Zombies tome 4- Les moutons (Vendredi Chronique)

Zombies tome 4

Série: Zombies
Tome: 4
Titre: Les moutons
Scénariste: Olivier Péru
Dessinateur: Sophian Cholet
Coloriste: Jean Bastide
Editeur: Soleil
Date de publication: Décembre 2015

Olivier Péru et Sophian Cholet avaient convenu d’un petit break après le troisième tome de zombies, le temps de se faire quelques plaisirs autres dans le monde de la bd. Pour patienter, ils nous avaient offerts de forts agréables spin-offs dans la série Zombies néchronologie. Mais les patrons sont de retour, et autant dire qu’ils ont fort bien fait de prendre un peu de temps pour eux.

Désormais protégé par l’arme sonore anti-zombies de Clay, les survivants américains ont pu aménager un espace protégé des zombies, au sein duquel la civilisation se reconstruit peu à peu. Mais pour autant, les menaces ne sont pas toutes éteintes. Le virus responsable des zombifications évolue rapidement, et le génial Clay doit partir en Islande pour essayer d’enrayer cette nouvelle propagation. Ou bien aurait-il été invité pour autre chose? Et puis il y a toujours pire que les zombies, il y a les autres humains. Et la communauté de survivants va faire une rencontre dont elle se serait bien passée.

UN SCENARIO EXTRÊMEMENT DENSE

Je viens de vérifier, cet album ne fait QUE 48 pages. On est donc dans une norme assez classique. Mais pourtant, on a l’impression qu’il en ferait presque le double, tant Olivier Péru nous gâte en évènements multiples qui relancent pleinement l’intérêt pour sa série tout en formant une excellent porte d’entrée pour les nouveaux lecteurs. Un statu quo rapidement brossé, pour entrer immédiatement dans le vif du sujet et dans les remises en question de ce dit statu. On suit trois fils narratifs sur cet album, chacun apporte son lot de rebondissements qui viennent mettre en danger les survivants d’une manière ou d’une autre.
Clay doit faire face à des islandais convaincus que la race humaine est condamnée, Josh et les siens découvrent un étrange culte dédié à la zombification, quand Lily, elle, entrevoit l’évolution du virus et la résistance des zombies à leur arme défensive. Rajoutons à cela le fil rouge futuriste du mystérieux individu de la couverture (un Josh vingt ans plus tard?), et on comprend qu’on n’a pas du tout l’occasion de s’ennuyer dans cet album. Et ce qui est plaisant, c’est que Péru ne se contente pas d’enchaîner les scènes d’actions. Il pose de véritables questions, sur la culture américaine, sur la nécessité de la restaurer ainsi qu’elle était avant le virus. Une monde qui ne fonctionnait pas (notre monde ne fonctionne pas, 2016 en aura été une belle démonstration une fois encore) mérite-t-il d’être restauré? Ne faudrait-il pas arpenter une voie complètement nouvelle? Rassurez-vous, je ne suis pas certain que les survivants aient beaucoup plus de temps pour réfléchir, on reste dans de la bd de zombies.
A noter, pour finir, l’agréable lien discret fait entre la série principale et sa série dérivée. J’ai apprécié que certains éléments soient réinjectés depuis les one-shots.

UN DESSINATEUR QUI A MURI

Mais celui qui a vraiment gagné à prendre son temps, c’est sans conteste Sophian Cholet, le dessinateur. Dès la première page, j’ai eu le sentiment de ne pas retrouver tout à fait le même dessinateur que sur le précédent album. Il fait état d’une maîtrise, d’une forme de sérénité, qui a vraiment permis à son trait de s’affirmer et de se consolider. Ce n’est pas une révolution, qu’il a connu, juste un incroyable gain de maturité. Il a gagné en précision de manière bluffante, ses planches se font encore plus riches, encore plus abouties. Et même dans l’encrage, dans la façon dont il a travailler les volumes, on perçoit une compréhension nouvelle chez lui.
Et soyons sincère, c’est vraiment très agréable de constater une telle progression.
Il est secondé pour la première fois aux couleurs par Jean Bastide qui livre une jolie prestation, sensible et pertinente. On ne se sent pas perdu par sa présence. Bien au contraire, je pense qu’il apporte même un petit plus au dessin de Sophian Cholet. Une bonne collaboration, donc.

 

Voilà, je reste encore et toujours fort agréablement surpris par la qualité globale de cette série. Et si ses auteurs en viennent à s’épanouir et à donner le meilleur d’eux-mêmes, vraiment, je ne vois pas quoi demander de plus… Zombies reste une très bonne série dans le genre, ne vous en privez pas, ce tome 4 est fait pour accueillir de nouveaux lecteurs.

ET SI ON DONNE UNE NOTE?

17.5/20

Zombies tome 4_ planche

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