Tsunami (Samedi Chronique)

Tsunami

Titre: Tsunami

Scénariste: Stéphane Piatzsek

Dessinateur: Jean-Denis Pendanx

Editeur: Futuropolis

Date de publication: Octobre 2013

Lorsqu’on lit un album qui vient de sortir, il se pose toujours la question de savoir pourquoi l’éditeur a choisi ce moment précis. Un éditeur réfléchi sans doute toujours à la meilleur façon de défendre ses albums. En tous cas, c’est ainsi que je l’imagine. Vous verrez que l’on peut interroger la date de sortie de celui-ci. N’y a-t-il pas bouchon sur son créneau?

Romain est parti pour l’Indonésie, à la recherche de sa sœur aînée disparue. Elle était plus vieille que lui, elle était médecin. Lorsque le tsunami a dévasté la région en 2006, elle s’est rendue sur place pour venir en aide à la population. Mais après quelques temps, elle a cessé de donner des signes de vie. Romain a grandi en voyant sa mère souffrir de cette absence. De cette inconnue. Elsa était-elle morte? Une fois devenu adulte, Romain se rend sur place, pour essayer de trouver une réponse. Pour découvrir une terre qu’il avait toujours imaginé dévastée.

Je n’arrive pas à m’emballer pleinement pour ce livre, et je pense que c’est vraiment un tort. En fait, je trouve que graphiquement, il est publié à un mauvais moment. Ceux qui, comme moi suivent les sorties, ont lu il y a peu Kililana Song, et attendent avec impatience Mattéo. Hors, il y a une certaine communauté d’esprit entre ces trois là, dans l’utilisation de la couleur, il me semble. Et dans ce trio, Pendanx est un petit cran en dessous de ses deux collègues. Son trait est énergique, mais il n’a pas le « jeté » de celui de Benjamin Flao. Son trait est fin, mais il n’a pas la douceur de celui de Gibrat. Entendez-bien mon propos, je sais que je suis injuste avec cet artiste. Le dessin de Pendanx est d’un très bon niveau, sa mise en couleur est très agréable. Mais je trouve qu’il sort à un mauvais moment pour lui. Une lecture dépend de beaucoup de chose, le moment dans lequel on est, notamment. Et je reçois ce livre dans de mauvaises conditions pour lui, je trouve. Jean-Denis Pendanx n’est pas assez académique et pas assez fou, dans cet ouvrage. Il est entre les deux. Comme le livre l’est lui-même.

En plus, comment ne pas garder Kililana Song en mémoire, quand on a la mer comme personnage, le dépaysement comme mots d’ordre? Là encore, le timing n’est pas idéal. Parce que ce récit a une réelle particularité, qu’il ne faudrait pas négliger. Une pointe de fantastique assez bienvenue, qui fait écho aux croyances locales, qui veille à ne pas les mépriser en leur donnant du corps. C’est léger, aucunement écrasant pour l’histoire. On ne perd rien du chemin fait par Elsa, découvert par l’entremise de son frère. Cette histoire de fidélité est très touchante. Elle interroge subtilement sur les rapports familiaux, sur ce qu’on peut vouloir partager avec les siens, dans le négatif comme dans le positif. Cette transmission clôt d’ailleurs le récit, ce sont les derniers mots prononcés. Stéphane Piatzsek utilise un décor grandiose pour nous raconter une histoire intimiste. Aucun grand écart là dedans. Car on pourrait se perdre facilement, dans une telle immensité. Au sens propre comme au figuré…

Alors donc, quel est mon avis sur ce livre au final? Je vous souffle le chaud et le froid depuis plusieurs dizaines de lignes. Je vais parler pour moi, puis pour vous, chers lecteurs de passage ou réguliers.

Moi, je vais laisser reposer un peu cet album. Sortir de ce tunnel de couleurs directes, de voyages exotiques, afin de perdre ces éléments de comparaison qui me viennent malheureusement du fait de sa place dans les sorties Futuropolis. Je le reprendrai un peu plus tard, et je suis certain que je prendrai beaucoup de plaisir à m’attarder sur les superbes dessins de Pendanx. Que je les estimerai à leur juste valeur.

Vous, lecteurs occasionnels de bd, je vous recommande cet album. Il est délicat, sensible. Sans les filtres qui sont les miens, vous devriez l’apprécier pour ce qu’il est. Un magnifique récit de voyage. Un voyage intérieur tout autant que physique.

Tsunami_ planche

5 réflexions sur “Tsunami (Samedi Chronique)

  1. Pingback: Stéphane Piatzszek et Jean-Denis Pendanx – Tsunami | Sin City

  2. Ton analyse est intéressante, même si je ne la comprends pas entièrement puisque je n’ai pas encore lu Killiana Song. Nos avis divergent sur l’aspect surnaturel mais bon, on ne peut pas toujours adhérer aux mêmes choses.

  3. Pingback: Tsunami de Stéphane Piatzszek et Jean-Denis Pendanx | Le blog de Véronique D

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