Clandestino (Lundi One-Shot)

Clandestino

Titre: Clandestino
Auteur: Aurel
Editeur: Glénat
Date de publication: Mars 2014
D’après un reportage d’Hubert Paris

 

De la bdreportage chez Glénat? Mais j’ignorais… avec en plus Aurel à la manœuvre, dessinateur de presse que j’apprécie tout particulièrement pour son engagement? C’est encore mieux… Et sur le thème des immigrés clandestins? N’en jetez plus, je réponds présent!

Hubert Paris est envoyé spécial pour un magazine américain qui réalise un hors-série sur les migrants. Il rejoint l’Algérie pour rencontrer ceux qui partent, ces hommes et femmes prêts à risquer leur vie pour monter sur un bateau minable afin de traverser la méditerranée. Puis il rejoindra l’Europe pour essayer de comprendre dans quelles conditions ils arrivent et comment le sud de l’Espagne exploite cette main d’œuvre très bon marché.

Voilà un reportage très intéressant, d’autant plus qu’il mêle une part de romance assez sympathique. En fait de reportage, c’est surtout la réinterprétation d’une histoire vraie, si je veux être précis. Ces faits se sont tous déroulés, mais pas forcément exactement de la même façon. D’ailleurs, les noms des journaux pour lesquels travaillent les journalistes dans le récit ont été transformés. Mais tout de même, les faits demeurent. Et le reportage est accablant. Sur la situation des pays de départ d’abord. On y parle de corruption, de népotisme. D’une impossibilité pour la jeunesse de construire quoi que ce soit. Et de l’autre côté, on découvre une Europe et une Espagne en particuliers, qui exploitent ces migrants illégaux pour produire les fruits et légumes qui inondent l’Europe toute l’année. Avec passage par les bordels sordides à 10€ la passe… Cet hiver, je regarderai différemment le poivron dans mon assiette, je pense. Quand on comprend dans quelles conditions ils ont été produits, ça ne donne plus très envie.

C’est la première fois que le lis Aurel en bande dessinée. D’habitude, c’est par son dessin de presse que je le connais, et je dois dire qu’il fait bien le boulot. Avec son style à lui, qui ne cherche pas la précision à outrance, mais qui transmet bien les émotions. Le regard vide de Magyd vous laissera des frissons, je n’en doute pas. Cette transmission d’émotion était bien le cœur nécessaire de cette histoire. Aurel crée l’empathie avec les personnages.

J’ai donc bien fait de faire confiance à cet auteur. J’ai appris des choses, j’ai pris conscience de certaines réalités. Cet album est utile, pour cesser de considérer les migrants comme des concepts immatériels, mais bien comme des humains.

ET SI ON DONNE UNE NOTE?

16.75/20

Clandestino_ planche

 

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