Invisible Awards 2016: Les coloristes

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Saurez vous tous les reconnaître?
Les auteurs, on ne connait pas forcément leur tête. Ceux qui suivent, vous les connaissez sans doute encore moins.

Pourquoi? Parce qu’ils sont coloristes et donc extrêmement peu médiatisés. Il a été très difficile de trouver des photos d’eux sur le net, c’est vous dire si ces gens ont l’habitude qu’ont les donnent à voir. C’est toute la malédiction de leur métier aujourd’hui. Ils sont incontournables dans la bande dessinée, mais souvent considérés comme de simples exécutants et non pas comme des artistes.
Pourtant, il suffit de se pencher cinq minutes sur leur travail pour constater à quel point ils peuvent être de véritables acteurs de l’émotion et de la narration en bande dessinée.

Alors mettons les en lumière un instant. Attention, ces dix là ne sont peut-être pas les meilleurs artistes du genre. Ils sont ceux que j’ai lu et dont j’ai trouvé le travail suffisamment remarquable (du verbe remarquer) pour êtres mis en avant ici. L’an dernier, j’avais reçu de nombreuses réactions quant aux absents. Elles sont toujours valables, la réponse est toujours la même. Point d’exhaustivité de prévu. Juste des coups de coeur.

Première d’entre eux (d’entre elles?), Laura Allred, dont j’ai déjà parlé dans l’article global.

Voyons qui sont les neuf autres à présent.

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Jordie Bellaire, The Autumnlands, Image Comics/ Urban Comics

Donner de la couleur à un monde qui n’existe pas, pour lequel on n’a aucune référence, ça peut être une véritable gageure. Jordie Bellaire, sur la série américaine The Autumnlands, triomphe de manière impressionnante de cet écueil. Aucune fausse note à déplorer, toutes ses propositions font sens , au fil des pages. Mais le plus fort, c’est sans doute qu’on a le sentiment en la lisant que les couleurs sont exactement celles qui conviennent au trait du dessinateur Benjamin Dewey. Et ça, c’est très fort.

Laura Martin, Planetary, DC Comics/ Urban Comics

Oeuvre ancienne pour la coloriste Laura Martin, mais republiée pendant l’été dans une superbe édition en France.
Un travail qui lui a tout de même valu, en 2000, un Eisner Award de la meilleure mise en couleur. Autrement dit, un Oscar de la BD américaine. Excusez du peu. C’est un dessinateur Blockbuster, que la coloriste accompagne sur Planetary, John Cassaday. Un dessinateur au style réaliste, des histoires quasi psychédéliques, il fallait une artiste solide pour trouver les justes équilibres pour accompagner ET le dessin, ET le scénario. C’était Laura Martin et c’est toujours un régal.

Florence Torta, Néogicia, Le blog de Gaea, Olydri Editions

Florence Torta commence à être une routarde de la bd franco-belge. Formée dans les années 90 par Lyse Tarquin, elle s’est souvent donnée à voir en compagnie de son compagnon Philippe Cardona dans de véritables créations communes. On pense à Sentaï School (bon, c’est en noir et blanc, bonne pioche!), à Rolqwir et depuis les débuts de l’aventure, aux univers de Fabien Fournier issus de la Web-série Noob, dont elle est un des rôles récurrents.

Si vous voulez des couleurs qui donnent la pêche, Florence Torta est celle qu’il vous faut.

Matt Hollingsworth, Tokyo Ghost, Urban Comics

J’avoue, Hollingsworth fait partie de mes coloristes préférés aux Etats-Unis. Il accompagne souvent le travail de Sean Murphy, jeune pointure du médium, et croyez-moi qu’il faut en avoir sous la pédale pour assumer ses dessins. Tokyo Ghost, c’est un mélange de scènes bourrines, contemplatives, humaines. Des ambiances futuristes, ou au contraire complètement sauvages. Un grand écart régulier que Hollingsworth semble n’avoir aucun mal à dompter. Mais quand un dessinateur et un coloriste se connaissent aussi bien, on est dans une véritable collaboration artistique, rien d’autre.

Véra Daviet, Drones, Le Lombard

C’est pour son travail en collaboration avec son compagnon Stéphane Louis que je connais surtout Véra Daviet, pour l’instant. Notons qu’elle a commencé à être publiée en BD mainstream en 2009, ce qui est encore relativement peu. Mais je pense qu’elle a le potentiel pour perdurer, tant je n’ai pas de reproches à lui faire dans sa façon d’accompagner les séries très « classiques franco-belge » sur lesquelles je l’ai vue travailler. Avec The Formidables, avec les séries 1800 sur lesquelles elle collabore, on voit qu’elle commence à maîtriser un sacré paquet d’univers différents.

On devrait la voir encore à l’avenir.

Elodie Jacquemoire, Les maîtres inquisiteurs tome 3, Soleil

Des coloristes français sur les séries concept Soleil, voilà pourquoi j’ai souhaité mettre en avant Elodie Jacquemoire. Habituellement remplacés par le studio indien Digikore, je suis heureux que quelques artistes français puissent prendre place sur ces séries à grande visibilité. Juste pour rappeler qu’un seul artiste à l’oeuvre, ça donne des couleurs cohérentes et justes. Et que ça vous donne du punch à tous les dessins. Longue vie à elle, puisse-t-elle être appelée encore régulièrement.

Claire Champion, La petite bédéthèque des savoirs, Le Lombard

J’ai eu le sentiment, en lisant la petite bédéthèque des savoirs tome 2, dessinée par Casenave, qu’il y avait la volonté de la part du dessinateur de se glisser dans une forme de classicisme franco-belge. Claire Champion a joué le même jeu, avec des aplats très simples, très bien marqués, mais qui respirent tout sauf l’amateurisme. Ce ne sont pas les couleurs que j’observe le plus d’habitude, mais là, avec Claire Champion, ça m’a marqué. Alors même si je ne suis pas très bon pour en parler, zou, on braque le projo sur elle!

Rémy Benjamin, Journées rouges et boulettes bleues, La boîte à bulles

Si j’apprécie le dessin d’Oliver Perret, le dessinateur, je dois dire que ce sont surtout les couleurs de Rémy Benjamin, un ami à lui, qui m’ont le plus marqué. Elles m’ont parfaitement transmis la sensation de partager quelques jours d’été avec les personnages. J’y ai retrouvé une très belle chaleur, que j’ai forcément eu envie de mettre en avant en cette fin d’année.

Brad Anderson, Batman Terre-1, DC Comics/ Urban Comics

DC ne craint pas de fidéliser certains coloristes sur des projets à part, tel ce Batman Terre 1 où Brad Anderson colorise toute la série durant le dessin de Gary Frank.
Ce n’est pas celui qui m’a le plus inspiré, je le reconnais, mais j’ai trouvé son travail solide et fiable, donc il a le droit à son passage ici cette année.

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