Infinity 8 tome 1- Romance et Macchabées, Lewis Trondheim, Zep, Dominique Bertail, Rue de Sèvres

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Infinity 8: Le Real de Madrid de la bande dessinée

Rue de Sèvres, éditeur récent mais appuyé au puissant groupe L’Ecole des loisirs, se lance à son tour dans la série concept, nouveau genre de la bande dessinée né au début des années 2000. Les clés de la série Infinity 8 sont laissées au grand ordonnateur Lewis Trondheim, qui a fait appel à de nombreuses pointures du média pour produire les différents one-shots qui composent Infinity 8.
Et pour ce premier tome, c’est le célèbre Zep co-scénarise, accompagné au dessin par Dominique Bertail.

8 fois 8 heures, une seule enquête!

L’infinity 8 est un spatiopaquebot qui relie la voie lactée à la galaxie d’andromède. A son bord, plusieurs milliers de voyageurs, issus de centaines de races différentes. Pour pacifier ce voyage de plusieurs semaines, de nombreux agents surveillent l’intérieur du vaisseau et interviennent en cas de problème.
L’agent Kenne, pourtant fort occupée à sélectionner le futur géniteur de ses enfants, est convoquée auprès du capitaine pour une mission spéciale, la procédure 8.
Elle aura 8 heures pour enquêter sur un étrange obstacle qui s’est dressé sur la route du spatiopaquebot. Une fois ce délai passé, le temps reviendra en arrière et de nouveaux agents pourront enquêter avec le bénéfice des connaissances issues des missions précédentes.

L’amour est un plat qui se mange froid

Pour la précision, rappelons que Lewis Trondheim est avant tout le chef d’orchestre de ce grand récit chorale et que c’est donc Zep qu’il faut créditer pour l’histoire de ce premier album.

Le ton est posé, avec ce premier livre. Infinity 8 sera barrée et n’importequoitesque, dans le but parfaitement avouée de régaler le lecteur.
Au menu de ce premier opus, une agent d’Infinity 8 qui scanne les passagers du vaisseau à la recherche du géniteur parfait pour son enfant, des aliens nécrophages et une romance impossible. Autrement dit, Zep nous sert largement. J’ai vraiment aimé son concept d’aliens se nourrissant de cadavre qui prennent la personnalité des défunts. Une race de drogués pas tout à fait responsables de leurs actes et semant le chaos, ça fait des antagonistes vraiment intéressants. Quand tombe la conclusion et donc le reboot, ce qui leur arrive tient du questionnement à la Minority Report. Peut-on sanctionner des personnes pour des actes qu’ils pourraient commettre mais qu’ils n’ont finalement pas commis? Toujours très efficace.

Et puis il y a la relation Yoko Keren/ Sagoss. L’alien est vraiment drôle dans son rôle d’amoureux transi, en parfait décalage avec la froideur sentimentale de l’héroïne qui ne pense qu’optimisation des rapports humains. Comme quoi, c’est le nécrophage qui est plus humain que l’humaine. On appréciera le pied de nez. Le duo clown blanc/ auguste fonctionne toujours aussi bien.

A côté de ça, on a un récit survitaminé, bourré d’action, qui fait une excellente introduction au reste de la série. Pas le temps de s’ennuyer, les vannes et les situations tendues alternent pour rythmer la lecture.

Dominique Bertail face à la difficulté du genre comics

Infinity 8 a été conçu comme un hommage aux comic-book américain, ce qui amène des auteurs bien de chez nous à se confronter aux spécificités du genre.

Privilégiant l’action, le genre oblige à des découpages aérés et à un rythme de production conséquent. A la lecture, il semble que ces contraintes de production se soient avérées un véritable obstacle à franchir. Le solide dessinateur de franco-belge semble parfois avoir eu du mal à maintenir la même intensité dans son dessin au fil des pages. Il y a des pages très inspirées, très généreuses, qui mettent bien en valeur la folie du scénario, mais parfois, certains dessins semblent moins aboutis. C’est dommage, parce qu’au vu de la proposition éditoriale, on aurait pu attendre quelque chose de plus constant.

Mais c’est aussi l’illustration du fait qu’il n’est pas évident de maîtriser les codes et les techniques d’un genre graphique qui n’est pas le sien.

De la SF et du fun

Infinity 8 s’adresse donc à un grand public lecteur de bande dessinée, amateur d’aventure qui ne se prend pas au sérieux.
On se questionnera peut-être sur le profil du public ciblé, à priori quand même sévèrement burné. A prendre des héroïnes badass, on aurait aimé avoir une touche plus engagée en terme de féminisme, surtout venant de Zep et Trondheim.

Série: Infinity 8
Tome: 1
Titre: Romance et Macchabées
Scénaristes: Lewis Trondheim, Zep
Dessinateur: Dominique Bertail
Editeur: Rue de Sèvres
Date de publication: Janvier 2017
Nombre de pages: 96

ET SI ON DONNE UNE NOTE?

16.5/20

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