Uriel Samuel Andrew (Lundi One-shot 1)

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Titre : Uriel, Samuel, Andrew

Auteur : Will Argunas

Editeur : Casterman

Collection : Ecritures

Date de publication : Août 2013

 

Le monde de la bd est tout petit. Récemment, alors que je prenais un repas avec Zep au journal Ouest-France, nous discutions des albums de l’année qui nous avaient marqué. Je parlais notamment de Revenants, d’Olivier Morel et Maël, tout en citant cet album-ci que je venais de lire, expliquant que les points de vue étaient différents mais complémentaires. Or, à cette même table, il y avait l’éditrice de Zep chez Rue de Sèvres, Nadia Gilbert, qui n’était autre que l’éditrice d’Uriel, Samuel, Andrew. Le monde est petit…

 

Uriel, Samuel et Andrew étaient soldats en Irak, dans l’armée américaine. Ils sont rentrés au pays à la fin de leur contrat, vivants, indemnes physiquement. Cela n’a pas été le cas de leur copain Hill Turner, tombé au combat. Indemnes physiquement mais pas psychiquement. Chacun à leur façon, vont vivre avec le plus grand malaise ce retour. Ce qu’ils ont fait, ce qu’ils ont vécu là-bas, les a transformés à jamais. Et ils ne peuvent reprendre leur vie là où ils l’ont laissé.

 

Trois portraits de soldats, quatre familles, sont mises en scène par Will Argunas pour traiter du retour des soldats de la guerre d’Irak. Si Revenants gardait une certaine distance, par la forme du reportage, le récit romancé qui nous est proposé là est au cœur des troubles des soldats. Au cœur de leurs vies, ce qui nous permet de bien voir comment celles-ci se délitent. Ils auront chacun un destin différent, une façon de réapprendre ou pas à vivre. Ce trio est donc très intéressant pour cela. Pour brosser le tableau le plus complet possible de ce que ces hommes peuvent vivre. Ce pays qui idolâtre la guerre plus que tout autre ne s’occupe pas de ses soldats à leur retour. Elle est belle la solidarité nationale, l’amour de la patrie pour ceux qui la servent. Propagande… Plus encore aux USA, sans doute, qu’ailleurs. L’Etat ne compte pas, il ne prend donc pas soin de ceux qui ont souffert pour lui. Ce qui m’amène d’ailleurs à me demander pourquoi en France on ne parle pas de telles situations. Pourtant, notre pays intervient dans de nombreux conflits, alors qu’est-ce qui est différent ? Est-ce le fait que nous ne nous soyons pas impliqués dans des guerres illégitimes depuis la fin de la guerre d’Algérie ? Comment reviennent les soldats français d’Afghanistan ? Nous n’en savons rien, cela interpelle. Mais je m’écarte du sujet… Ceci dit, c’est positif qu’un récit amène autant de questions. Je pense que l’histoire de Will Argunas est assez proche de la réalité, je crois qu’il parvient bien à capter les problématiques de cette situation.

Son dessin réaliste, presque photo-réaliste parfois, convient assez bien au récit. Cela renforce le sentiment de vérité, de réalisme. Le noir et blanc, lui, vient apporter tout de même une certaine noirceur qui là encore renforce le propos. Je trouve Argunas bien plus lisible que sur In the name of, et son dessin n’en est que plus appréciable.

 

Même si je continue de préférer les choix éditoriaux de Revenants, il n’en reste pas moins que cet album est intéressant à lire et utile pour la réflexion. Donc nécessaire. Une lecture à conseiller à tous ceux qui trouvent que la guerre est romantique et grandiose.

 

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