Holmes (1854/1891?) tome 4- La dame de Scutari (Vendredi Chronique)

Holmes tome 4

Série: Holmes (1854/1891?)
Tome: 4
Titre: La dame de Scutari
Scénariste: Luc Brunschwig
Dessinateur: Cecil
Editeur: Futuropolis
Date de publication: Octobre 2015

Holmes est une des rares séries de Luc Brunschwig qui m’ait laissé avec un doute, avec une petite incompréhension. Les trois premiers tomes n’avaient pas réussi à se livrer à moi comme les autres albums du scénariste. Mais vous savez quoi? On y est. J’ai compris. Enfin, il me semble…

Le docteur Watson marche sur les pas de Sherlock Holmes et de sa famille, à Pau, en France. Il a pu retrouver la nourrice qui s’occupa du détective dans sa prime enfance. Et cette femme a des choses à révéler… Pendant ce temps, le jeune détective Wiggins assiste au procès de la tueuse d’enfants de White Chapel. Un procès que Mycroft Holmes suit de TRES près.

UNE EPOQUE POUR PERSONNAGE PRINCIPAL

Bien, je crois avoir compris ce que cherche à nous dire Luc Brunschwig. En fait, Holmes n’est qu’un prétexte pour que le scénariste puisse se livrer à son passe-temps favori, comprendre des sociétés. C’est ainsi qu’il mit en scène sa vision de l’Amérique dans le Pouvoir des Innocents. Cette fois-ci, c’est l’Angleterre victorienne qu’il tente de comprendre, à travers différentes figures symbolisant cette époque et ce pays. Et dans le cas présent de ce quatrième album, c’est à l’émancipation féminine qu’il se consacre. Car finalement, alors que la reine Victoria fût l’une des souveraines les plus charismatiques de la royauté britannique, on peut s’interroger sur ce que vivaient les femmes de son temps. Brunschwig livre une explication en nuances de gris, un peu comme le dessin de Cecil. Violet Holmes et Judy Brown. La première profita pleinement d’une certaine forme d’émancipation. Dans la lignée d’une Florence Nightingale, modèle des infirmières, Violet a usé de son argent pour prendre une place différente de celle que la société lui réservait. Non, elle ne serait pas une mère aimante et une épouse dévouée. Elle serait autre chose. Une femme qui assume de vouloir une sorte de carrière professionnelle, qui assume de porter un engagement sincère. Et de l’autre côté, nous avons la tueuse d’enfants, Judy Brown. Elle est pauvre, et soumise au jugement des hommes riches. Pour elle, point d’échappatoire. Sa condition de femme va la conduire à l’échafaud, de même que sa condition de pauvre. Et comme le fait remarquer un personnage, aucune intervention de la Reine Victoria pour sauver cette femme là, pourtant innocente.
Cette opposition est construite admirablement par le découpage, qui le mets en face à face. Impossible de passer outre le propos engagé de l’auteur.
Notons quand même que Brunschwig ne délaisse pas pour autant ses personnages. Je dis personnages au pluriel, tant il apparaît que c’est la famille Holmes, dont il est question dans cette série, presque plus que le grand héros lui-même. Le portrait fait du jeune Mycroft fait froid dans le dos et pose de nombreuses questions, tant le garçon semble encore plus perturbé que ce que sera son frère adulte. On se demande comment une famille a pu reproduire les mêmes comportements. Reste à savoir qui est à l’origine de ces attitudes.

QUAND LA COULEUR SUBLIME LE TRAIT

Indéniablement, Cecil est un artiste impressionnant. Il prend son temps, son art le questionne beaucoup, mais le résultat est indéniablement à la hauteur. Ce que j’apprécie tout particulièrement, c’est l’attention qu’il porte aux couleurs. Il travaille à donner du sens à son interprétation graphique de l’histoire, par l’entremise de cet outil. Il joue chaque scène sur des variations de tons particulières. Ce qui permet d’apporter un surcroit de compréhension quand son scénariste se met à croiser les différentes intrigues.
Et puis bon, on pourrait passer de très longues minutes à scruter chaque case, tant le dessinateur cultive le sens du détail. Un caractère pointilleux qui soutient parfaitement le propos de Luc Brunschwig. Lui veut scruter la société victorienne? Cecil le prend au mots et donne toute la crédibilité possible à son objet d’étude. Une relation forte, sans nul doute…

Soyons honnête. Si vous n’avez jamais lu cette série, ce n’est pas avec ce quatrième tome que vous pourrez capter toute la richesse du propos. Prenez les albums dans l’ordre. En sachant par avance, que la qualité sera au rendez-vous.

ET SI ON DONNE UNE NOTE?

18.75/20

Holmes tome 4_ planche

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4 réflexions sur “Holmes (1854/1891?) tome 4- La dame de Scutari (Vendredi Chronique)

  1. Pingback: Luc Brunschwig et Cécil – Holmes, Livre IV, La Dame de Scutari | Sin City

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