Le ventre de la hyène (Lundi One-Shot)

Le ventre de la hyène

Titre: Le ventre de la hyène
Scénariste: Clément Baloup
Dessinateur: Christophe Alliel
Coloriste: Facio
Editeur: Le Lombard
Date de publication: Juin 2014

 

C’est en passant sur le blog de Mael, me semble-t-il que j’ai découvert cet album, à la couverture si forte. J’avais bien compris que l’intérieur était sensiblement au diapason, aussi n’ai-je pas raté l’occasion d’emprunter ce livre dès lors qu’il m’est passé devant en bibliothèque municipale. A un moment donné, il faut savoir ne pas hésiter et faire confiance à ses petits camarades.

 

Talino et Anouar sont deux frères, vivant tous deux avec leur oncle au cœur de la savane africaine. Ils sont jeunes, mais peut-être pas tout à fait innocent. Du moins Anouar, l’aîné, ne l’est-il sans doute pas. Quand son oncle va l’envoyer loin du village, pour préserver Talino, il ne sait pas qu’il met en branle des évènements qui vont broyer la vie des deux frères, une vie qui ne cessera jamais de les faire se croiser autour de la guerre et des armes.

 

Un sujet fort que celui des enfants soldats, indéniablement. Clément Baloup nous donne deux guides pour avancer sur ce sujet, Talino celui qui subit, et Anouar celui qui aime ça. Les deux pans d’une même réalité, glauque et terrible. Ces sentiments, Baloup nous les transmets sans aucun mal. On vibre avec les deux frères, on ressent tous les malaises. On est en pleine immersion, c’est indéniable. Talino reste un personnage ambigüe. Sans doute son statut de victime, d’embrigadement forcé. Et pourtant, il y a une part de choix chez lui, celui de rester avec ce frère qui suinte la folie. L’empathie n’en est que renforcée. Je retiens aussi l’épisode des casques bleus. Leur impuissance m’interpelle toujours autant et leur rôle m’interroge de même. Sont-ils si utiles que cela?
Par ailleurs, si j’ai apprécié cette histoire, c’est aussi et surtout parce qu’elle nous présente des trajectoires de vie, et que le scénariste sait nous prendre à contrepied, nous surprendre. Du début à la fin, il préserve le suspens, ménage ses effets. Dans un équilibre global des plus pertinents.

Le dessin de Christophe Alliel m’a interpellé, je ne puis le nier. Je lui trouve un aspect très « dupuis », « journal de Spirou ». Un dessin assez classique franco-belge, donc, mais qui apporte une distance sans doute fort appréciable à ce récit si dur. L’encrage n’est pas trop appuyé, les planches sont relativement aérées et lumineuses. Je ne m’attendais pas à un tel parti pris graphique, mais il fonctionne et nous permet sans doute d’entrer plus facilement dans le récit, et d’y rester.

 

Le ventre de la hyène est un fort bel album, qui saura plaire aux publics les plus exigeants, tout en ayant une certaine ouverture vers le « grand public » de par son dessin. C’est une question d’équilibre, et c’est une réussite. Puisse-t-il trouver un public large et varié, les thèmes qu’il explore le méritent.

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