Astérix tome 25- Le grand fossé (Samedi Classique)

Astérix tome 25

Série: Astérix
Tome: 25
Titre: Le Grand fossé
Auteur: Albert Uderzo
Editeur: Les Editions Albert-René
Date de publication: Avril 1980
D’après l’œuvre de Goscinny et Uderzo

Retrouvons un peu notre cher gaulois au casque ailé. Cela faisait longtemps, dans ces colonnes. Cette fois-ci, c’est à un album uniquement écrit par Uderzo que je consacre ma chronique, le premier sans son ami René Goscinny.
Tous les villages gaulois ne connaissent pas la même harmonie que le village qui résiste encore et toujours à l’envahisseur romain. Bon, d’accord, l’harmonie est synonyme de baffes chez eux, mais il y a bien pire. Un village, lui, s’est séparé en deux à la mort de son chef, en creusant en son sein un marge fossé. Chaque partie a son propre chef et chaque camp méprise l’autre autant qu’il souhaite le reprendre en son sein. Mais quand un des chefs s’apprête à faire appel à l’armée romaine pour faire pencher la balance en sa faveur, alors l’autre chef s’en va chercher du renfort auprès d’Abraracourcix.

Initialement, je n’avais pas du tout pensé à faire une lecture « politique » de cet album, et pourtant, plus j’y pense, plus il me semble qu’Uderzo dresse un fond géopolitique à son premier album solo.
J’ai vraiment l’impression de voir en ce village gaulois une métaphore du Berlin du début des années 80. Au lieu d’un mur, un fossé. Les deux séparent la même ville empêchant totalement chaque côté de rejoindre l’autre. Chaque partie développe une haine viscérale de l’autre, tout en cherchant à ramener sous son giron ceux qui se sont trompés dans leur choix. Et l’arrivée des romains, avec un camp en pleine revendications sociales et grèves, donne la sensation d’une intervention de l’armée rouge.
Ceci dit, cette lecture politique ne gâche pas l’aventure du petit gaulois. La situation, même si elle s’inspire d’évènements dramatiques (en 1980 le mur n’est pas prêt de tomber), est traitée de façon suffisamment cocasse pour que l’on passe un agréable moment.
Malheureusement, la scène de transformation des romains en gros ballons traduit bien la limite d’Uderzo, au plan scénaristique: il ne parvient pas à toucher les enfants sans faire dans le ridicule. Là où Goscinny savait, lui, parler à tous les publics à la fois, Uderzo est enfantin avec les enfants, adulte avec les adultes.
Pour ce qui est du dessin, il y a une certaine inégalité, au fil des pages. On semble sentir les hésitations de l’artiste, qui devait passer un moment quand même peu agréable, alors qu’il se retrouvait seul à assumer l’enfant conçu avec son ami. Mais bon, les petits passages à vide d’Uderzo, ça reste somme toute très bon.

Voilà donc un album avec lequel on passe quand même un bon moment de lecture. Ce n’est pas le meilleur des Astérix, mais Uderzo s’en sort néanmoins honorablement.

Astérix tome 25_ plancheLogo top bd15.5/20

2 réflexions sur “Astérix tome 25- Le grand fossé (Samedi Classique)

  1. Ce n’est pas un album dont je suis très fan. Il se laisse lire mais sa narration manque de dynamisme et de drôlerie à mes yeux. Au plaisir de te relire…

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