Young (Samedi One-Shot)

Young

Titre : Young

Scénariste : Aurélien Ducoudray

Dessinateur : Eddy Vaccaro

Editeur : Futuropolis

Date de publication : Octobre 2013

 

Parfois, dans la foule des sorties bd, on rate des albums, en tant que chroniqueurs. On passe à côté, on n’y fait pas attention. On est bien obligé, il est impossible de tout suivre. Et ce sont les autres blogueurs, qui attirent notre attention sur certains de ces albums que l’on n’a pas vu. C’est le cas pour celui-ci, que j’avais un peu délaissé, guère intéressé par la boxe. Mais différentes chroniques m’ont fait sentir que je ratais quelque chose. Alors je n’ai pas fait mon fier, et je suis revenu à lui.Et je vous le présente aujourd’hui…

Victor Young Pérez. En 1931, ce jeune juif tunisien de 20 ans accède au titre suprême, celui de Champion du Monde de Boxe. Le gamin de Tunis, taillé comme une crevette, a su se faire sa place dans ce monde à coup de poings, sur le ring. Le ring, c’est ce qui va le maintenir en vie lorsqu’il sera envoyé à Auschwitz. Le commandant du camp, un amateur de boxe lui aussi, avait fait installer une salle, et organisait des combats. Dans la plus grande usine de mort de l’Histoire de l’Humanité, un homme se battait littéralement pour rester en vie.

Un album très fort, indéniablement, qui met en avant un destin exceptionnel, une histoire vraie que j’ignorais totalement, malgré mon fort intérêt pour les questions relatives à la seconde guerre mondiale. Sacré défi, me semble-t-il, pour Aurélien Ducoudray, que de parvenir à traiter avec équilibre tant la carrière du boxeur que sa vie dans le camp d’extermination. Ce sont potentiellement deux public différents, deux entrées différentes sur cet album, et il ne faut négliger ni l’une, ni l’autre, afin de satisfaire tout le monde. Il me semble que le scénario y parvient. Ducoudray travaille par des flash-backs, des aller-retours sur différentes années, et alterne les scènes « heureuses » et les scènes de camp. Les différents changements sont assez clairs, malgré le fait que le dessinateur ne mette pas l’accent sur ces questions. On suit le récit facilement sans se perdre. Il n’y a qu’une scène, à mon avis, qui souffre de cette construction en séquences, c’est celle de la bastonnade de Pérez par le commandant du camp. L’officier explique le pourquoi de la punition en même temps qu’il l’exerce, mais je crois qu’une petite page illustrant ces faits là n’auraient pas été de trop. Si l’homme a eu le courage d’essayer de s’évader, il était peut-être intéressant de nous le montrer. Là, on se sent frustré. Mais c’est la seule scène, et globalement, Aurélien Ducoudray réussit son pari. Young emporte notre adhésion très rapidement et jusqu’à la dernière case, on est à fond avec lui.

J’ai beaucoup aimé le dessin d’Eddy Vaccaro, que je n’avais jamais vu jusqu’à présent. Je n’avais jamais rien lu de lui. Il adopte un style très sombre, très charbonneux, qui convient bien à l’univers concentrationnaire. Il aurait pu adopter deux styles différents pour symboliser les deux univers, mais ce n’est pas un choix qu’il a fait. Et on n’en souffre aucunement. On le sent peut-être un peu plus léger sur les fonds pour les périodes « heureuses », proposant des ambiances plus légères, plus lumineuses, mais ce n’est pas une différence très marquée. Ce qui, je le redis, n’est en rien un problème. On navigue dans les deux lignes temporelles avec clarté, son dessin s’adaptant fort bien au deux temps, au final. Tout juste, pour chipoter, aurais-je aimé le voir sur un dessin en couleur, comme la couverture et la quatrième de couverture le proposent. Je pense que l’artiste peut s’exprimer de manière fort intéressante aussi de cette façon là.

Si je chipote sur des détails, il n’en reste pas moins que j’ai passé un excellent moment de lecture, qui ravira autant les amateurs de la seconde guerre mondiale que les amateurs de grands champions de boxe. C’est une sacrée vie qu’Aurélien Ducoudray remet en lumière, un exemple à méditer. Et à prolonger en allant voir le film qui s’apprête à sortir sur ce grand jeune homme, avec Brahim Asloum le champion de boxe dans le rôle titre.

Young_ planche

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Une réflexion sur “Young (Samedi One-Shot)

  1. Pingback: Aurélien Ducoudray et Eddy Vaccaro – Young | Sin City

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