Lorenzaccio (Mardi Chronique)

Lorenzaccio

Titre: Lorenzaccio
Auteur: Régis Pénet
Editeur: 12 Bis
Date de publication: Septembre 2011
D’après l’œuvre d’Alfred de Musset

 

Ne le cachons pas, si j’ai lu et si je chronique cet album, c’est uniquement parce qu’il reste dans le bas du top bd des blogueurs depuis de nombreux mois. Et que cet album n’a jamais reçu plus de trois chroniques… C’était plus qu’intrigant. Alors puisque personne ne s’intéresse à ce bouquin, moi je m’y colle. Voyons-voir ce que recèle ce livre…

Florence… Cité libérée, qui a mis à bas une République décadente et se voit dirigée par celui qui la mis à bas, le Duc Alexandre de Médicis, sous la bienveillante autorité de l’Empereur. Alexandre pense contrôler Florence. Il en est convaincu. De même qu’il est convaincu de contrôler Lorenzaccio, créature à ses ordres et prête à toutes les compromissions pour lui. Mais tandis que le carnaval se déroule, qui sait quels sont les masques de porcelaine, et les masques de chair?

 

Bon, évidemment, sur le fond, on a une grande histoire. Régis Pénet semble avoir beaucoup collé au texte de base, notamment pour les formules allégoriques autour de l’homme en noir. Difficile de s’extraire de ce qui fait, d’une certaine façon, à priori, la morale de ce récit. Le texte est beau, ça, c’est certain. Les personnages sont comme des personnages de carnaval, chacun tenant une place, évoluant dans le récit comme sur une scène de théâtre. Avec au centre, le personnage de Lorenzaccio, ambigüe, méprisable, surprenant. Fascinant. On le suit avec attention jusqu’à la toute dernière résolution. Il n’est pas plus aimable, mais toujours passionnant à réfléchir.

Et puis, il est mis en image d’une manière à la fois grandiose et déroutante par Régis Pénet. J’utilise l’adjectif déroutant, parce que je n’arrive pas à adhérer pleinement à son dessin. Je le trouve trop régulier, trop lisse, presque un peu froid. Il adopte un style tout à fait personnel, c’est indéniable, mais je n’arrive pas à être pleinement convaincu qu’il a transcendé l’œuvre, qu’il l’a réellement adapté à lui. Et pourtant, son Lorenzaccio, s’il est si intrigant, c’est aussi par le physique qu’il lui offre. Androgyne, à tel point que l’on se demande s’il n’est pas une femme. Il survole tout le reste de l’album. Et c’est peut-être ça le défaut de cet album, graphiquement. Lorenzaccio amène l’auteur à se surpasser, mais dès que le fascinant personnage n’est plus là, on retombe dans quelque chose de plus convenu.

 

Il y a des idées, c’est indéniable, mais je crois pouvoir dire que Régis Pénet n’est pas parvenu sur cet album, à renverser complètement son dessin pour filer vers la grande œuvre. Le potentiel est là, mais peut-être cet album vient-il trop tôt, peut-être aurait-il mérité encore un peu de maturité… Je me trompe peut-être… Mais c’est ainsi que j’analyse la réserve, le doute, que je ressens sur cet album, et qui se retrouvera dans ma notation sans aucun doute.

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