All New Marvel Now Silver Surfer tome 3- Plus jamais d’après, Slott, Allred, Allred, Panini Comics

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Série :  Silver Surfer
Tome : 3
Collection : All-New Marvel Now
Titre :  Plus jamais d’après
Scénariste : Dan Slott
Dessinateur : Michael Allred
Coloriste : Laura Allred
Editeur VO : Marvel Comics
Editeur VF : Panini Comics
Date de publication VF : Juin 2016

Silver Surfer fait indéniablement partie des séries All New Marvel Now que je suis avec la plus grande fidélité. Il faut dire que je suis lecteur du personnage depuis très longtemps, Norrin Radd ayant finalement accompagné mes premiers pas de lecteurs comics à travers le magazine Nova, que je suivais en même temps que Strange. Le Surfer est un personnage qui vibre avec le potentiel de ses époques. Je l’ai vu moi empli de puissance dans les années 90, le corps gonflé d’énergie, comme pouvaient l’être tant de ses semblables marqués par les codes de la première génération d’Image Comics. Je l’ai vu déchu, mis en pièce, devenu seulement concept à la fin de cette époque. Aujourd’hui, nous le retrouvons décalé, étrange, mais pas étranger. Cet autre que l’on doit prendre en compte. Tellement dans l’aire du temps…

Le Surfer d’argent est redevenu un héraut. Mais non plus pour Galactus, pour la cohorte des survivants des mondes qu’il a détruits. Toujours accompagné de la terrienne Dawn Greenwood, le Surfer tente de trouver un monde acceptable pour l’ensemble des peuples du convoi. Une tâche frôlant l’impossible et dans laquelle Dawn ne l’aide plus guère, bloquée par ce qu’elle a appris des actes de son compagnon auprès de Galactus. Mais pourtant il va leur falloir surfer jusqu’aux confins de la réalité, et l’éternité même, s’ils souhaitent pouvoir bénéficier d’un avenir.

LA CULTURE DU DECALAGE

Indéniablement, Silver Surfer reste une série en profond décalage avec le reste du monde Marvel actuel. Le bestiaire développé par Slott et Allred est très éloigné des extra-terrestres traditionnels que sont les Shiar ou les Kree. C’est un univers unique, étrange. Jusque dans le dessin même, puisque le décalage se fait aussi par le trait atypique de Michael Allred, que Marvel aime bien convoquer pour illustrer des histoires en marge de ses productions. Ce décalage s’exprime aussi par la dimension presque conceptuelle des rencontres cosmiques que font les personnages, bien éloignées des affrontements brutaux à grands renforts de supe-pouvoirs. La compréhension de l’autre, du fait qui nous est étranger mais dont on cherche à capter le sens, voilà le propos de Dan Slott. Il n’est malheureusement pas habituel dans notre société occidentale.

Et pourtant, Slott, qui reste très impliqué dans la production de séries pour Marvel, puisqu’il est aux commandes du personnage Spider-Man, va devoir composer avec la norme de cet univers éditorial, à savoir l’évènement « Secret Wars », qui voit une reconstruction complète de la réalité par un mégalomane persuadé de pouvoir offrir une réalité parfaite pour les humains. Si vous avez lu le crossover, ces épisodes vont vous proposer un regard là encore décalé, mais pourtant empli de sens. Avec le Surfer, vous assisterez à une illustration concrète des enjeux cosmiques engendrés par le Docteur Fatalis. Ca tombe bien, le personnage d’Eternité, incarnation métaphysique de la réalité, est une entité fort bien connue du Silver Surfer. Slott se montre extrêmement malin dans la façon dont il gère les épisodes au contenu imposé par les contraintes éditoriales. S’il n’y avait qu’une seule série à conserver en contre-point de Secret Wars, ce serait Silver Surfer.

L’OSMOSE DESSIN-COULEUR

Je terminerai cette chronique en commentant un rajout apporté par Panini Comics, mais qui me semble fort intéressant. L’éditeur nous propose quelques planches de Michael Allred sans couleurs, pour profiter du talent du dessinateur à l’état brut. Et en fait, c’est le talent de son épouse et coloriste, qui m’a sauté aux yeux. Que c’est vide, Allred, en noir et blanc… Que de fonds sans aucuns détails, où seul les premiers plans sont travaillés… C’est en fait Laura Allred qui vient apporter toute la profondeur et le caractère étrange et cosmique des pages de son mari. C’est une découverte passionnante. On sent à quel point les deux travaillent en harmonie. Il faut la finesse du trait de Michael, son léger côté non-réaliste, pour que les jeux de couleurs de Laura prennent sens. Artistiquement, ils ont bien fait de se marier, ces deux-là.

Voilà, je m’arrête ici, vous noterez que j’ai réussi à ne pas faire de référence à Docteur Who, mais c’est sans doute parce que je n’ai pas parlé de Dawn. Je me dois de finir en vous alertant sur le premier épisode du recueil, couronné d’un Eisner Awards du meilleur épisode aux Etats-unis. Il propose une narration infinie, construite comme un ruban de Moebius. Une expérience narrative bluffante, une audace folle qui apporte en plus, beaucoup de sens au récit. Hors de question de rater cet ouvrage, donc.

ET SI ON DONNE UNE NOTE?

18.5/20

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