Mélodie au crépuscule (Lundi One-shot)

Mélodie au crépuscule

Titre : Mélodie au crépuscule

Auteur : Renaud Dillies

Coloriste : Christophe Bouchard

Editeur : Paquet

Date de publication : Septembre 2006

C’est en préparant l’interview de Renaud que j’ai réellement commencé à lire son œuvre, qui jusque là, chez moi, se limitait à Abélard. C’est bien incomplet, je le reconnais, mais j’ai donc travaillé avant de le rencontrer en faisant de nombreuses lectures. Que je vous rapporte, pour certaines, comme celle-ci.

Scipion Nisimov est un oiseau heureux, quand il fait la rencontre de Ciavolo, ce gitan de passage, dans sa roulotte. Scipion lui donne un petit coup de main, ils passent un moment agréable. Ciavolo joue de la guitare, magnifiquement. Ils pêchent dans un étang, prennent leur temps. Mais Scipion est attendu par sa petite amie, alors il rentre. Du moins le croit-il car il la trouve en plein ébat avec un autre. Le monde de Scipion s’écroule, et il retrouve sans le vouloir Ciavolo, qui l’invite à se plaindre sur un violon.

On retrouve sur cet album la belle sensibilité de Renaud Dillies. On retrouve cet homme amoureux, trahi par sa belle. Il ne cherche même pas de raison, c’est ainsi. Cela lui permet de pousser son personnage dans une forme d’errance, portée par la musique manouche. Il lui fait vivre de nombreuses péripéties, à la recherche d’une forme d’idéal de vie. Il confronte son héros à l’absurdité du travail moderne, dans une séquence gommant toute humanité du monde du travail. La symbolique est forte, et pas infondée du tout. Dillies dénonce l’abrutissement du travail qui enchaîne, et lance son personnage dans une quête différente. Dans une quête qui le place en dehors de la société.

Vous verrez, Renaud Dillies propose une fin étonnante, un point de vue radicalement différent sur son histoire. Je ne vous en dit pas plus pour ne pas vous priver du plaisir de la découverte, mais j’ai envie de dire qu’il justifie pleinement ses partis pris graphiques, voir-même qu’il interroge sur le caractère autobiographique de cet album.

   Car au point de vue graphismes, on retrouve le Dillies quelque peu onirique que l’on aime, celui qui se livre à de véritables séquences délirantes et sans queue ni tête. Les dessins ne sont assombris qu’à dessein, et l’auteur use avec réflexion des hachures qui ont fait sa réputation. On sent qu’il lie totalement propos et mise en scène, et on ne peut que l’apprécier.

Etonnant voyage, que nous propose Renaud Dillies. Il en dit beaucoup à mon sens, sur son auteur, sur sa sensibilité. Mélodie au crépuscule nous dit beaucoup de choses, sans en avoir l’air.

Retrouvez l’interview qu’il m’a accordé lors du festival Quai des Bulles 2013, pour constater combien nous avons affaire à un homme passionné.

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5 réflexions sur “Mélodie au crépuscule (Lundi One-shot)

  1. L’univers de Renaud Dillies est incroyable ! J’avais beaucoup aimé cette BD, comme toutes les autres lues !

  2. Pingback: Mélodie au Crépuscule – Renaud Dillies | Au milieu des livres

  3. J’ai ajouté ton billet à mon article. Tu sais à quel point je suis conquise quand il s’agit de Renaud Dillies…

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