L’école du gag, Jorge Bernstein, James, Vide Cocagne

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L’école du gag: Premier prix d’humour pour Bernstein et James

2016 n’a pas été une année très drôle et 2017 ne vend pas du rêve non plus. Alors si vous avez raté une bonne occasion de rire, rattrapez-là en prenant des cours à l’école du Gag. Méthode garantie sur facture et par François Hollande. C’est dire si c’est drôle. C’est dire si ça fonctionne.
Jorge Bernstein et James signent un one-shot qui décape et qui montre combien ces deux là maîtrisent les codes de la bande dessinée.

Rah, Maïkeul keul… ‘cule un mouton, drôle…

Allez, vas-y raconte l’histoire maintenant!

Bon, c’est donc un jeune homme qui intègre la prestigieuse école du gag, spécialisée dans l’humour en bande dessinée. Cours dispensés, examens de fin d’année, tracas de la vie quotidienne… Vous allez découvrir comment on devient un auteur hilarant de bande dessinée.

Ah oui, c’est drôle, dis comme ça!

Bernstein et James nous plient en quatre

Bon, d’accord, j’ai fait exprès de vous faire un résumé ennuyeux. Mais une bd d’humour, ça ne se résume pas, ça se lit et ça se savoure.

Croyez-bien que les deux auteurs nous livrent une prestation d’une qualité impressionnante. Pourquoi? Parce qu’ils font la démonstration tout au long des pages, de leur maîtrise de la bande dessinée en tant qu’art. L’école du gag est drôle, parce qu’il y a plusieurs niveaux de lecture. Parce que c’est une démonstration de virtuosité sur la narration et la façon dont une idée d’histoire peut devenir une planche de bande dessinée.

Un exemple? D’accord, alors prenons la première scène. Concours d’entrée à l’école du gag. Le sujet? En neuf cases, un homme qui marche, une bouche d’égout ouverte.
Un classique des blaques de base que l’on se raconte depuis une éternité. Mais justement, tout en se moquant des gags éculés, les auteurs nous prennent à contre-pied en nous faisant tomber dedans. Le second degré est énorme. Alors forcément, on rit beaucoup, tout au long du livre.

L’école du gag, la démonstration conceptuelle

Mais j’ai vraiment envie de mettre l’accent sur la leçon de bande dessinée que constitue cet album. Les auteurs jouent régulièrement avec le « quatrième mur », la barrière entre le lecteur et les personnages. Parfois, les personnages sont conscients de faire partie d’une bande dessinée, ils parlent du dessinateur et interagissent avec lui. Voir même, des personnages passent dans une planche, pour aller interagir avec une planche plus lointaine.

De même, j’adore la façon dont les auteurs écrivent sur la violence des bande dessinées d’humour, comme Astérix. La violence qui ne blesse pas, qui ne tue pas et s’avère sans grande conséquence sur les personnages. Là aussi, Bernstein et James montent au créneau et nous font rire.

 

Album critique et drôle, faisant preuve d’un sens brillant du second degré et d’une grande compréhension de ce qu’est la bande dessinée d’humour, l’école du gag est un ouvrage qu’il ne fallait pas rater en 2016. Il n’est pas trop tard pour le retrouver. En plus, vous soutiendrez un petit éditeur nantais, un geste d’engagement pas inutile en cette année « politique » en France.

Titre: L’école du gag
Scénariste: Jorge Bernstein
Dessinateur: James
Editeur: Vide-Cocagne
Date de publication: 2e trimestre 2016

 

 

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Une réflexion sur “L’école du gag, Jorge Bernstein, James, Vide Cocagne

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