Dropsie Avenue (Semaine Grands Prix d’Angoulême)(La Chronique de Snoopy)

Semaine à thème Grands Prix d'AngoulêmeAffiche Angoulême 1975 Giraud Eisner

 

Dropsie Avenue

Dropsie Avenue

Titre : Dropsie Avenue

Nombre de tomes : 1 (Roman Graphique)

Scénariste : Will Eisner

Dessinateur : Will Eisner

Editeur VF : Delcourt

Date de publication : Avril 2007

 

Lorsque l’on parle d’une semaine à thème sur les lauréats du Grand Prix du Festival d’Angoulême, il est impossible de ne pas parler de Will Eisner. Pour moi en tout cas. Et ça tombe bien car j’adore cet auteur. Parmi toutes ses œuvres, j’ai choisi une bande dessinée que j’avais déjà lu et surtout une bande qui me semble être parfaite pour découvrir cet artiste si on ne le connaît pas. J’ai donc choisi Dropsie Avenue.

Dans cette bande dessinée, Will Eisner nous propose de suivre la vie d’un quartier de New York, Dropsie Avenue. L’aventure débute dans la seconde moitié du 19ème siècle pour s’achever dans la seconde moitié du 20ème siècle. Un siècle de mutations architecturales, sociétales, économiques. Mais avec une constante : cette fabuleuse dichotomie concentrée dans l’être humain : la bêtise et la bonté.

Dropsie Avenue est la première bande dessinée signée Will Eisner que j’ai lue. J’ai découvert cet immense artiste avec elle. Je crois que c’est en partie grâce à cette BD que j’aime autant cet auteur.

La première chose qui m’a marqué dans cette bande dessinée est la mise en scène. L’auteur aime jouer avec ses cases. Elles se chevauchent, elles se fondent entre elles, elles n’ont pas (dans un grand nombre de cas) de contour… Bref, il se laisse beaucoup de libertés sur sa composition de planche. Le rendu visuel est vraiment remarquable. Autre point très intéressant visuellement : la gestion du noir et blanc. Là aussi, il maîtrise parfaitement les jeux d’ombre et de lumière. Des jeux d’ombre et lumière qui ponctuent très bien le propos illustré. Enfin il faut également noter la grande expressivité du dessin de Will Eisner. Ces personnages (même secondaires) ont une gueule facilement identifiable. Leurs expressions donnent vie à l’histoire. Je vais me répéter encore une fois mais je trouve ça très réussi. J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à regarder le style graphique de l’auteur.

En ce qui concerne l’histoire en elle-même, on est rapidement happé par elle. On plonge dans ce quartier de New-York où se mélange ce qui se fait de mieux et de pire chez l’être humain. Ce suivi du quartier sur près d’un siècle était intéressant notamment d’un point de vue architectural. On découvre un quartier au milieu du 19ème siècle composé essentiellement de champ. Il commence à peine à s’urbaniser. Et au fil des pages et des années, on le voit évoluer, pour devenir une cité moderne. L’aspect économique et sociétal était également très intéressant à suivre. En effet, grâce à ce choix de narration, Eisner nous montre l’impact sur un quartier du changement (qu’il soit économique ou par exemple l’arrivée de nouveaux voisins). Les réactions des gens paraissent tellement réelles qu’on pourrait croire qu’il s’agit d’un documentaire.

Mais ce qui m’a surtout marqué dans cette bande dessinée, c’est cette fameuse dichotomie bêtise/bonté humaine. A travers les âges de ce quartier, on observe une certaine xénophobie envers de nouveaux voisins qui ont des origines différentes. Chose amusante : les « peuples » montrés du doigt à un moment donné deviennent ceux qui montrent du doigt les nouveaux arrivants plus tard (car ils sont devenus « la norme » du quartier). C’est une thématique tellement actuelle (et à mon humble avis éternel). L’exemple parfait de la bêtise humaine. Heureusement, à côté des imbéciles qui ne jurent que par leur propre peuple, il y a des gens courageux, qui osent braver l’interdit et qui combattent ces comportements idiots. Ainsi, un avocat juif se mariera avec une irlandaise et se battra toute sa vie pour aider les gens dans le besoin du quartier. Je citerai également cette jeune fillette noire qui a retenu la bonté d’une famille de blanc. Des années plus tard, elle est devenue une personne importante du quartier et elle n’oublie d’où elle vient.

Finalement, ce quartier est aussi vivant que les êtres qui le composent. Il vit, il grandit, il murît et à la fin, il meurt. Sauf que contrairement à l’Homme, ce destin n’est pas irréversible. Il peut renaître de ses cendres pour entamer un nouveau cycle de vie.

Je pense que vous l’aurez compris, Dropsie Avenue est pour moi une bande dessinée à lire absolument. Elle fait encore partie aujourd’hui de mes bandes dessinées préférées signées Will Eisner. Et par la même occasion, je vous recommande chaudement de tester à peu près n’importe quelle BD de cet artiste incontournable. Il y a vraiment peu de chances que vous soyez déçus.

Dropsie Avenue_ planche

3 réflexions sur “Dropsie Avenue (Semaine Grands Prix d’Angoulême)(La Chronique de Snoopy)

  1. Je comprends mieux maintenant quand tu parlais hier de monstre de la BD… J’ai découvert Will Eisner assez récemment, et c’est pas mal du tout ! Je note ton titre, je ne connais pas !

  2. Moi je l’avais déjà vu en bibliothèque, mais je n’avais jamais pris le temps. Quand Snoopy l’a proposé pour cette semaine à thème, j’ai trouvé que c’était une bonne idée.

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