La cabane (Lundi One-shot)

La cabane

Titre: La cabane
Scénariste: Benjamin Fischer
Dessinateur: Stibane
Editeur: La Boîte à Bulles
Date de publication: Janvier 2015

 

Lorsqu’on tente de suivre les sorties bd, on prend parfois des risques. Il s’agit de savoir si, en quelques planches et un pitch, on fait la demande à un éditeur de nous confier une de ses nouveautés, dans le but de la chroniquer. Demander un bouquin, se le voir offrir et ne rien en faire, c’est particulièrement inconvenant. Et donc, le chroniqueur se doit d’affiner ses capacités d’analyse, pour percevoir avec peu d’informations, le potentiel d’un album, la potentialité qu’il lui plaise. J’ai fait ce pari avec la cabane, bien m’en a pris.

 

Deux copains marchent au milieu de la neige. Ils rejoignent une vieille cabane, symbole de leur jeunesse passée. Ils sont adultes et responsables maintenant, pourtant, il va leur falloir replonger dans les souvenirs de leur adolescence. Une vieille affaire qu’il leur faut conclure, une de celles qui ne laisse pas très fier de soi-même. Une de celles qui laisse des gens derrière soit. Qui parfois reviennent demander des comptes.

 

La cabane propose un très agréable cocktail que l’éditeur ne manque pas de mettre en valeur. On est à la fois dans le polar, la chronique social et la relation d’amitié, dans un équilibre très juste qui fait qu’on apprécie très rapidement de passer du temps avec les trois personnages principaux.
Ce que j’ai préféré, c’est la descente de Ben, passant de l’exclusion scolaire à la petite délinquance. C’est un parcours malheureusement trop classique dans les rues, c’est bien de pouvoir mettre des mots là dessus. Attention, Benjamin Fischer ne livre pas un scénario repentant et plein de bonnes intentions. Non, il me semble plutôt qu’il dresse le portrait d’un fait social, dans sa simplicité ordinaire, sans chercher à en faire un récit à rebondissements. La conclusion de l’histoire, par exemple, aurait pu en rajouter, en faire des caisses. Elle est simple, mais encore une fois, juste. Le scénariste ne se sent pas obligé de proposer des rebondissements totalement incompréhensibles juste pour assurer le rythme du scénario. On comprend les personnages, en lisant leur histoire, et le passage final n’en devient que tout à fait logique. Même si du coup un peu inattendu dans le genre polar, qui baigne largement ce récit. Les relations humaines entre les trois amis sont traitées de manière fort intéressantes. Leurs échanges ont du sens.

Parlons un peu dessin maintenant. Stibane adopte un trait qui doit pouvoir demander encore un peu d’évolution. On ressent, en le voyant, un style très classique du franco-belge, pourtant, il possède sur certains traits une dureté indéniable, se faisant plus tranchant. On ressent deux influences dans son trait, comme s’il hésitait encore un peu, comme s’il avait besoin d’un peu plus de temps pour s’affirmer dans sa personnalité propre. Mais attention, ce n’est en rien gênant à la lecture. Je mets juste en avant que cet artiste me semble doté d’un certain potentiel d’évolution.

 

C’est donc une jolie découverte et un bon moment de lecture. J’ai vraiment apprécié la justesse de ton, la sensibilité. Cette description d’un monde qui se dérobe et des rares choses qui peuvent tenir au final. La cabane organisant une sorte de huis-clos en plein air propice aux confidences. C’est de la bonne bd bien menée.

La cabane_ plancheLogo top bd16/20

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