Moby Dick (Lundi One-shot)

Moby Dick

Titre: Moby dick

Scénariste: Olivier Jouvray

Dessinateur: Pierre Alary

Coloristes: Pierre Alary, Didier Gonord

Editeur: Soleil

Collection: Noctambule

Date de publication: Avril 2014

D’après le roman de Herman Melville

 

Deuxième adaptation de l’année du classique de la littérature qu’est Moby Dick. Après Christophe Chabouté, c’est donc un duo qui s’y colle, le scénariste qui monte, Jérôme Jouvray, et un dessinateur maison de chez Soleil, Pierre Alary. Le tout dans la collection Noctambule qui accueillait déjà… le loup des mers de Riff Reb’s.

 

Une barque est retrouvée en pleine mer par un bateau de passage. A son bord, un marin, à deux doigts de la mort. Cette rencontre providentielle va le sauver et lui permettre de raconter son histoire. Celle d’une campagne de pêche à la baleine qui a mal tournée, celle d’une obsession qui coûtera la vie à tout un équipage. Celle du Capitaine Achab et de Moby Dick.

 

Je n’ai lu ni le roman de Melville, ni l’adaptation de Chabouté. Ainsi donc, c’est totalement frais et sans préjugés aucun que je me suis dirigé vers cette adaptation. Jérôme Jouvray, je connais, je sais que c’est du sûr. J’adore ses Lincolns,  je n’avais donc aucune inquiétude quant à l’adaptation. L’histoire se tient fort bien, les personnages sont intéressants, on sent une cohérence. Et donc, pour une fois, je vais être plus prolixe dans mon commentaire du dessin. Difficile de dire que le classique de Melville est une daube.

Et donc, c’est le dessin de Pierre Alary qui m’a vraiment intéressé dans ce bouquin. Silas Corey, sa série avec Fabien Nury, lui avait permis de commencer à prendre de l’ampleur, à être observé différemment, à sortir des attendus des éditions Soleil. Et Moby Dick lui permet d’enfoncer le clou. Il propose sur cet album un trait brut. On distinguerait presque les traits de construction du dessin. Les traits ne se finissent pas tout à fait, il y a quelque chose de primaire, de très fort. Et la puissance, c’est bien ce qui était attendu face à un tel monument. J’aime cette façon qu’il a de travailler les textures à base de hachures, qui donne une teinte charbonneuse au dessin. Allié aux sépias de la mise en couleur, je dois dire que le rendu est vraiment très agréable. A aucun moment, on ne retrouve les couleurs de la réalité, et pourtant, le voyage fonctionne, on visualise les lieux. On les ressent. C’est ça la force de Pierre Alary, sa grande réussite sur ce livre, il nous donne à ressentir autant qu’il nous donne à voir. Un équilibre pas évident réservé à des auteurs qui en ont sous le pied.

 

Que ce soit l’occasion pour vous de découvrir un monument littéraire, ou de constater combien un artiste peut évoluer s’il accepte de se remettre en question, de se lancer dans des projets un peu fou, vous ne pouvez donc pas passer à côté de Moby Dick. Je faisais allusion à Riff Reb’s au début de cet article, on est dans la même veine, il y a une filiation. Et une cohérence éditoriale.

Moby Dick_ plancheLogo top bd17/20

15 réflexions sur “Moby Dick (Lundi One-shot)

  1. J’ai hésité à acheté ce titre pour 2 raisons.

    D’une part si les premiers titres de la collection Noctambule sont très bons (Le dernier des Mohicans, Etoile Matutine…) certains sont un peu en dessous (Le joueur).

    D’autre part, un peu avant est sorti une autre version par Chabouté prévue en 2 tomes, lequel choisir ? On avait déjà eu le même coup avec les sorties simultanées de Minik et de Groenland Manhattan il y a quelques temps.

    Mais après lecture de ton avis, je vais essayer de l’avoir en occasion.

  2. J’ai regardé le Chabouté ce samedi en librairie, pour comparer. Je trouve qu’il n’apporte pas grand chose au bouquin, c’est du déjà lu. Terre neuvas est passé par là, il ne fait pas mieux que ce qu’il a déjà fait. Contrairement à Alary, pour le coup…
    Je miserai donc plus sur cette adaptation là.

  3. J’ai le Chabouté à la maison…
    C’est fou ça quand même ces adaptations en doublon… Comme s’il n’y avait pas suffisamment de livres à adapter, il a fallu qu’ils choisissent les mêmes !! 🙂

  4. j’aime beaucoup la couverture… ça me fait penser qu’une de mes premières lectures BD (et ce n’était il y a pas si longtemps) était Moby Dick de Will Eisner… que je n’ai pas aimé!

  5. Article qui fait plaisir mais Jérôme Jouvray, mon frère est le dessinateur de la famille. Le scribouilleur c’est moi !

    😉

  6. Rah, je vous confonds toujours… Cette idée de travailler entre frères, aussi. ^^
    Merci de votre passage, j’ai passé un bon moment de lecture que je vais recommander. Surtout dans l’affrontement des deux Moby Dick bd ^^

  7. On a fait l’erreur de porter le même nom, on a trouvé ça marrant au début ! Hé hé. En tout cas merci pour les compliments, ça nous touche.

  8. Pingback: le Top bd des blogueurs de Mai 2014 | Les Chroniques de l'invisible

  9. Je te rejoins sur le fait que cette adaptation de « Moby Dick » est réussie. Malgré tout, je place encore « Le loup de mer » au-dessus. Au plaisir de te relire…

  10. Ce n’est pas forcément l’aspect sur lequel je vois le plus de différencse. Je trouve que la construction scénaristique génère une plus grande intensité dramatique. Pourtant, il me semble que les deux capitaines possédaient initialement le même potentiel. Au plaisir de te relire…

  11. Pingback: Moby Dick Livre premier, par Christophe Chabouté, aux éditions Vents d’Ouest | Les Chroniques de l'invisible

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s