Gueule d’Amour (Lundi One-shot)

Gueule d'Amour

Titre: Gueule d’amour
Scénariste: Aurélien Ducoudray
Dessinatrice: Delphine Priet-Maho
Editeur: La boîte à bulles
Date de publication: Mai 2012

En visitant l’exposition des archives départementales d’Ille et Vilaine consacrée à la bd et à la première guerre mondiale, pour un reportage pour zoo, j’ai découvert un album du scénariste Aurélien Ducoudray que je ne connaissais pas. Un album assez dur, sur les gueules cassées du premier conflit mondial. Par hasard, je suis tombé dessus en bibliothèque. J’ai donc décidé de dépasser mes hauts le coeur pour lire ce récit.

 

Revenir de la guerre, c’était quelque chose. Ils n’ont pas été nombreux à avoir cette chance. Mais pour certains, le retour a été encore pire. Héros? Sans doute. Monstre difformes ravagés par les blessures, plus sûrement. Comment vivre quand on a un trou béant à la place du visage?

 

Extrêmement dur, cet album. Je dois me forcer un peu pour garder le livre devant moi et sa couverture, tant je suis mal à l’aise. C’était une réalité, indéniablement. Et Aurélien Ducoudray ne nous épargne rien de la vie de ces hommes qui payèrent deux fois le prix de la guerre. Les femmes qui ne veulent plus d’eux, les prostituées qui demandent plus cher et posent leurs conditions pour exercer leur activité, les abus de certaines familles profitant des pensions, toutes ces choses et presque pire encore.
En fait, j’ai beaucoup de mal à écrire. Ces personnages sont horribles. Et on comprend parfaitement toute les difficultés des familles qui ont vu ces personnes revenir auprès d’elle. Un sacré devoir de mémoire pour ne pas oublier que la guerre ne se fait pas sans destruction.

Mais ce qui est le plus dur dans ce récit, ce n’est pas tant le scénario de Ducoudray, qui en lui-même ne pousse pas vers l’extrême, mais c’est le dessin de Delphine Priet-Mahéo… Et là, c’est vraiment difficile à soutenir. Son style, ce n’est pas du tout ce que j’aime, mais il faut lui reconnaître d’être parfaitement adaptée au propos. Elle possède un dessin très tordu, naturellement, qui rend les personnages grossiers, très ronds, très courbes. Avec des effets de style qui tiennent plus de certains peintres que de la bande dessinée. Et les gueules cassées, sous son crayon, deviennent juste horribles. Affreuses. De vrais monstres, mais en toute simplicité. D’une certaine façon, il y a de la réalité dans ce dessin qui n’est pas réaliste. Il me fait froid dans le dos.

 

Ouvrage très difficile, que peu oseront lire, je pense. Mais qui raconte une raconté à laquelle il faut savoir se confronter. On peut revenir à ça, rien ne l’empêche. Dans le confort de la paix, il faut veiller à s’en souvenir. Un ouvrage utile et indispensable.

Gueule d'Amour_ planche

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