Franquin et les fanzines (Semaine Grands Prix d’Angoulême)

 

 

 

 

Semaine à thème Grands Prix d'Angoulême

Affiche Angoulême 1975 FranquinFranquin et les fanzines

 

 

 

Titre : Franquin et les fanzines- Entretiens avec la presse souterraine 1971-1993

Auteurs : Serge Honorez, José-Louis Bocquet, Philippe Ghielmetti

Editeur : Dupuis

Date de publication : Juin 2013

 

Permettez-moi, au cours de cette semaine à thème, de décentrer un peu notre propos et nos habitudes. Aujourd’hui, point d’album, mais pourtant nous allons mettre un des grands prix à l’honneur : André Franquin. Gaston, je vous ai proposé, Spirou, de même. Restait Modeste et Pompon et le Marsupilami, mais il m’est tombé entre les mains un ouvrage différent, comme j’aime à en lire depuis l’été 2013, un ouvrage qui parle de la bande dessinée. Et donc, de Franquin.

Vous êtes ici sur un blog, je vous en remercie. Mais dans les années 70 à 90, point d’internet et de web 2.0 pour permettre aux passionnés de bd de s’exprimer. Certains fous créaient des fanzines, des magazines à tout petit tirage, réalisés parfois avec des moyens ridicules, mais emplis de bonne volonté et de désir de faire partager une passion, la bande dessinée. En France, on se souviendra de certains plus que d’autres, un Jacques Glénat (éditeur), un José-Louis Bocquet (Scénariste) ou un Didier Pasamonik (journaliste). Cette génération avait ses maîtres, Franquin n’était pas le moindre. Il prenait plaisir à répondre aux sollicitations de ces fous passionnés, et Dupuis a donc tout récemment rassemblé les différents entretiens donnés par l’auteur à ces feuilles de choux. Les auteurs, après présentation des différents fanzines, nous livrent donc la parole de Franquin, ainsi que bon nombre de croquis assez peu diffusés jusque là.

J’ai adoré cette lecture.

D’abord, parce que le préambule m’a permis de me donner le sentiment de participer à une nouvelle vague du monde de la bd. Les blogs, si l’on en croit les auteurs de cet ouvrage, ne sont ni plus ni moins que les successeurs des fanzines, dont ils reprennent les différents principes. Seul le support a changer, l’esprit reste le même.

Et puis, il y a Franquin. J’ai grandi avec Gaston Lagaffe, pour moi cet auteur représente toute mon enfance. Sans pour autant que j’ai le sentiment que ces ouvrages soient datés, ou qu’ils s’adressent à l’enfant que j’étais avec condescendance. Alors le lire est un immense bonheur. Ce livre doit se prendre chapitre après chapitre. Pas la peine de se précipiter, de toute façon, les questions sont souvent proches, et l’auteur obligé de se répéter régulièrement. Mais on apprend de nombreux petits détails, on découvre l’état d’esprit de l’homme, quand bien même il ne souhaitait pas parler de lui.  Et on apprend aussi beaucoup de choses sur le monde des fanzines. Etonnant, aujourd’hui, de voir ces amoureux de bd réaliser leurs petits ouvrages à l’aide de ronéo et de colle Uhu. Il en fallait de la motivation et de l’inventivité, pour triompher de ces obstacles. Bien plus qu’aujourd’hui où les plate-formes de blogs permettent de réaliser un support de diffusion en cinq minutes à peine.

Et puis n’oublions pas de parler des illustrations, généreuses, nombreuses, qui sont reproduites. On perçoit à chaque image le talent et la puissance du dessin de Franquin. Je suis ému comme un gosse quand je retrouve la rondeur de son trait, la somme de détails, bref, l’auteur que j’ai appris à aimer autant comme adulte que comme enfant.

Franquin et les fanzines_ extrait

2 réflexions sur “Franquin et les fanzines (Semaine Grands Prix d’Angoulême)

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