Urban tome 3- Que la lumière soit (La BD du Mercredi)

Urban tome 3

Série: Urban
Tome: 3
Titre: Que la lumière soit
Scénariste: Luc Brunschwig
Dessinateur: Roberto Ricci
Coloristes: Giovanna Miro, Roberto Ricci, Manolo Linares
Editeur: Futuropolis
Date de publication: Septembre 2014

 

Comment introduire cet article? Peut-être en rappelant que je bosse régulièrement avec le scénariste de cet album. Et que donc, je ne pouvais rater sa sortie. Même pas envisageable. Vous dire que si j’en fais la chronique, c’est pour les qualités intrinsèques du bouquin. Ces qualités qui font que je travaille auprès de Luc aujourd’hui. Donc oui, je vais être tout en louanges. Mais ce livre les mérite.

 

Zachary Buzz, le dernier Urban Interceptor du parc de loisir de Monplaisir, a échoué dans sa grande mission. Anthiochus Ebrahimi, sa cible, s’est échappé en tuant un enfant innocent qui se trouvait sur son passage. Et au moment où l’enfant est mort, une explosion électrique a dévasté l’ensemble du gigantesque complexe. Springy Fool, le patron, est aux abois. Il a perdu toute confiance en ce qu’il a créé. Est-ce la fin de Monplaisir? Buzz et les Interceptors parviendront-ils à trouver et neutraliser les prétendus terroristes supposément responsables de la catastrophe? Quels sombres secrets cache encore le site de vacances le plus visité de la galaxie?

 

Troisième tome et pas mal d’intrigues en cours, il fallait prendre le temps de poser un résumé. Mais pourtant, Luc Brunschwig garde la parfaite maîtrise de son écrit. Même s’il y a de nombreux fils qui se croisent, à aucun moment on ne se sent perdu. La construction de l’album est assez exemplaire. On sent que l’auteur maîtrise parfaitement son propos. Le rythme est excellent, les rebondissements claquent jusqu’à la dernière case. Et puis… Et puis on peut avoir tendance à oublier de quelle noirceur est capable un type aussi souriant que Luc. Attendez-vous à vous prendre de grosses claques dans cet opus. Monplaisir est bâti sur des bases encore plus sales que le précédent album ne l’avait suggéré. En fait, on rentre beaucoup plus en profondeur dans les méandres de Monplaisir. au tome 2, on découvrait comment certains hommes pouvaient se faire exploiter par Springy Fool. Là, on accès au plus près de la psyché du bonhomme et à ses méthodes. Vous allez encore vous prendre une claque. La scène qui conclue la danse présentée en couverture, vous aurez du mal à l’oublier. Ce qui rend le personnage de Springy très ambivalent, et pourtant si intéressant. On l’imagine atteint d’une forme d’autisme très particulière, ou d’une sévère maladie mentale en tous cas. Le talon d’Achille de ses brillantes capacités intellectuelles et techniques. Et dans le même temps on ne peut que s’interroger sur ce qu’il maîtrise lui-même des basses œuvres de la cité. Et là le personnage de Narcisse intervient. Qui est le véritable maître de Monplaisir? Cet homme si débonnaire pourrait-il contrôler bien plus de la cité que ce qu’il n’y paraît? Ce troisième tome pose le doute. De même qu’il lance de terribles actes dont on va attendre avec impatience la résolution. Mais ça, ce sera pour le tome 4, je ne vous en dis rien. Cela fait partie des nouveaux fils narratifs. Encore de nouveaux, qui s’ajoutent aux précédents, dont aucun n’a été résolu. Luc Brunschwig prend son temps. C’est lui le maître de Monplaisir.

 

Longtemps, le scénariste a cherché son dessinateur en vain. Celui qui réussirait à représenter toute la complexité de Monplaisir. Roberto Ricci est DEFINITIVEMENT l’homme de la situation. Ses planches sont extrêmement détaillées, donnant le plus de réalisme possible à l’histoire, et pourtant elles ne sont jamais surchargées, toujours parfaitement lisibles. Et qu’il dessine une pagode japonaise, une nuée de robots ou une ferme hydroponique, il n’y a jamais de faille. Il est toujours dans la précision et la crédibilité. C’est assez impressionnant, on ne lui voit pas de point faibles. Même les couleurs sont traitées avec le plus grand soin. Tout est pensé, tout est maîtrisé.

 

Et voilà, encore un album de Brunschwig qui nous surprend. Pas par sa qualité, il y a longtemps que le scénariste ne s’est pas raté. Ce qui surprend, c’est la noirceur qu’il est capable d’insinuer en quelques scènes. Et nous faire complètement changer de monde.

 

Urban tome 3_ planche

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18 réflexions sur “Urban tome 3- Que la lumière soit (La BD du Mercredi)

  1. même si tu nous préviens de ton engouement dès le début, la BD elle-même me séduit déjà, ton enthousiasme en plus, ça devient irrésistible!

  2. Ce n’est pas du tout le type de BD vers lequel je me serai tourné mais là du coup tu m’interpelles !

  3. Ah, tu seras ma résistante du jour ^^
    Je m’attendais à un peu plus de réticences, mais finalement, je suis assez content de toucher les gens.
    C’est la SF que tu crains, pour ta part?

  4. J’en suis ravi. Commences par le tome 1. globalement, tu verras que la SF n’est pas trop lourde, et que l’étude de moeurs est bien présente.

  5. C’est à mes yeux une très bonne série très complète. Qui joue sur la SF pour parler des relations humaines.
    J’aimerai que son scénariste soit plus lu sur la blogo, parce qu’il fait vraiment des choses très intéressantes

  6. Essayes de découvrir ce scénariste. La mémoire dans les poches, l’intégrale du sourire du clown, Holmes… Il y a plein de bonnes choses à lire chez lui.

  7. Pingback: Luc Brunschwig et Roberto Ricci – Urban, Que la lumière soit… (Tome 3) | Sin City

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