Quai des Bulles 2013- Interview Renaud Dillies: Le passionné rêveur

Renaud Dillies by Moka

Renaud Dillies… je le sais, chers et chères membres de la BD du Mercredi, voilà un auteur que vous aimez beaucoup.

J’ai donc pris le parti d’en faire la rencontre pour vous, pendant le festival Quai des Bulles de Saint Malo.

En fin d’entretien, vous retrouverez trois questions posées par trois blogueurs parmi ceux que j’ai sollicité via le Top BD des Blogueurs.

Bonne lecture à toutes et à tous.

PS: Un grand merci à Moka pour avoir joué les attachés de presse des Chroniques de l’Invisible et les photographes.

Mais je crois qu’elle a bien profité de cette rencontre en retour…. ;o)

Renaud, quand j’ai fini de lire les différents ouvrages de ta bibliographie, pour préparer cette rencontre, je me suis posé une question: Est-ce que tu ne ferais pas que, nous parler de toi, au fil des albums. Ces personnages romantiques, passionnés, c’est toi? On a un véritable fil conducteur sur toute ton œuvre, est-ce que tu ressembles à ça?

_ J’ai pas de chapeau, mais oui, c’est moi. Pas entièrement, c’est une partie de moi à chaque fois. Je ne peux pas le dire autrement. Si je ne le sens pas, je ne sais pas raconter l’histoire. Je pars toujours d’un vécu, de quelque chose qui me touche. Et si ça me touche, je pense que je peux essayer de toucher les autres. Et donc ce côté un peu excessif parfois, je l’ai aussi.

_ C’est en 2003 que le public te découvre, avec un premier album publié chez Paquet qui s’appelle Betty Blues. Tu as alors 32 ans, et tu te retrouves primé à Angoulême juste après la sortie de l’album. Comment es-tu arrivé jusque là?

_ En fait j’ai fait mes études à Saint-Luc, en Belgique, pendant le secondaire. Après, mes supérieures à l’Académie des beaux-arts de Tournay, en section bande dessinée/ illustration. Maintenant, les deux sont scindés, ou ne peux plus faire les deux en même temps. Ce qui est dommage je trouve, c’était bien comme ça. J’avais fait cette école, donc, et pendant mes quatre ans d’étude, il y a eu un concours organisé en Belgique, par le Journal de Spirou. Une planche à faire, sur un scénario de Tome. J’étais en deuxième année, on nous demandait à chacun de faire une planche, et il se trouve que j’ai gagné. J’ai eu un stage, c’est comme ça que j’ai commencé à rentrer doucement dans le métier de la bande dessinée.

J’ai travaillé quelques temps chez Spirou, ça a été l’occasion de rencontrer des tas d’auteurs, de voir comment ça se passait. C’était magique pour moi. Mais très rapidement, je me suis rendu compte aussi que mes envies pour raconter des histoires, mes envies de dessin, ne collaient pas nécessairement avec ce que je voyais de l’édition. Bon, je résume un peu, mais j’ai quand même pas mal galéré, parce que je refusais systématiquement de faire ce qui ne me plaisait pas. Je ne réponds jamais à une commande. Je ne fais pas ce métier pour gagner de l’argent, mais parce que j’aime ça. J’ai toujours eu cette sincérité qui m’a valu des petits soucis, mais qui m’a permis d’avancer dans ce que j’avais envie. J’ai très bien fait d’ailleurs, je suis très content comme ça.Betty Blues_ Extrait

Pour mon premier album, Betty Blues… En fait, à la base, je l’ai réalisé en deux mois, à la plume. Avec une seule plume, à l’envers. J’en avais marre, j’essuyais que des refus partout. Je leur disais que j’avais envie de raconter des histoires de musiciens, on me répondait que ça ne servait à rien, de raconter des histoires de musiciens en bd, vu qu’il n’y a pas de son. Je répondais que je ne voulais pas faire écouter une musique, mais raconter des histoires de MUSICIENS. Mais on me disait que ça n’intéresserait pas les lecteurs, alors au bout d’un moment j’en ai eu marre. Je l’ai fait pour moi. Je me suis enfermé deux mois chez moi, mais vraiment, et j’ai fait Betty Blues. J’ai même tenu ma plume à l’envers, parce qu’on me disait qu’il fallait telle ou telle technique. Donc j’ai très mal dessiné, avec une technique que normalement on ne devait pas faire. Une sorte de petite rage… Je l’ai fait entièrement, j’ai terminé toutes les pages. Et je pensais le laisser comme ça. Que je n’étais pas fait pour la bd, ou que la bd n’était pas faite pour moi. Ce sont mes amis de l’époque qui me disaient que c’était con de laisser ça comme ça, qu’il fallait que j’envoie. Du coup, à force d’insister, je l’ai fait mais je n’y croyais pas du tout. Et pourtant, trois jours après,  effectivement, on me prenait le livre, tel quel, sans rien me demander de changer, intégralement.

Donc, très surpris. Et alors, quelques mois après, le prix à Angoulême, encore plus… Je pensais que ce métier était pas fait pour moi… C’était un doublé… premier album, prix à Angoulême… Du coup, qu’est-ce que je fais?

Sumato_ Du coup, tu le disais, un prix à Angoulême, c’est pas n’importe quoi. Tu  as eu la pression, derrière, sur QUOI sortir? Sur l’album suivant?

_ Sur le moment, je n’avais pas réalisé. Ca m’a fait tellement plaisir, déjà. Et après au deuxième, je me suis dis qu’il fallait que je fonce. J’ai d’ailleurs peut-être un peu trop foncé. Sur Sumato, je n’ai pas bâclé le travail, mais j’ai fait volontairement un dessin différent, même dans les couleurs. Je n’ai pas fais des couleurs esthétisantes, j’ai fait des roses, des aplats… Et même la couverture c’est le chat en très gros plan. J’ai voulu casser mon image tout de suite, pour éviter l’étiquette du dessin. J’ai eu très peur d’être pris dans quelques chose, mais c’est une erreur de ma part. Il ne faut pas avoir peur de ça.

Donc ça m’a mis un peu de pression, mais finalement, quand je regarde Sumato il me plaît bien. C’est une expérience. Avec un trait beaucoup plus linéaire que hachuré ou torturé comme dans Betty Blues.

_ En 2006, il y a Mélodie au crépuscule, et là on te retrouve sur un style beaucoup plus proche de Betty Blues…

_ Oui, c’est une sorte de mixe. Il est moins hachuré, les couleurs sont moins criardes que dans Sumato, ça s’adoucit un peu. Là, je me disais qu’il fallait que je me laisse aller, que je ne réfléchisse pas à tout ça, et naturellement, c’est arrivé comme ça. C’est une époque où j’avais vraiment envie de raconter un truc sur la musique manouche, qui me plaisait énormément, qui m’avait marqué très fort. Et j’ai eu envie d’en parler d’une manière… D’ailleurs, Mélodie au crépuscule, c’est un titre de Django Reinhardt.

_ La même année que Mélodie au crépuscule, tu sors aussi Mister Plumb, avec Régis Hautière au scénario. Tu es un rapide? Tu as dis que tu avais mis deux mois pour faire Betty Blues…

_ Deux mois, je n’y arriverai plus. En comparaison, Saveur coco, en couleur directe, ça m’a prit dix mois. Mais vu la masse de travail, je pense que je n’ai pas été trop lent. Si ça dépasse un certain stade, pour moi on perd l’émotion. J’ai toujours peur de perdre l’émotion, l’envie, et l’envie, c’est tout de suite. C’est pour ça que là, j’attends un peu Régis Hautière pour un nouveau scénario, mais comme je suis sans travail pour l’instant, j’hésite à me lancer sur quelque chose. Parce que si je me lance, j’irai jusqu’au bout. Je lui ai dit, « de deux choses l’une, ou tu m’envoies le scénario dans les semaines qui suivent, parce que ça fait quand même six mois que je l’attends et je veux pas te mettre la pression; mais si d’ici quinze jours je n’ai rien, je me mets à autre chose et alors tu as tout le temps, parce que j’irai au bout. On se renverra dans dix mois un an.  » Mais je suis sûr qu’on le fera, qu’on fera une suite. Mais je me mélange un peu là…

_ Justement, avec Régis Hautière, comment en êtes-vous venus à travailler ensemble?

_ C’était chez Paquet. Il travaillait là aussi. Et moi j’aimais beaucoup son humour, mais dans ses bd, ce n’était jamais exploité. J’ai toujours dis que s’il faisait un scénario d’humour, je voudrais bien le dessiner. Un jour il m’a demandé si j’avais une idée. De but en blanc, je lui dis que j’aimerai dessiner un gros lapin blanc. Que s’il avait envie d’écrire l’histoire d’un gros lapin blanc qui se prend pour un plombier… Il a dit ok et il a fait le scénario de Mister Plumb. On est parti sur un truc complètement absurde, pour s’amuser.Mister Plumb_ extrait

_ On voit bien. Il y a une vraie masse de références, dans cet album. C’était quoi, du ping-pong? A qui balancera LA vanne, ou LA référence?

_ C’était réellement, « moi je t’envoie le scénario tu vas rire. Attends, je te fais les planches tu vas rire aussi ». C’était vraiment ça. A chaque fois qu’il recevait les pages, que je recevais son scénario, on se marrait vraiment. On s’est très vite très bien entendu.

Puis après on a chacun du boulot de notre côté, on s’est un peu séparé sur ce plan là, et on s’est dit qu’on ferait un jour quelque chose ensemble. Je lui ai dit que s’il avait une bonne idée, qu’il aurait creusée, qu’il me contacte. Et donc il m’a contacté il y a deux-trois ans juste avant Abélard, pour me proposer ce projet. Il me présente ça comme ça au téléphone, « j’ai fait le scénario, je t’envoie le synopsis assez détaillé, c’est trois, quatre pages. Si ça ne te plaît pas sache que cette histoire n’existera jamais. Parce qu’il n’y a que toi qui peux le faire, je l’ai fait en pensant à toi. » Je l’ai lu, je l’ai rappelé tout de suite pour lui demander le reste. Régis connaît absolument bien mon travail, et apparemment il l’apprécie beaucoup, ça aide vachement. Quand j’ai reçu le scénario j’ai eu l’impression très curieuse que c’était moi qui l’avait écrit, tout en étant incapable de l’écrire puisque ce n’était pas moi. C’était assez bizarre comme sensation. Mais donc, y’avait plus qu’à enfiler le scénario, il m’allait comme un gant. Du sur-mesure micropoil. Je n’ai rien eu à redire sur son scénario, c’était parfait.

_ Donc après une année 2006 très chargée on te retrouve en 2009, mais au scénario, cette fois. Tu écris pour une auteure italienne, Grazia Lapadula. Comment tu as vécu cette nouvelle expérience? C’était un scénario écrit pour elle?

_ A la base,  Grazia cherchait un scénariste. On s’est rencontré chez l’éditeur, elle est venu me dire qu’elle aimait mon univers, et qu’elle aurait aimé au moins que je l’aide pour faire un scénario. Je lui ai dis pourquoi pas, j’ai un peu regardé son travail. Elle avait des idées de scénario, mais juste des pistes, rien de vraiment concret. Et elle se disait sans doute à l’époque qu’elle n’était pas encore capable de raconter une histoire, en tant que scénariste. Du coup, j’ai pris ses notes, j’ai un peu regardé tout ça, et je suis tombé sur une partie d’histoire, qu’on retrouve dans jardin d’hiver, un personnage avec des ailes. Ca faisait pas tellement partie de mon univers, mais ça me touchait beaucoup quand même. C’était très poétique, donc ça me séduisait. Et quand je lisais ça, j’avais en tête une anecdote, un fait divers de journal. Ca faisait trois lignes, et c’était l’histoire d’une personne qu’on avait retrouvé quelques jours après sa mort parce que ses voisins se plaignaient de l’odeur et des fuites d’eau qu’il y avait. Ils ont ouvert la porte et ont découvert un jardin potager dans l’appartement. Et en fait ils se sont rendu compte qu’il avait monté seau après seau la terre, au troisième étage de son HLM, parce qu’il était incapable de se payer un bout de terrain. Du coup, le jardin d’hiver est arrivé, j’en ai parlé à Grazia qui m’a dit « on fonce », c’est venu comme ça.

Jardin d'hiver_ extrait_ Le rapport aux parents, au père, c’est ça qui est très fort dans cette histoire. Le personnage principal qui rencontre cet homme seul, qui en a peur parce que ça le renvoie à ce qu’il a décidé d’oublier…

_ C’est le Père. J’ai pensé à ce petit vieux mort dans l’indifférence, je me suis demandé qui étaient ses enfants, ou ses parents. Etre complètement perdu dans la société, je trouve ça complètement incroyable. Alors j’ai essayé de l’exprimer de manière légère. Mais quand même cette fois-ci avec un fond différent de mes autres traitements puisqu’ici ce n’était pas animalier. Même si je ne le dessinais pas, la façon de raconter devait être pour moi plus dans le réalisme, moins dans la métaphore. Plus dans le réel. Et en fait ça m’a convenu super bien parce que j’aurai été incapable de la dessiner, cette histoire. Donc c’était parfait, parce que si j’avais été capable de le dessiner, ce scénario, je n’aurai pas eu de raisons de le donner à un autre. Franchement, j’aurai été incapable de la dessiner cette histoire et j’ai été super ravi du résultat de Grazia, qui est très beau.

_ Le moment où l’on découvre le jardin, le travail qu’elle fait sur les couleurs est impressionnant. Ce fond de pluie, de bruine, et le changement de couleurs, à ce moment là elle nous met une claque visuelle.  Et il y a les visages, marqués.

_ Ils sont tristes. Et parfois, c’est volontaire. J’ai insisté vraiment là dessus, sur les regards. Chaque case, le regard. Je lui ai fait changer des détails, mais qui comptaient. Et les couleurs, aussi. Rien de vif au début, c’est triste. jusqu’à la découverte. Les seules couleurs qu’elle pouvait mettre jusque là c’étaient des rouge, des choses comme ça. J’ai été peut-être un petit peu dur, mais je crois qu’elle a passé un bon moment à le faire. Du moins, c’est ce qu’elle m’a dit.

_  J’ai envie de te demander, pour résumer un peu ton oeuvre, j’ai pris une citation, tu me dis si elle te convient pour décrire ce que tu fais. J’ai pris celle de Saint Exupéry, « fais que ton rêve dévore ta vie, avant que ta vie ne dévore ton rêve ».

_ Moi je citerai un poète que j’aime énormément. Le poète des poètes, pour moi. Fernando Pessoa. Qui disait: « rêver, mais s’il faut rêver, rêver très fort, mais rêver très très fort surtout, et encore plus fort que ça, ce serait encore mieux ». Je crois que c’est la seule issue pour moi. Rêver. Rêvons le monde. Il n’y a que ceux qui rêvent qui font réellement des choses, dans le monde, en fait. Ca peut sembler bizarre, parce que justement on nous dit toujours d’avoir les pieds sur Terre. Ca a toujours été une ambigüité, que j’ai mise d’ailleurs dans Bulles et Nacelles. Quand on dit aux enfants qu’il faut grandir. Mais quand on grandit, y’a des choses qu’on ne peut plus voir, et du coup, les gens n’apprennent plus. Et ce qu’il y a de beau dans l’enfance, c’est ce besoin d’apprendre constamment, savoir qu’on ne sait jamais. Mais donc, rêver oui, rêver le monde le plus fort possible. C’est comme ça que je le vois.

_ Comme ça que tu le vis?

_ J’essaye. C’est pas tous les jours facile.

_ Les petites questions de blogueurs, donc, synthétiques (en théorie)

Benjamin, de la Librairie Glénat Grenoble, qui t’avait invité à l’époque de Mélodie au crépuscule. Et qui te demande, en bon librairie, mais aussi m’a-t-il dit, en fan, à quand une réédition de mélodie?

_ C’est très compliqué. Je ne peux pas répondre à cause de problèmes avec l’éditeur. je n’abandonne pas ce livre, surtout pas, mais c’est compliqué.

_ De Lunch, du site Ben Dis!, qui a eu un accueil plus froid sur Saveur Coco, mais qui a une question: Que vient faire le caron tchèque (accent circonflexe inversé) sur le nom de Jiri?

_ C’est un nom de l’est, qui s’orthographie comme ça. Y’a une chanson de Kusturica , qui s’appelle comme ça.

_ Tu parles de Kusturica, de cet esprit qu’il transmet, c’est un peu de ça que tu as envie de mettre sur Saveur coco?

_ J’adore la folie de son cinéma, de sa musique. L’artiste. La musique est folle, les images sont magnifiques, ça me fait vraiment rêver quand je regarde des films comme ça. Ca, Terry Gilliams, aussi. On fait le pitch de l’histoire, on se dit que le film tient pas, mais quand tu le vois tu en prends plein la figure. Des cinémas de voyage.

Saveru CocoEt donc, ce côté exotique, j’ai essayé de le mettre dans le livre. Les enluminures, le côté barré. On m’a déjà dit, est-ce que c’est vraiment nécessaire de mettre tous ces petits trucs à part pour faire joli? Mais c’est pas tellement pour faire joli, d’ailleurs c’est pas tellement vu, mais c’est pour faire comme si c’était fabriqué là-bas. Comme si ce livre était de là-bas, fait de manière presque tribale. Comme quand on voit des artisans dans n’importe quelle partie du monde. Ils repeignent un bout de bateau, ça leur prend des heures et des heures, et moi je suis fasciné par ça. Pourquoi il le fait? Pas pour se la péter, il aime le faire, et c’est très beau. Et plus c’est gratuit, plus c’est beau, d’ailleurs.

_ D’ailleurs, il semble que Saveur Coco suscite des avis assez différents, tu expliques ça comment?

_ J’ai mis des choses, pour moi, encore plus profondes que dans les autres albums. Mais comme elles sont tellement profondes, j’en ai fait quelque chose de très drôle pour les rendre plus digestes. Les problèmes rencontrés, la Soif, c’est terrible. Mais c’est toujours drôle et on y réfléchit vraiment. L’inextinguible soif, c’est une horreur. Alors ce sont des références à la littérature française, je fais référence à la mythologie grecques. Ce sont des petits points précis, mais ils sont en corrélation. Je m’amuse souvent avec des choses comme ça et j’en fais de l’absurde. Comme cette porte dans le désert. Pour moi, c’est l’Odyssée de l’espace, ce film m’a bouleversé, gamin. J’ai mis ça, c’est le questionnement de l’univers, cette soif de l’homme face au vide… C’est le désert… Et donc ce sont toutes ces choses là qui si on y pense, sont terriblement angoissantes, mais j’ai pris le parti d’en sourire. Surtout qu’après Abélard on avait peut-être besoin de quelque chose de plus léger.

Donc voilà, on m’a dit que c’était peut-être un peu fourre-tout. On passe d’une chose à l’autre rapidement, on enchaîne. Et y’a un côté sketch, que je voulais. On retrouve les petits personnages. Qui rappelle un peu mes bds d’enfant. Je me suis bien amusé.

_ Finalement, ce que certains te reprochent sur cet album, c’est ce qui te fais plaisir?

_ Oui, mais je crois qu’on peut pas plaire à tous. Moi je suis fier de l’avoir fait quand même. C’est con à dire, mais à une époque, je n’arrivais pas à le dire. En fait, il faut être fier de ce qu’on fait, surtout quand on s’est donné du mal. C’est pas parfait. Je sais bien que ça ne l’est pas, y’a encore beaucoup de travail, mais on apprend tous les jours. Et ça faisait tellement d’années que je rêvais de tout faire tout seul. Je l’avais déjà fait avec Frère Joyeux, mais c’était une adaptation, ce n’était pas vraiment moi. Là, je peux le dire, j’ai tout fait entièrement tout seul, et je vais essayer de ne pas arrêter. Même la couverture du livre. La maquette originale, tout est fait à la main, même les typo. Personne ne fait ça. Si, moi.

_ Maintenant, le livre va vivre sa vie.

_ Oui, et franchement, ça part plutôt bien, franchement, je suis gâté par les chroniques. Après Betty Blues, je me disais qu’il faudrait apprendre à encaisser les critiques. Mais c’est normal, qu’on nous dise si ça ne va pas. Mais j’ai pas trop à me plaindre de ce côté là.

_ Dernière question de Noukette, est-ce qu’il y aura une suite à Mister Plumb?

_ Ca restera un one-shot. On aurait aimé faire la suite, mais il y avait un manque d’intérêt évident de l’éditeur pour le projet, alors on a pas insisté. Et malheureusement, je crois qu’on est vraiment passé à autre chose.

_ Merci Renaud pour ce moment passé ensemble qui, je n’en doute pas, ravira tes fans de la BD du Mercredi.

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11 réflexions sur “Quai des Bulles 2013- Interview Renaud Dillies: Le passionné rêveur

  1. Dillies… Soupirs d’envie. ❤
    C'était un moment formidable (parmi d'autres particulièrement charmants)
    Merci encore pour cette très belle rencontre, il m'a fallu un certain temps pour sortir de ma bulle…

  2. Ravi d’avoir pu te faire plaisir, ça ne me coûtait pas grand chose. ^^
    Et merci encore pour la photo de Renaud, elle est très bien.

  3. Encore une fois c’est une belle interview. Tu te débrouilles bien.
    C’est intéressant de découvrir la rencontre entre Hautières et Dillies, de savoir la galère et l’obstination de la création de Betty Blues. C’est téméraire mais c’est trop vrai qu’il faut aller au fond de ses idées et de n’avoir pas de regrets. La preuve.

    J’écoute un peu Kusturica en lisant la fin de l’entretien et en rédigeant ce message. C’est vrai que ça colle bien à Saveur Coco, et peut-être même à d’autres de ses albums d’ailleurs.
    Merci pour cet éclaircissement.
    Mon accueil était certes plus froid que pour d’autres mais pas glacial non plus. Et graphiquement j’ai rien à redire sur Saveur Coco, surtout, je souhaite lire encore d’autres albums avec cette construction graphique là, avec son petit côté magique.

  4. Tu noteras bien que j’ai dis  » un peu plus froid ». Et au vu des avis très positifs, cela te place quand même à part.
    En tous cas, merci de ton commentaire, je suis ravi que cette interview t’ai plu. Ca a été un vrai plaisir de rencontrer Renaud, et plus encore de prendre tranquillement un café avec lui le lendemain. Je ne m’attendais pas à une telle rencontre, c’est un mec délicieux.

  5. Quelle générosité dans ses réponses. On apprend beaucoup sur son travail et sur l’auteur.
    Merci à tous les deux de vous être prêté au jeu (enfin, + la photographe 😉 )

  6. Pingback: Mélodie au crépuscule (Lundi One-shot) | Les Chroniques de l'invisible

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