(V) La voie des chevriers, Samuel Figuière, Warum

La voie des chevriers

Titre: La voie des chevriers, reportage hors des sentiers battus
Auteur: Samuel Figuière
Editeur: Warum
Date de publication: Premier trimestre 2016

J’avais initialement découvert le projet de cet album sur le forum Café Salé, ce repaire de graphistes, dessinateurs, créateurs de bd. J’avais trouvé l’idée intéressante, mais en même temps, ce n’est pas trop dur, je suis très fan de reportages en bande dessinée. Le sujet ne m’attirait pas plus que ça, mais ne me rebutait pas pour autant. C’est tout à fait par hasard que je suis donc tombé sur cet album en bibliothèque, pendant mes recherches pour le programme du mois. Comme j’avais plutôt envie de découvrir le produit fini, je l’ai emprunté, tout en me disant que je pourrais bien avoir trouvé ma lettre V.

Dans la drôme, un jeune couple décide de se lancer dans l’élevage artisanal de chèvres. Mais entre le lieu à trouver puis à mettre aux normes, les financements à débloquer, cela n’a rien de facile. Et encore, ce ne sont pas les seules difficultés qui vont se dresser face aux deux éleveurs, trop militants pour rentrer facilement dans les clous d’une agriculture productiviste archi-dominante.

PROXIMITE ET VERITE

Samuel Figuière est un ami du couple qu’il suit, il ne s’en cache pas. Mais cela ne pose pas de soucis dans le témoignage, bien au contraire. On vit vraiment l’ensemble des difficultés et des petits bonheurs du couple. C’est un ouvrage à la fois intime et didactique. C’est une tranche de vie réelle, c’est aussi une présentation d’un métier que l’on connaît peu désormais. Vous devriez donc apprendre pas mal de choses en lisant ce livre, ce qui n’est jamais de trop.
Mais attention, si j’ai écrit didactique, je n’ai jamais voulu dire chiant. Il y a une belle ambiance, dans ce récit. c’est sans doute du à la belle personnalité des deux protagonistes. L’auteur nous offre de suivre un couple qui a l’envie de réussir, l’envie de se battre pour les valeurs qui sont les siennes. Et l’empathie fonctionne. On adhère à leur mode de vie (alors même qu’il s’avère très éloigné du mien, ne le cachons pas) et on a envie de se battre avec eux. C’est sans doute la plus belle réussite de Samuel Figuière.

UN DESSIN QU’IL VA FALLOIR SUIVRE

Alors oui, bon, l’auteur n’est pas Delaby, un maître du réalisme, tout ça. Mais si je ne crois pas que ce soit l’objectif, en plus, ce n’est pas grave, parce que ses qualités sont autres. Et que je pense qu’il a de l’avenir devant lui.
On pense fort à Nicoby, quand on regarde le travail de Samuel Figuière. Parce que comme lui, il mêle à la fois un réalisme poussé dès lors qu’il veut retranscrire avec précision et justesse les éléments importants du décor, du récit, mais qu’il adopte aussi un dessin plus simple dès lors qu’il met en scène ses personnages. Un dessin presque humoristique, très inspiré par la culture franco-belge classique. Et le mariage fonctionne chez Figuière comme chez d’autres. Je pense qu’avec quelques albums de plus, il va pouvoir faire murir son trait, et qu’il va gagner encore en expressivité.

 

La voie des chevriers est donc un album vraiment sympathique et bien mené, qui nous fait découvrir à la fois un métier peu connu et un auteur en devenir.

Que demander de plus?

ET SI ON DONNE UNE NOTE?

17/20

La voie des chevriers_ planche

 

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