Invisible Awards 2016: Dessinateurs

invisible-awards-2016-dessinateurA quoi ça sert, un dessinateur? Ben à dessiner…
Oui, mais pas que. Un dessinateur de bande dessinée, c’est bien souvent aussi un metteur en scène. Celui qui, à partir du texte du dessinateur, pense la composition des planches une à une. Et si le scénariste lui propose un découpage, le dessinateur pourra largement, au moment de mettre en dessin le récit, optimiser les propositions de son collègue.

Clément Lefèvre, dessinateur de l’épouvantable peur d’Epiphanie Frayeur, est clairement de ce genre d’artiste et son talent cumulé, à la fois en tant que dessinateur et que metteur en scène lui a valu de recevoir l’Invisible Awards 2016 du meilleur dessinateur.

Pour rappel, une fois encore, de nombreux absents sont à compter dans ce classement, qui repose encore et toujours sur mes lectures de l’année. Il ne prend pas en compte non plus les artistes complets qui concluront ces Invisible Awards.

Venez donc découvrir tous ces artistes.

 

 

 

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Catel MullerAurélie Neyret_ Rue des livres 2014dimitri-armandsean-murphy

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mike Mignola, Dr Strange- Dr Fatalis: triomphe et tourments, Marvel Comics/ Panini Comics

Paradoxe. Ce n’est pas pour une de ses publication récentes que je mets Mike Mignola en avant, mais pour une vieillerie qui en est fort éloignée. Mais dans Triomphe et Tourments, le jeune Mike Mignola adopte un dessin à mi-chemin entre le comics et la bande dessinée franco-belge, que ne renierait pas, me semble-t-il, Mathieu Lauffray ou d’autres artistes dans sa veine.

J’ai été marqué par ce dessin, à la fois grandiose et romantique. Il fallait le faire redécouvrir. Mignola, c’est aussi ça, ça ne rend sa carrière que plus impressionnante encore.

Bertrand Gatignol, Les Ogres-Dieux, Soleil

Ah, les planches de Bertrand Gatignol, quel bonheur à lire…
J’ai vraiment beaucoup apprécié, cette année encore, la finesse de son trait et la richesse de la composition de ses planches. Quand on voit la taille conséquente de l’ouvrage, on se dit que Bertrand Gatignol doit être un monstre, pour parvenir à produire de telles pages.

Et puis, il y a ce petit côté chez lui, à la croisée des chemins entre le franco-belge et le manga. Dans son travail des masses de noir, de blanc, des trames de gris, il y a vraiment le meilleur des deux influences.
Chaque sortie des Ogres-Dieux est un petit évènement pour la collection Métamorphose et pour nous autres lecteurs, tout autant.

Arno Monin, L’adoption, Grand Angle

Si vous avez l’occasion de voir une exposition consacrée à Arno Monin (ce sera un peu le cas dans une prochaine vidéo à paraître sur la chaîne Bayday Tube), profitez-en pour voir comment ce dessinateur a travaillé pour l’Adoption. Il y a de vrais leçons de dessin à prendre dans ses différentes planches, sur la façon dont il a fait évoluer son style notamment. Deux techniques de dessin différentes produiront des résultats très différents, pour le même auteur et la même histoire.

Si cet album-ci est si bienveillant, si chaleureux, c’est clairement par le travail de Monin, à la fois dans le dessin et dans la couleur.

Des dessins de cette profondeur là, j’en veux bien tout le temps.

Catel Muller, Joséphine Baker, Casterman

Catel Muller fait partie de ces artistes qui incarnent l’énergie en bande dessinée. Pas seulement par le découpage, mais d’abord par la nature de leur trait. Il y a une fluidité, une souplesse, dans le dessin de Catel Muller, qui convient parfaitement à la personnalité virevoltante de Joséphine Baker. Regardez-la mettre en scène les moments où Baker danse, vous prendrez une grande leçon de dessin. C’est simple, c’est inspiré, il n’y a pas un trait de trop et pourtant, tout le mouvement est là.

Et comme en plus cette dessinatrice transmet des émotions incroyables avec ses personnages, on peut dire que Catel Muller fait partie des artistes de référence dans le monde de la bande dessinée aujourd’hui.

Aurélie Neyret, Les carnets de Cerise, Soleil

Ce qui est agréable, quand on suit de « jeunes » artistes, qui n’ont pas encore une grosse production, c’est qu’on peut percevoir la façon dont ils progressent d’album en album. Enfin, pour ceux qui en sont capables.
Aurélie Neyret fait partie de ceux là. C’est subtil, mais pour qui y prête attention, il est manifeste que son trait gagne en assurance et en maturité d’album en album.

Là où elle progresse le plus, c’est sans doute dans la mise en lumière de ses planches. Elle propose des effets qui créent des ambiances vraiment différentes, entre les albums, et entre les séquences elles-même. On a beau pinailler, il est difficile de lui faire des reproches. Voilà une artiste qu’on a plaisir à voir avancer dans sa carrière.

Dimitri Armand, Bob Morane Renaissance, Le Lombard

Ce que j’aime, dans la bande dessinée franco-belge, c’est quand les séries classiques, les univers bien grands publics, sont mis en scènes par des artistes talentueux. Des gens qui mettent un vrai talent au service du plus grand nombre.
Je range Dimitri Armand, dessinateur de Bob Morane Renaissance, dans cette catégorie. Le scénario qu’il illustre est certes passionnant, mais c’est lui, la source de l’énergie du personnage principal. C’est son dessin, qui par sa qualité, parvient à capter la dimension iconique de Bob Morane dans cette réinterprétation.

Une telle démarche méritait bien d’être mise en avant aujourd’hui.

Sean Murphy, Tokyo Ghost, Image Comics/ Urban Comics, Les chrononautes, Panini Comics

Pardon, mais vous marchez sur ma mâchoire là…
Oui, moi, les dessins de Sean Murphy, ça me laisse toujours en mode « loup de Tex Avery ». Avec la sensation de prendre une grosse baffe dans la tronche en prime. Tokyo Ghost, une de ses dernières propositions, est à ce titre totalement écrasante. Sean Murphy parvient sans aucun mal à alterner les scènes émouvantes, intimes et les grandes scènes d’action qui vous claquent le beignet. Que ce soit dans les bas-fonds d’une ville futuriste ou dans la nature écrasante de puissance d’un Japon idéalisé, le voyage est toujours assuré.
Et si vous voulez le voir partir complètement en vrille, cette année 2016 vous aura aussi proposé Les Chrononautes, scénarisé par Mark Millar, chez Panini.

Bref, cet artiste est juste une des références actuelles du comics hors-super-héros.

Jean- Baptiste Andreae, Azimut, Vents d’Ouest

Ouvre Azimut, c’est définitivement partir pour un autre univers. Avec une histoire dingue de Wilfrid Lupano, certes, mais surtout avec le dessin envoûtant et chaleureux de Jean-Baptiste Andreae.
Il y a de la folie, dans la proposition d’Andreae. On imagine parfaitement le scénariste donner quelques consignes d’ambiance, de style, pour les civilisations imaginées, puis le dessinateur partir en vrille pour passer tout ça en mode délire visuel. Quel plaisir que de pouvoir assister à cela…

Pour son trait, et plus encore pour son sens de la mise en couleur, qui donne relief et chaleur au dessin, Jean-Baptiste Andreae méritait d’être dans ce classement.

Jason Fabok, Justice League, DC Comics/ Urban Comics

Terminons avec un artiste que je tenais à avoir dans ce classement, parce qu’il représente peut-être ce qui se fait de mieux, aujourd’hui, dans un style très précis, le comic-book de super-héros.
Oui, il y a de très belles propositions graphiques décalées, dans les comics moderne de chez Marvel et DC, mais il y a aussi une façon de faire plus classique, plus mainstream, qui est loin de démériter.
Qu’est-ce donc? Un dessin qui explose la planche, qui transmette le sentiment de puissance autant que d’humanité des personnages mythiques qui œuvrent sur les pages. Un dessin puissant et immersif. A ce titre, Jason Fabok, le dessinateur de Justice League, chez Urban comics, est vraiment impressionnant. Chacune de ses pages, accompagnant un scénario épique de Geoff Johns,parvient à nous décoller la rétine par leur puissance. Superman, Wonder Woman, on identifie immédiatement la grandeur de ces personnages. Grâce à Jason Fabok. Il est parvenu à un tel degré de maîtrise dans son style, qu’il était inconcevable depuis que j’ai lu le dernier Justice League, qu’il ne soit pas des nôtres aujourd’hui.

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