Invisible Awards 2016: Les One-Shots

invisible-awards-2016-one-shotOh la la, quelle sélection, ces one-shots… Regardez-moi ça, c’est juste de la bombe en barre, pas du loin du meilleur de la bande dessinée. Un éclectisme incroyable… De la couleur, du noir et blanc, des histoires épiques, ou au contraire intimistes, de l’actu géopolitique… Non, vraiment, c’est sans doute la sélection dont je suis le plus fier cette année. Vous allez voir qu’il n’y a que des petits bijoux.
Dont le premier d’entre eux, le sublime et percutant Shangri-La, magnifique fresque de science-fiction, critique acerbe de notre société de sur-consommation et de sur-médiatisation.

Pour le reste, descendez un peu, je fais des piqures de rappel.

 

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Ô vous frères humains, Luz, Futuropolis

Comment vous dire qu’on a là un petit bijou de maîtrise de l’art séquentiel? Que j’en ai fait une vidéo pour dévoiler les coulisses narratifs?
Vraiment, ô vous frères humains est le réceptacle de l’éclosion d’un grand artiste, d’un bédéaste au delà d’être un dessinateur ou un caricaturiste. Luz a compris la BD avec intelligence, cet album en est la preuve. Vous DEVEZ le lire.

L’épouvantable peur d’Epiphanie Frayeur, Séverine Gauthier, Clément Lefèvre, Soleil

Cet album a été vendu, sans que je le sache, comme un album jeunesse. Il m’est apparu, à moi, comme un album tout à fait adulte, tant les sujets traités sont complexes et tant le niveau de langage et l’écriture sont poussés. Donc je décide, unilatéralement tout seul dans mon coin, que cet album mérite sa place dans cette sélection là. Oui, il y a une petite fille comme personnage. Oui, le dessin est rond et coloré comme dans un film d’animation. Mais pour le coup, un enfant ne captera que bien peu de choses tant on a de la dentelle conceptuelle et langagière, dans cet album.
Disons que c’est un album tout public, disons surtout que c’est un grand album et arrêtons-nous là. Séverine Gauthier est brillante dans son travail d’écriture, elle a faillit prendre la première place de l’invisible Awards Scénariste juste pour cet album. Et le dessinateur, Clément Lefèvre, a carrément pris la première place pour moi cette année dans la catégorie dessinateur.

C’est vous dire si vous devez le lire.

La maison, Paco Roca, Delcourt

Une de mes claques du début d’année. Un sujet simple mais universel, susceptible de toucher toutes les cultures. Un découpage vraiment prenant et au final un album sur le deuil et les liens familiaux pas loin de ce qui peut se faire de mieux en la matière.
J’ai longuement hésité à le récompenser, Shangri-La a pris la place en novembre.

Paco Roca, c’est l’auteur espagnol qui n’a rien raté de ces dernières productions, qui livre systématiquement des ouvrages marquants.

S’enfuir- récit d’un otage, Guy Delisle, Dargaud

Guy Delisle, c’est l’auteur capable de remplir plusieurs centaines de pages avec du rien et de rendre ça passionnant. C’est pas un tour de force ça?
S’enfuir- récit d’un otage, revient sur le quotidien d’une personne prise en otage dans une république du Caucase. Il égrène lentement les interminables heures d’attente, torture psychique qui fait plus de mal au prisonnier que ses geôliers à proprement parler. Le dessin est simple, cela m’a empêché de le mettre beaucoup plus haut dans la liste, mais la technique narrative est impressionnante.  Guy Delisle déploie toute sa maîtrise de bédéaste et livre un album hautement addictif.

Un bruit étrange et beau, Zep, Rue de Sèvres

Zep ne craint pas de se faire plaisir sur d’autres projets entre deux albums de Titeuf.
Le dernier en date m’a tout simplement claqué le beignet, ce qui n’était pas garanti. Il livre un scénario tout en finesse autour de la figure d’un moine chartreux obligé de revenir dans le fracas du monde. Je n’aurai jamais pu imaginer me passionner pour le destin d’un moine et pourtant Zep y est parvenu. On retrouve en plus son dessin moins naïf, qui lui permet de bien démontrer à tout le monde qu’il est un dessinateur de haut vol.

L’anniversaire de Kim Jong-Il, Aurélien Ducoudray, Mélanie Allag, Delcourt

Prenez un sujet sombre et complexe. Ajoutez un dessin naïf. Mélangez et vous obtenez ce petit bijou qu’est L’anniversaire de Kim Jong-il. Un pari incroyable, celui de faire vivre de l’intérieur le destin d’une famille nord-coréenne, autant dans la propagande que dans la répression. Le livre aurait pu être déprimant, incroyablement dur, tant les faits mis en scène le sont. Mais avec le dessin de Mélanie Allag, venue de la littérature jeunesse, on a un contrepoint parfait qui nous offre la bonne respiration. Mais un dessin parfaitement pensé de sorte à accompagner la montée en tension du récit. Naïf ne veut pas du tout dire inférieur.

Etunwan, Thierry Murat, Futuropolis

Lire du Thierry Murat, c’est explorer une autre facette de la narration en bande dessinée. On contemple, on lit, on pense, on prend son temps. Etunwan, c’est autant une réflexion sur la place des amérindiens dans l’Amérique en pleine constitution, qu’une réflexion sur l’art de la photo et l’art séquentiel.

Je suis captivé par la qualité de cette proposition. Comme de toutes les précédentes de Thierry Murat, d’ailleurs.

Joséphine Baker, Catel Muller, José-Luis Bosquet, Casterman

Pour cet album, je dois dire que je triche. Je ne l’ai pas chroniqué sur le blog mais pour le magazine Zoo. J’étais tellement satisfait de mon article, que j’avais trouvé parfaitement redondant et inutile d’essayer de vous en proposer une ici.
Pourtant, ce livre m’a marqué. Je ne connaissais rien de Joséphine Baker, j’ai découvert un personnage passionnant, complexe. Catel Muller, la dessinatrice, a semblé complètement emportée par le dynamisme de cette femme incroyable. Alors oui, on a encore un grand bouquin de la part du duo Catel/ Bosquet.

O-Senseï, Edouard Cour, Akiléos

Cet album, je savais qu’il serait bon avant même qu’il n’existe. Juste dès le moment où Edouard Cour m’a parlé de son prochain sujet d’écriture. L’auteur d’Hérakles était une évidence pour traiter de la création de l’aïkido, l’art martial par essence du mouvement. La relecture du mythe Grec avait démontré que cette question du mouvement, du dynamisme, était au cœur de l’œuvre du jeune auteur.
Et il n’a pas déçu. Sujet de passionné, peut-être, mais cette biographie du fondateur de l’Aïkido est juste bluffante graphiquement. Je le disais déjà l’an dernier, mais Edouard Cour est définitivement un « jeune » à suivre de TRES TRES près.

 

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3 réflexions sur “Invisible Awards 2016: Les One-Shots

  1. Ouh là, il y en a beaucoup que je n’ai pas lu là-dedans, certains que j’ai repérés et d’autres non… Ca rallonge ma wish-list !

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