Ni dieu ni maître- Auguste Blanqui, l’enfermé, Le Roy, Kournwsky, Casterman (La BD de la Semaine)

Ni dieu ni maître

Titre: Ni dieu ni maître- Auguste Blanqui, l’enfermé
Scénariste: Maximilien Le Roy
Dessinateur: Locatelli Kournwsky
Editeur: Casterman
Date de publication: Février 2014

Vous en avez marre de la politique actuelle? De ses débats ridicules, de ses candidats égocentriques qui sont convaincus qu’ils vont sauver la France à eux tout seul? Ca vous dirait de vous replonger dans une époque avec des enjeux forts? Alors prenez le temps de découvrir cette biographie en bande dessinée d’un des grands inspirateurs des idées politiques françaises. Come souvent, revenir à la source fait du bien.

Lorsque l’on évoque les racines de la République, en France, on pense soit aux acteurs contemporains de la Révolution de 1789, soit aux grandes figures de la IIIe République. Autrement dit, Danton, Robespierre, Jaurès, Clémenceau et quelques autres. Mais on oublie souvent la période plus trouble que fût cet entre-deux, ces années où la Monarchie fût rétablie malgré les percées républicaines dans les têtes françaises (au figuré, les percées). Et s’il y eut un exemple d’engagement au profit des plus démunis, pour l’Egalité, pour la Justice, c’est bien Auguste Blanqui, un homme qui passa de très longues années derrière les barreaux pour avoir voulu défendre ces idéaux.

QUAND LE SCENARISTE RENCONTRE SA MUSE

J’espère n’apprendre à personne que Maximilien Le Roy est un auteur engagé. Passez donc voir sa bibliographie, et vous constaterez une légère orientation dans les sujets qu’il traite. C’est d’ailleurs avant tout pour lui que j’ai emprunté ce livre en bibliothèque, afin de voir comment lui allait pouvoir m’intéresser à ce personnage, Blanqui, que je ne connaissais en fait pas du tout. Malgré mes engagements politiques, c’est dire si le reste de la société doit s’en souvenir.
Mais donc, le scénariste ne manque pas aux attentes que j’avais à son encontre, et il livre une excellente biographique du personnage, avec lequel on entre très vite en empathie malgré son côté jusqu’au-boutiste. Sa force? Nous le faire rencontrer par l’entremise d’un journaliste, sur la fin de sa vie, auprès duquel il se confie. On croise ainsi les regards entre les évènements d’époque, et les analyses plus tardives du personnage. Et j’aurai tendance à penser que Maximilien Le Roy s’est offert un kiffe, par là-même. Il s’est offert un dialogue avec Auguste Blanqui, une figure qui, je ne doute pas, fait partie de celles qui lui donnent à réfléchir sa place dans le monde. Le journaliste, c’est lui.
Mais il a eu raison de procéder ainsi puisque vraiment, le rythme est excellent et qu’on passe facilement les différentes époques de sa vie. Une vie parfaitement tragique, Blanqui va s’éloigner de ceux qui l’aiment en se faisant emprisonner régulièrement pour ses propos politiques dissidents. La démocratie n’existait vraiment pas, alors. Ceci dit, notons qu’il était partisan de l’action armée, qu’il mit en application à plusieurs reprises. Si le termes avait été identifié, il aurait alors été traité de terroriste.

Et toute cette biographie pose bien la question de l’engagement, à quel point doit-on donner de soit pour faire gagner une cause qu’on croit juste? Jusqu’où peut-on aller en ce sens? Blanqui a tout sacrifié, jusqu’au bout il s’est battu. Pour un prix lourd, pour faire avancer une vision de la société.
Je vous laisse méditer sur le sens à donner à cela…

QUAND ON SE TROMPE DE DESSINATEUR

Je dois vous faire une confession. J’ai passé toute ma première lecture de cet album en pensant lire Maximilien Le Roy au dessin. Oh la boulette… Je ne connaissais pas du tout Locatelli Kournwsky, ce qui expliquait ma faute. Il y a une cohérence à ce que l’auteur complet qu’est Le Roy, travaille avec un artiste comme Kournwsky. J’ai vraiment apprécié l’économie de trait dans laquelle il travaille. Comme s’il cherchait à poser ses éléments dans une forme d’épure. Il ne cherche pas la précision, cependant, et il y a une véritable énergie dans son dessin. Une âme. On sent la force de vie de son créateur, sa passion. Une belle expérience donc, une belle découverte.

Voilà, si vous avez envie d’une bande dessinée pour réfléchir, en cette rentrée, tâchez de retrouver Ni dieu ni maître. Il y a des leçons dans cette vie, qui peuvent tout à fait être méditées par nous, citoyens du XXIe siècle.

18/20

Ni dieu ni maître_ planche

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4 réflexions sur “Ni dieu ni maître- Auguste Blanqui, l’enfermé, Le Roy, Kournwsky, Casterman (La BD de la Semaine)

  1. Je ne connais absolument pas Blanqui… C’est toujours intéressant pour les néophytes dont je fais partie ces biographies en BD 😉

  2. Je suis partagée. Le thème m’intéresse, le dessin un peu moins… Mais ton enthousiasme pourrait suffire à me pousser à lire cet album.

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