Azimut tome 3- Les anthropotames du Nihil, Lupano, Andreae, Delcourt

Azimut tome 3

Série: Azimut
Tome: 3
Titre: Les anthropotames du Nihil
Scénariste: Wilfrid Lupano
Dessinateur: Jean-Baptiste Andreae
Editeur: Delcourt
Date de publication: Janvier 2016

Delcourt par le passé, a toujours su cultiver dans son catalogue, des séries vraiment à part, complètement barrées, poétiques. Le travail de Turf en a longtemps été la démonstration. Lupano et Andreae ont repris le flambeau, cette fois chez Vents d’Ouest. Et même si je pense n’avoir presque rien compris des références de l’album, j’ai encore pris un plaisir immense à cette lecture.

Les humains s’apprêtent à se faire la guerre de toute part.
Si Manie a réussie à rester jeune pour un temps infiniment long, la banque du temps entend que ce temps accordé lui soit restitué. Alors des humains vont devoir mourir. Et cela pèse sur le moral de la jeune femme qui réalise la portée de ses actes. Même sans savoir que sa propre mère entend prendre part au massacre, surtout si sa fille peut en être la victime. Et pendant ce temps, le pôle nord est toujours au sud. Comment voulez-vous que tout tourne rond?

OSER LE LACHER PRISE

Bon sang, sortir un résumé personnel de cet album, quelle gageure! Il y a tant de choses qui se passent, tant de points de vues à mettre en avant… Voilà, j’ai fait mon choix, les lecteurs de l’album me diront s’ils s’y retrouvent.

Il m’a fallu renoncer à faire un résumé précis, exhaustif. Il y a un tel foisonnement d’idées dans ces pages qu’il est impossible de toute leur accorder leur juste place. Le lâcher prise, c’est bel et bien le maître mots de ce livre. Je n’ai même plus cherché à comprendre quelles références se cachaient dans chaque scènes. On les sent présentes, on sent que Wilfrid Lupano, le scénariste, nous donne à réfléchir dans chaque case, dans chaque choix de nom… Mais impossible de tout identifier…
Ce qui nous donne peut-être une de ces rares histoires qui va parler différemment à chaque lecteur. Une histoire qu’on aurait intérêt à partager, afin de voir ce que l’autre en a compris, pour mieux comparer avec ses propres compréhensions. Une de mes scènes préférées, c’est la rencontre avec les porteurs du Livre. Je vois bien la grosse référence aux religions dites « du Livre », Judaïsme, Christianisme et Islam. Je me régale de les voir représentés avec une cage sur la tête, porte ouverte. Un questionnement sur la liberté de pensée, sans nul doute. Mais même dans leur discours, je ne saisis pas tout, et je pense qu’il y a matière à réfléchir longuement.
Mais vous savez quoi? Ne pas tout comprendre n’est pas grave, avec cette histoire. Il suffit de se laisser porter avec ce grand n’importe quoi, laisser son esprit délirer avec les créations du scénariste. Et le voyage sera des plus agréables, soyez en sûrs.

Les audaces graphiques, c’est aussi un des points forts de cette série. Andreae donne toute la mesure de son talent, dans la mise en scène, dans l’illustration des concepts barrés de son complice. La scène de la rencontre avec les primordiaux est un pur régal une parfaite association entre le texte et le dessin. On imagine le dessinateur s’être amusé à développer le chara-design des personnages, et le scénariste rebondir dessus. Il y a une complicité évidente entre ces deux là, une alchimie incroyable. Et puis les couleurs, je n’ai pas encore parlé des couleurs de cet album? Chaleureuses, douces… Comme le dessin, la couleur vient apporter une ambiance incroyable, parfaite pour nous dérouter de la première à la dernière page.

Car oui, cet album déroute, cette série perturbe. Mais pas pour de mauvaises raisons, c’est par son intelligence, par sa beauté, sa poésie. Si vous êtes prêts à un tel voyage, je vous confirme que ce troisième tome de la série Azimut saura vous emporter avec brio.

ET SI ON DONNE UNE NOTE?

18/20

Azimut tome 3_ planche

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3 réflexions sur “Azimut tome 3- Les anthropotames du Nihil, Lupano, Andreae, Delcourt

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