Castilla Drive, Anthony Pastor, Actes Sud-L’An 2

 

Castilla Drive: Pour sortir des clichés sur le polar

Animant chaque mois une rencontre thématique consacrée à la bd franco-belge, je me laisse sortir de ma zone de confort pour faire découvrir d’autres titres aux participants.
C’est ce qui m’est arrivé avec Castilla Drive, recommandé par un bibliothécaire, qui représente un polar décalé dont j’ai tout de suite eu envie de vous parler ici.

Le privé était une femme

Trituro est une petite ville banale des Etats-Unis. Cet hiver, la ville connaît deux évènements pour la sortir de la banalité. Une véritable tempête e froid et de neige, ce qui n’arrive jamais et une tentative d’assassinat sur un poète homme de ménage.
Sally Sallinger est détective privée à Trituro. Du moins, elle est sa femme. Le privé a tout quitté pour aller vivre sa vie avec une petite jeune. Sally a continué le boulot. Parce qu’elle le faisait déjà avec son mari, parce que ça paye les factures. Le miraculé va se présenter à elle pour découvrir qui est son mystérieux assassin. Sans savoir qu’il s’apprête à chambouler toute la vie de Sally.

Privé de seconde zone

Ce que j’ai beaucoup aimé, avec Castilla Drive, c’est que son auteur, Anthony Pastor, a cultivé une ambiance de polar « low-cost » que j’ai trouvé des plus appréciables. Sally n’a pas d’arme, elle enquête principalement sur des cocufiages, ce n’est pas une héroïne, ce n’est pas une justicière. Tout son univers est au diapason, dans une forme de normalité banale. C’est tellement inhabituel que ça en devient reposant.

J’ai aimé le personnage de Sally qui se bat autant pour exister en tant que femme sans mari, qu’en tant que femme indépendante financièrement. J’ai aimé la voir se débattre dans ses sentiments, prise entre le désir d’être aimée pour qui elle est, la mission qui est la sienne et le « fantôme » de son mari.

Et en même temps, j’ai aimé le suspens qui se développe au fil des pages, les indices laissés de ci de là, et puis ce portrait social d’une classe moyenne américaine qui ne se porte pas bien.
La conclusion de son récit est décalée là encore, on ne s’attend pas à ce qu’un polar finisse ainsi. Mais ça correspond à l’ADN de l’album, donc on adhère.

Anthony Pastor: un petit quelque chose de Tronchet?

Je n’avais jamais rien lu d’Anthony Pastor avant ce livre et j’ai plutôt été séduit par ce style graphique qu’il propose, là aussi dans une forme de simplicité et de normalité, qui n’a pas été sans me rappeler le travail de l’auteur Didier Tronchet, lui aussi amateur de personnages banals.

Il ne cherche pas à créer des effets d’esbroufe, il est très contemplatif. Son dessin se veut aller à l’essentiel. Il n’est pas du genre à gaver sa case de traits de texture. Il pense symbolique, il pense simplicité, expressivité. Son dessin convient parfaitement à son intrigue et c’est sans doute cette harmonie qui fait que sans grands coups d’éclat, on suit cette lecture avec plaisir.

Un album à découvrir donc.

ET SI ON DONNE UNE NOTE?

16.75/20

Titre: Castilla Drive
Auteur: Anthony Pastor
Editeur: Actes Sud- L’An 2
Date de publication: Mai 2012

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