri Meunier, Etienne Le Roux, Delcourt

Dernier titre pour la 3e saison de la série concept 7.Après avoir vu évoluer des nains, des franc-maçons, des mages, des super-héros, des cannibales et des athlètes, on va finir sur une touche bien plus sombre, puisque nos héros ne seront rien d’autres que des morts-vivants. Si vous avez envie de jouer avec le mythe de Frankenstein, c’est par ici que ça se passe.

7 Macchabées: Walking Dead chez les manchots

Au début du XXe siècle, l’Angleterre et la Prusse se livrent bataille pour la suprématie en Europe. A défaut de le faire l’arme à la main, c’est notamment sur le champ économique que le conflit se déroule. Mais il y a aussi des enjeux symboliques, telle la conquête du Pôle Sud. L’Angleterre veut être la première à y planter son drapeau. A n’importe quel prix. Aussi, un proche du gouvernement fait-il appel à une technologie retrouvée par hasard, qui pourrait bien fournir la supériorité aux britanniques sur ce point. Puisqu’il est si difficile pour des vivants de tenir en ces terres, autant y envoyer des non-vivants ressuscités grâce aux inventions de Victor Frankenstein. 7 morts-vivants pour la conquête du Pôle.

Un scénario un peu bancal

Le travail d’Henri Meunier, même après plusieurs lectures, me laisse quelque peu circonspect. Je ne comprends pas toutes ses intentions et ses choix narratifs. Je vais donc essayer d’être précis.

D’abord, disons que d’un point de vue global, l’histoire fonctionne. Ce regard scientifique sur les zombies est tout à fait pertinent, l’aventure polaire fonctionne et l’alchimie entre les personnages, même s’ils sont encore plus sacrifiables que dans Game of Throne, tourne bien. En soit, on ne sort pas de cette lecture en s’estimant lésé.

Mais quand on vient dans le détail, il y a largement matière à chipoter.
En fait, Henri Meunier essaye de développer des intrigues périphériques, autour du concept de base. Effort louable pour densifier son récit et en faire un one-shot réellement intéressant. Mais il ne semble pas avoir maîtrisé son temps quant à la résolution de ces intrigues.
Un des personnages n’est pas celui qu’il est supposé être. De bout en bout les autres se questionnent, de même que lui aimerait bien savoir pourquoi il a été tué à la place d’un autre. En fin d’album, on fini par avoir le véritable nom de ce personnage. Un nom connu ou en tous cas amené à le devenir par la suite. Mais quant à savoir quel est l’intérêt de cette révélation, je ne saurai pas dire. Je ne sais pas à quoi sert cette trame. Rien dans le contenu du livre ne m’indique ce que je dois comprendre. Et un effort de ma part en ce sens n’y fait rien.
Autre intrigue mal menée, celle d’un mystérieux personnage qui semble suivre le groupe pendant son séjour sur le pôle. Que fait-il là, on n’en sait rien. Je me suis dit, après mûre réflexion, qu’il pouvait s’agir de la créature de Frankenstein. Le scénariste bouclant ainsi son histoire, les recherches du savant fou étant à la fois à l’origine du retour à la vie et du retour à la civilisation d’un des personnages. Mais rien ne le dit. Rien n’est explicité. C’est à nous de le deviner.
Enfin, citons aussi le passage d’un Zeppelin allemand censé incarner une menace qui ne pesait pas jusque là et qui ne pèsera plus ensuite.

Troublant.

La solidité de l’expérience d’Etienne Le Roux

Si cette lecture passe finalement sans mal, c’est aussi, il faut le souligner, grâce au travail sérieux et appliqué du dessinateur Etienne Le Roux. L’artiste au parcours éclectique, oeuvrant tant sur des séries Futuropolis, Delcourt ou Ankama, aime visiblement se glisser dans ce genre de projets éditoriaux.

Il propose des planches bien garnies, qui satisferont les lecteurs de bd exigeants. Son incarnation des personnages nous aide particulièrement à les apprécier et à ne pas nous perdre en chemin, malgré les défections régulières des personnages.
Il nous fait passer un excellent moment de lecture. C’est la force des bons dessinateurs que de parvenir à accroître le plaisir de lecture.

Un dernier tome en demi-teinte

Cette troisième saison de 7 avait plutôt une bonne tenue, c’est dommage qu’il manque tant au scénario de ce dernier opus. A la fois beaucoup et pas grand chose. On serait volontiers plus exigeant avec le travail de Henri Meunier. Je ne crois pas que ce soit lui manquer de respect. Le potentiel était là, il en était proche, peut-être des regards décalés comme celui-ci lui permettront de progresser encore dans l’avenir.
Si une chronique peut être aidante…

ET SI ON DONNE UNE NOTE?
15.75/20

Série: 7
Titre: 7 Macchabées
Scénariste: Henri Meunier
Dessinateur: Etienne Le Roux
Coloriste: Thierry Leprévost
Editeur: Delcourt
Date de publication: Août 2017

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