Henriquet l’homme-reine, Richard Guérineau, Delcourt

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Henriquet l’homme-reine: Quand un artiste prend son indépendance

Richard Guérineau avait adapté en 2013 le roman de Jean Teulé Charly 9, consacré  Charles IX, le roi de la Saint-Barthélémy.
Le voir arriver avec un album consacré à son successeur, Henri III, est donc une excellente nouvelle. Celui qui ne fût longtemps que simple dessinateur semble donc devenu un auteur accompli. Un de ceux avec qui il va falloir compter à l’avenir.

Un roi décadent ou un roi persécuté?

Henri III, frère de Charles 9 a donc pris le trône de France après un retour rocambolesque du royaume de Pologne qu’il dirigeait jusque là. Mais sa mère, Catherine de Médicis, est inquiète. Ses oracles prévoient un futur sombre pour sa progéniture. Pire que tout, ils laissent entrevoir la possibilité qu’un protestant puisse prendre le trône de France.
Malgré sa santé fragile et les tentatives de son frère de lui prendre la couronne, Henri III va tenter de faire mentir son destin.

Henriquet l’homme-reine: une biographie détaillée

On ne peut qu’être impressionné par le travail réalisé par Richard Guérineau en termes de recherches documentaires.
Sans être un premier prix d’Histoire, on peut sans mal percevoir la masse d’informations disséminées par l’auteur au fil des pages. Complots, alliances, retournements de situations, aléas du quotidien, je voudrai bien voir ce que représentent ses recherches documentaires. Cela doit être impressionnant.

Le personnage d‘Henri III est magnifique. A la fois tragique parce qu’issu, finalement, du massacre de la Saint-Barthélémy et assassiné; et complètement baroque dans un rapport totalement inattendu à la masculinité pour l’époque. Visiblement bi-sexuel, le roi, si l’on en croit Guérineau, portait maquillage et bijoux comme une femme, s’habillant parfois de robes, ne crachant pas sur le fait d’être sodomisé et pourtant copulant avec les femmes, prostituées ou reine de France avec de réels sentiments.

Entre le côté atypique du personnage, la courte durée de son règne et le nombre de difficultés qu’il a du affronter, on comprend que Guérineau ait voulu pousser l’aventure après son adaptation de Jean Teulé. Cela lu permet de développer en plus des dialogues hauts en couleur qui montrent que l’artiste s’est parfaitement coulé dans les habits de scénariste.

Et cela fonctionne puisque l’on n’arrête la lecture qu’à la dernière page malgré l’épaisseur du livre et la densité de l’histoire.

Un artiste aux multiples facettes graphiques

De Richard Guérineau, on a longtemps connu le dessin extrêmement réaliste qu’il développait dans Le chant des Stryges. Avec Charly 9, il avait déjà fait la démonstration qu’il pouvait faire tout autre chose. Il conserve ce style à la fois plus épuré et plus rond dans Henriquet. C’est un plaisir de le retrouver à jouer cette partition d’autant qu’on le sent totalement à l’aise, tant du trait que de la couleur, véritable chef d’orchestre graphique. Mais ce qui m’impressionne vraiment, ce sont les trois séries de planches, en milieu et fin d’album, où il « copie » trois artistes différents mais aux styles assez emblématiques de la bd médiévale.

D’abord, ce sont les artistes embauchés sur la série culte L’histoire de France en Bande dessinée qu’il reprend. Avec un trait réaliste, un découpage favorisant les poses iconiques. On s’y croirait.
Puis ce sont des planches à la Hagar Dunor (de l’auteur américain Dik Browne) qui viennent servir d’intermède. Je ne maîtrise pas la troisième référence.
Mais à chaque fois on est bluffé par le travail de Guérineau qui se change en caméléon pour apporter ces respirations graphiques à son récit.

Une belle maîtrise de l’association du propos et du dessin.

Le mot « fin » est absent

J’ai pris autant de plaisir à retrouver Richard Guérineau seul totalement aux commandes que lorsqu’il adaptait Jean Teulé pour Charly 9.

Alors je ne peux m’empêcher de noter deux faits. D’abord, bien évidemment, l’auteur s’arrête au décès de Henriquet sans traiter de l’avènement de Henri IV.
Ensuite, il n’y a pas le mot « fin » d’inscrit sur les dernières pages de l’album.

Alors si cela signifie que Richard Guérineau nous prépare un troisième opus consacré à Henri IV, j’applaudis des deux mots! Puis-je être aussi bon devin que le mage de la page qui conclue cette chronique!

ET SI ON DONNE UNE NOTE?

18.5/20

 

Titre: Henriquet, l’homme-reine
Auteur: Richard Guérineau
Editeur: Delcourt
Collection: Mirage
Date de publication: Mars 2017

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