Le pouvoir des innocents cycle 2 tome 3- Quatre millions de voix (La BD de la Semaine)

Le pouvoir des innocents cycle 2 tome 3

Série: Le pouvoir des innocents Cycle 2- Car l’enfer est ici
Tome: 3
Titre: Quatre millions de voix
Scénariste: Luc Brunschwig
Story-boarder/ Coloriste: Laurent Hirn
Dessinateur: David Nouhaud
Editeur: Futuropolis
Date de publication: Février 2015

 

Comment vous dire que cet album fait partie de ceux que j’attends le plus de ce début d’année? Bon, comment vous dire que ça fait déjà un mois que je l’ai lu, eut égard à mes liens avec son scénariste. Pourtant, je n’ai aucun doute, maintenant qu’il me faut vous présenter cet album. Les qualités de cet ouvrage sont immenses. Mes rapports avec Luc Brunschwig n’y sont pour rien. C’est juste le résultat du travail fantastique de trois artistes.
Le procès de Joshua Logan pour le meurtre de 508 personnes a commencé. Son avocat tente de faire témoigner la petite Amy, dont les propos permettraient de faire avancer la cause de son client, mais l’avocat de Jessica Ruppert, son collègue politicien Lou McArthur, parviens à préserver la petite fille de tout cela. Coup dur pour Logan et ceux qui croient en son innocence. McArthur a pourtant autre chose à faire. Un grand meeting l’attend, celui où il va assumer ce qu’il est face aux habitants de New York. Où il va jouer son va-tout. Lucy y sera présente. Avec comme prévu, Domenico, le très bras droit de truand et très républicain frère de sa meilleure amie.

 

La maîtrise de Luc Brunschwig dans sa construction scénaristique est impressionnante. Rien, je dis bien rien, n’est placé par hasard dans le récit. Tout a une importance, tout est réutilisé. Cet ouvrier indien qui avait perdu ses papiers? Il est là. Lucy et Domenico? Ils prennent de plus en plus de place dans l’intrigue, laissant Joshua Logan de côté. Mais surtout, là où le scénariste est très fort, c’est sur sa gestion de l’intrigue politique. On le pressentait déjà sur le premier cycle du pouvoir des innocents, mais avec le temps, il a acquis une maturité impressionnante qui lui permet de construire son monde avec la plus grande des cohérences.
Lou McArthur fait la couverture de l’album, il a aussi une des plus belles scènes, avec son meeting vérité. Le personnage nous tient en haleine à lui tout seul. Bien entendu, il y a des réactions du public, mais c’est lui qu’on écoute. Lui auquel on a envie de croire, comme les spectateurs du meeting. Ce personnage a des accents de vérité. Il nous rappelle ce que la politique peut avoir de noble. Il nous rappelle que l’intérêt général devrait être la valeur clé de l’engagement de nos représentants, et pas l’intérêt individuel d’un petit groupe qui se reproduit sans jamais changer réellement. C’est un appel à l’engagement que nous lance Luc Brunschwig, à nous réapproprier ce vote que l’on délaisse bien trop et à lui donner du sens.
Et à côté de cela, il joue avec finesse. Domenico et Lucy sont de plus en plus touchants. Ce sont eux, les véritables héros de ce second cycle, au sens où ce sont eux, qui ressortiront réellement changés, de ces évènements. Même si le scénariste ne les ménage pas, sur ce troisième tome. On craint réellement pour eux, on se prend de sympathie pour la saleté de truand que représente Domenico. Parce qu’il est traité avec finesse, sans manichéisme. Dans toute sa complexité humaine. Et enfin, il y a les personnages anciens. Logan, dont la déchéance ne se termine pas. Jessica Ruppert et Amy, qui se reconstruisent l’un au contact de l’autre et inversement. Ni les anciens lecteurs, ni les nouveaux, ne peuvent se sentir floués après avoir acheter cet album.

Après m’être bien étendu sur le travail du scénariste, accordons un peu de projecteurs aux deux dessinateurs qui mettent en scène ce récit. Pour rappel, Laurent Hirn, dessinateur originel de la série, propose d’abord un premier découpage de l’histoire de Luc. David Nouhaud se réapproprie ces propositions, pour livrer sa propre vision de l’album et dessine l’album. Hirn revient aux couleurs pour assurer une forme de continuité avec le premier cycle. Et ça fonctionne grandement. David Nouhaud prend sa place, assume ses choix, et son trait se renforce réellement d’album en album. Il prend de l’identité, malgré la tâche pas évidente qui lui est proposée. Laurent Hirn, de son côté, apporte sa superbe maîtrise de la couleur. Et les deux ensemble proposent un véritable feu d’artifice parfaitement à la hauteur des ambitions de leur collègue scénariste.

 

Bon sang, mais lisez cette série! Ce second cycle, qui s’apprécie pour lui-même, mais aussi le premier, qui se trouve encore en librairie chez Delcourt. C’est de la bande dessinée exigeante, intelligente et pourtant pas chiante. Ce sont des dessins accessibles et accueillants.
C’est un message qui veut nous faire réfléchir autant que nous divertir. Il ne faut pas passez à côté de ces albums.

Le pouvoir des innocents cycle 2 tome 3_ planche

BD_de_la_semaine_BIG_red

Cette semaine, on est chez NouketteLogo top bd18.5/20

20 réflexions sur “Le pouvoir des innocents cycle 2 tome 3- Quatre millions de voix (La BD de la Semaine)

  1. Je vais voir si je le trouve en médiathèque. Ne t’énerve pas, voyons 🙂

  2. Mais c’est qu’il mordrait ! 😉
    Bon, pas de panique, moi de toutes façons j’aime faire les choses dans l’ordre, il faudrait donc que je reprenne tout depuis le début… ce qui n’est pas exclu ! 😉

  3. Euh, je me fais lapider si je dis que cela ne me tente pas?

    Après, quand je vois l’enthousiasme que tu insuffles dans ta chronique, je me dis que si je tombe dessus à la bibliothèque, je te promets de lire la série.

  4. Roh comment j’apparais comme une brute… Je m’y attendais pas à celle-là. Mon enthousiasme m’a un brin entraîné visiblement ^^

  5. Très souvent, sur les bd de la semaine ^^
    J’essaye de proposer des titres de styles très différents, mais qui valent vraiment, à mon humble avis, le coup.

  6. Snif, oui, visiblement , je fais « peur »…
    Trop d’emballement, mais c’est une série qui le mérite et qui est fort peu lue, au final, par le grand public…

  7. Les séries me rebutent un peu, mais vu ton enthousiasme ça donne envie d’y jeter un œil. Je suis certaine de l’avoir vu à la biblio , la prochaine fois je ferai attention.

  8. Rassure-toi Yanneck, nul besoin de me convaincre puisque je suis accro à cette série depuis sa sortie en 92 … et fan inconditionnel des scénar de l’ami Luc !
    Dans ce tome, il ne déroge pas à ses qualités de raconteur et de spécialiste de la psychologie de ses personnages … comme je le lui ait dit, il est le scénariste le plus émouvant que j’ai lu.
    Continue donc à encourager tes internautes à lire toutes ces belles histoires humaines !

  9. Pingback: Luc Brunschwig, David Nouhaud et Laurent Hirn – Car l’enfer est ici, Quatre millions de voix (Tome 3) | Sin City

  10. Pingback: Top 10 2015: Les séries Franco-belge | Les Chroniques de l'invisible

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