Quai des Bulles 2013: Interview -Bast? parloir!

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Bast? Parloir!

Son livre m’avait été présenté par La Boîte à Bulles pendant Quai des Bulles 2013, je l’ai lu, et j’ai eu envie d’en savoir plus. De questionner l’auteur sur ce qu’il avait vécu de cette expérience et n’avait pas raconté dans le livre. La rencontre fût rapidement organisée, et Bast convoqué au parloir… euh, invité en salle de presse du festival.

Lire la chronique de l’album

Bast, En chienneté est le récit de ton expérience, un atelier bd auprès de mineurs incarcérés. Quand on t’a appelé pour te proposer cet atelier, tu avais quoi comme préjugés? Tu t’attendais à quoi?

_ Quand j’ai eu ce fameux coup de fil, le jour où on m’a proposé de venir tenir ces ateliers bd, ça je le mets dans mon livre, j’ai eu une série d’images clichés. Tout ce avec quoi on m’avait bourré le mou avec toutes les séries télés. Fatalement c’est ce qui arrive en premier. Et j’y ai vu, un lieu très sombre, impénétrable, puis des individus renfermés, patibulaires, je dirai même muets. Je les voyais muets. Et heureusement j’ai pu continuer la conversation avec cette responsable du service pénitentiaire. Elle m’a rassuré, en m’expliquant que c’était juste des enfants comme les autres, qui ont basculé à un moment dans une bêtise, et qui le payent par cette présence en prison. Mais ce sont des gamins comme d’autres, qui sont pas plus ou pas moins.

_  Tu écris dans le livre que tu avais déjà une expérience de professeur d’arts plastiques en collège.

_ J’avais sept ou huit ans d’expérience, oui, en SEGPA [ndr: Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté], en plus, qui est un public nettement plus en difficulté  scolaire, qui a un programme scolaire allégé. Donc j’avais l’habitude d’avoir un public en difficulté. Finalement cette demande là était une continuité, ça ne m’avait pas effrayé à ce niveau là. C’est le lieu, qui m’a effrayé avant tout. La population, moins. Plus le lieu.

Interview Bast- Entrée_  Tu raconte les différentes étapes, les différents ateliers. Et pour ce qui est de l’entrée, cela semble confirmer ton idée première? Ca a l’air aussi désagréable à vivre qu’on se l’imagine…

_ C’est pas aussi sombre, c’est très éclairé. Mais la difficulté à y pénétrer, elle est claire. Entre le moment où j’arrivais et celui où j’intégrais ma salle d’atelier, il me fallait parfois presque une demi-heure. Le temps de passer toutes les portes, toutes les autorisations, c’était assez chaotique.

_ On dit qu’il y a un bruit propre, aux portes, tu l’as retrouvé?

_ Je l’ai entendu, oui. Un écho. Ces couloirs qui amplifient les sons. Une porte qui se ferme, tout au loin, on l’entend, elle revient vers nous. Il n’y a que des portes métalliques, de toute façon. C’est un bruit permanent de clés dans des serrures, de portes qui claquent, de systèmes électriques (certaines portes le sont), c’est très sonore mais c’est très étouffé. Et puis, un brouhaha de paroles…

_ Quand tu prépares ton atelier, on te donne un certain nombre de principes à respecter. Est-ce que tu as réussi à les tenir? Tu montres comment les jeunes tentent de te faire craquer, et en même temps comment tu en viens à leur raconter un petit bout de ton histoire.

_ J’avais l’autorisation de leur raconter qui j’étais, ce que je faisais. C’était eux, qui avaient l’interdiction de parler. De dire pourquoi ils étaient là. Je pense avoir tenu, avoir respecté les règles, mais c’était un peu illusoire. On peut pas interdire à un gamin- je les appelle des gamins- de me révéler par le dessin les raisons de sa présence. Ils ne le feront pas par la parole, ils le feront par le dessin. Donc j’ai su, à un moment donné. Mais je ne m’en suis pas rendu coupable. Je n’ai jamais transmis quoi que ce soit, je n’ai rien donné, à part des dessins évidemment. Mais c’est un moyen d’expression. Eux ne m’ont rien donné, à part des dessins aussi, donc finalement ces règles on ne les a pas tant respecté. Par le dessin.

_ Et quand tu as commencé à découvrir ce pour quoi ils étaient là, certains actes difficiles, est-ce que toi tu as réussi à te mettre à distance? Ce jeune dont tu parles, qui a tué son agresseur sexuel et qui passe aux yeux des autres pour le violeur, comment tu as vécu ça?

_ Je me suis toujours mis à distance. Je savais que c’était quand même une épreuve d’y aller toutes les semaines, et que si je voulais en ressortir intact, je devais y mettre des distances. Ca a commencé à modifier mon regard quand j’ai appris les raisons de leur présence, et en l’occurrence celui-ci, qui n’a pas eu un parcours facile, je le percevais comme le bouc émissaire du groupe. Systématiquement. Donc je l’ai pris un peu en affection, en pitié. C’était très bizarre, de se dire que ce gamin là avait souffert dehors et souffrait encore dedans. C’était difficile. J’ai donc essayé d’être un peu plus attentif à lui, un peu plus doux avec lui, ça a modifié mon comportement. Après, tout ce qui était des autres raisons de leur présence ici, les cambriolages et ce genre de choses, j’estimais que le mal fait était matériel, ça m’a moins touché. Quand ça touchait les personnes, la mort d’un individu, c’était beaucoup plus affectant.

Mais tout en maintenant une vraie distance. Ca m’a pas non plus bouleversé, sinon j’aurai arrêté, je crois.

_ Alors justement, quand tu as finis ton premier atelier, qu’est-ce que tu as ressenti? Tu as eu envie de fuir? Comment as-tu fait pour y retourner? Parfois, quand on bosse avec de tels jeunes, ça vient vous chopper aux tripes. Le deuxième atelier, tu y es arrivé comment?

_ Le premier atelier, déjà. Je suis ressorti frustré. Et je savais plus vraiment ce que je devais faire. Moi j’étais parti réellement dans l’idée de faire du dessin et de la bd avec eux, et à l’issu de la première séance, j’ai rien fait. On n’a pas dessiné,  ou très peu, on a abordé à peine la bd parce qu’ils ne savaient pas ce que c’était, donc à l’issu de ça, je me suis dis ok, ça va être beaucoup plus difficile que je ne pensais. Et que ce n’étaient plus les collégiens que j’avais à l’époque. Ce sont vraiment… une autre catégorie de gens. Avec qui il faut revenir à la source, par la discussion. Donc le deuxième jour j’y suis revenu plus combattif, je dirais, en ayant entretemps mis en place des nouveaux systèmes qui étaient complètement faux la fois précédente. Mais là, on était plus sur un rapport technique, une réflexion pédagogique. Comment faire pour les amener à la mission qu’on m’a donnée?

_ Comment faire pour les intéresser, leur donner envie de s’impliquer?

_ Voilà. Et je peux dire maintenant, j’ai pas réussi. Je suis venu à la deuxième séance avec plein de bonnes intentions, que je n’ai jamais pu mettre en place.

_ Tu n’as jamais réussi… Ce que tu mets en avant dans le livre, c’est que tu as du mal à les avoir, à ce qu’ils soient présents. Et pas que de leur volonté. Est-ce que tu penses que c’est le système qui t’a bloqué, ou le public?Interview Bast- Main

_ Le public et le système. Le système lui-même parce que je n’avais jamais les mêmes, donc je ne pouvais rien engager dans le temps. Il fallait repartir à chaque fois de zéro avec de nouveaux individus. Y’en a un qui était au parloir, l’autre qui était devant le juge, d’autres qui avaient fait une bêtise la veille et étaient enfermés sans pouvoir venir ce jour-là, ou bien malades….

Et puis je me suis retrouvé face à une population qui pour la plupart ne savait pas écrire, et donc pour qui, ne serait-ce qu’avoir un crayon dans la main, était une difficulté. Alors dessiner, c’était encore plus insurmontable. Donc finalement, leur apprendre la bd ou le dessin, presque à l’origine c’était leur apprendre à tenir un crayon. Et alors là ce n’était plus dans mes attributions, donc j’ai dû composer avec ça.

_ Combien de séances en tout? Sur quelle durée l’expérience s’est-elle déroulée?

_ Quatre ans, 2004, 2005, 2006, 2007. Ce sont des exemples sur la globalité, d’ateliers que j’ai mené. Il y a des dates que j’ai mises qui correspondent à ces années là.

_ Et donc, sur ces quatre années, ton bilan, c’est que tu n’as pas réussi?

_ Je pense avoir réussi autre chose, avoir engagé une discussion, avoir ouvert un peu des horizons, des esprits. Je crois avoir ouvert le dialogue, la confession, la confidence, la passion. On est sur des mots très abstraits. Finalement, tout ce que je recherchais au départ de très concret, du dessin, du papier, c’est pas ça. Je me suis rendu compte au bout de la deuxième année, que je me trompais, en me disant j’allais sortir avec des dessins. C’était pas ça. Ce qui comptait, c’était de sortir avec un échange, un nouveau regard, la naissance d’une passion peut-être. Et la réussite elle était là. Sinon, je n’aurai pas tenu quatre ans je pense.

_ C’est presque sûr. Ce que tu as vécu, moi jeune éducateur je l’ai vécu aussi. Quand tu te dis que ton atelier, c’est pas ça. Que le but c’est qu’ils restent ensemble.

_ De s’accepter. Accepter l’autre.

_ Et arriver à nouer une relation avec toi, parce que généralement c’est des jeunes qui voient passer beaucoup d’adultes, pour s’occuper d’eux. Tu le décris dans l’album, ils ont beaucoup d’activités. Même s’ils sont en prison, ils ont une école dans la prison et un programme scolaire.

_ Et heureusement d’ailleurs.

_ Donc ils ont des journées chargées, s’impliquer émotionnellement, pour eux, ce n’est pas facile.

_ Oui, c’est accepter une nouvelle personne… On a appris à se connaître. En même temps oui et non parce que c’était tout le temps renouvelé. Je devais lier quelque chose immédiatement sur la séance où je les avais, parce que j’étais pas sûr de les retrouver. J’y allais doucement. Je faisais aussi en sorte de pas trop (je ne sais pas si c’était pervers) me laisser associer au milieu carcéral. Qu’ils ne me considèrent pas comme un surveillant. J’avais pas d’uniforme, heureusement. J’étais de l’extérieur, un lien avec ce monde. C’est sur ça que j’ai joué. Qu’ils ne me prennent pas pour un gars du système. En plus, je venais parler de bd, pas de trucs rébarbatifs. J’avais ça en ma faveur. Et surtout, aucune obligation de résultat. Je n’avais pas objectif et eux non plus, d’en faire de grands dessinateurs. Alors que quand on leur fait apprendre du français ou des maths, ils sont quand même censé savoir, c’est obligé pour réussir. Le dessin, non. Donc c’est une échappatoire, sans obligation de résultats.Interview Bast- dessin type

_ L’album montre donc ce que tu as vécu là dedans, mais j’aimerai maintenant qu’on parle un peu de sa conception. A quel moment tu t’es dit, « bon, je leur apprends la bd…. enfin, je leur ai appris… j’ai essayé, on m’a demandé de leur apprendre la bd »… Pardon… Je modifie ma phrase en cours de question…

_ Oui, mais c’est exactement ça que j’ai vécu.

_ Bon, je la garde comme telle, alors, cette phrase. Mais donc, à quel moment tu te dis que toi, tu peux en faire quelque chose d’autre? Pour toi?

_  Je m’en étais pas rendu compte du tout, j’étais le nez dans le guidon. J’étais dans cette activité là, ça faisait quinze ans que je dessinais, j’avais déjà fait des livres. Je n’avais jamais fait le lien, le fait de pouvoir potentiellement en faire un livre. C’est mon entourage, ma famille, qui m’a dit que j’en parlais souvent, que je pourrais dessiner ces anecdotes. Je ne m’étais jamais dit ça, mais quand on m’en a parlé, j’ai subitement pris un recul là dessus, et je me suis dis effectivement, qu’il y avait plein de choses à dire, à dessiner. C’est arrivé à la fin de ma quatrième année, et ça a modifié légèrement mes derniers mois d’atelier, parce que j’y allais avec ce regard, l’idée d’en faire un livre. Et je n’étais plus le même. J’avais un regard plus curieux sur ce qu’ils disaient. Je devais garder en mémoire, ne pouvant noter ce qu’ils disaient, ce qui se serait vu. J’étais plus à l’affût.

_ Et est-ce qu’ils l’ont ressenti, à ton avis, ce changement d’attitude?

_ Je ne pense pas, parce que c’étaient des nouveaux qui arrivaient, ils me prenaient tel que j’étais. Par contre, ça m’a modifié moi. Et ensuite j’ai mis, mine de rien, quatre ans à essayer de savoir ce que j’allais en faire, de cette masse d’informations. J’ai fait d’autres livres entretemps, ça m’a forcément pris pas mal de temps. Quatre ans de réflexion, de maturation, de mise en place de tous ces éléments. Et puis je me suis jeté à l’eau. Ce livre, il me permettait de m’affranchir de toute autre personne avec qui je travaillais. J’étais tout seul, le seul à pouvoir raconter ça. J’avais peur d’y aller, c’est aussi pour ça que j’ai mis quatre ans. J’ai eu peur de m’assumer. Et puis je sais pas ce qui m’est arrivé, au bout de quatre ans j’ai eu le courage, j’ai commencé à proposer ça à la Boite à bulles. On a beaucoup travaillé avec Vincent, l’éditeur, pour arriver à ce résultat-là. Ca a été long.

_ Et du coup, est-ce que ça t’a donné envie de recommencer? Tu as pris goût au fait de mettre en scène tes idées, avant de les dessiner?

_ Oui. Ah… Oui. Je me suis confirmé que j’étais capable de faire ça. Les retours sont bons, donc je ne pense pas m’être planté en tous cas. Alors je me dis, on continue. Et donc je travaille de nouveaux projets où je suis tout seul. C’est dommage pour mes camarades scénaristes habituels, je continue de travailler avec eux, mais je me donne plus à ce travail de scénariste/ dessinateur en même temps.

Interview Bast- Privé de tout_ J’ai envie de te parler de petites choses prises ici ou là dans l’album. Une image, notamment qui m’a frappée, parce que je l’ai trouvée pleine de sens. Quand tu montres les uniformes de prisonniers: le bon vieux bagnard rayé, remplacé par un code-barres. Cette image, elle m’a interpellé, tu avais envie de mettre quoi dedans?

_ C’était sur le partenariat public-privé. Elle est terrible cette image. J’explique comment l’Etat se désengage. Enfin… confie financièrement la construction des prisons au privé, mais c’est plus pervers que ça. C’est pas tant que des murs à monter, c’est toute une organisation à gérer à l’intérieur, du personnel. Et comme le privé va au plus facile, tout est désincarné, il n’y a plus personne, tout est technologique. Il n’y a plus de contact humain pour l’individu incarcéré. Pour moi, c’est devenu un produit, que l’on met quelque part, et dont on attend qu’il ait fini sa peine  pour le ressortir. C’est du stockage, c’est un objet qui a un code-barres parce qu’il coûte de l’argent et génère un business. Et donc, effectivement, j’ai vu dans les lignes noires l’uniforme des bagnards de l’époque. Comme je dis, « l’avenir est dans le privé, le privé de tout », ce qui est le cas pour le bagnard lui-même, qui n’a plus droit au contact humain, qui doit acheter à manger s’il veut améliorer l’ordinaire.

_ Ce que peu de gens savent ou veulent entendre, au final. Le tout confort a un coût extrêmement élevé en prison, ce n’est pas gratuit.

_ Ils ont le minimum, ils sont logés, nourris, mais ce minimum là n’est pas suffisant pour rendre la vie un peu confortable. Ils sont obligés d’acheter des choses. Ils deviennent des produits de produits, c’est pervers.

_ Autre question, sur ton dessin. J’ai eu un ressenti, tu vas me dire ce que tu en penses. J’ai vu, chez ces jeunes que tu as dessinés, des adultes en fait. Je les ai vus plus vieux. Là, nous parlons et tu les décris comme des gamins, à la lecture, je n’ai pas réussi à les voir comme tels. C’est voulu de ta part, c’est comme ça que tu les as ressenti?

_ Ah oui, complètement. On me le dit souvent, que ce ne sont pas des gamins, qu’ils ont des apparences d’adulte marquées. Et c’est le cas. J’ai vraiment le souvenir de ces individus comme des types marqués par la vie, tatoués, cicatrisés de partout, rasé, avec des muscles. Parce qu’ils passent du temps à la gonflette. J’en ai vu passer pas mal, à cause du renouvellement des effectifs devant moi toutes les semaines, on aurait dit qu’ils étaient plus vieux que moi. Je fais plus jeune que mon âge, mais eux faisaient vraiment plus vieux. Et ça, ça m’avait marqué. Physiquement leur corps a vieilli prématurément, et je voulais le marquer, par le dessin, après en les écoutant, ce sont des enfants.

_ Tu as une case là dessus: les jeunes sortent de ton atelier et demandent au surveillant à jouer à la Playstation, et la case suivante, tu les montres…

_ Ils ont dix ans… Ca, c’est une scène que j’aime beaucoup. Ils arrivent en ado dans l’atelier, ils se mettent à parler de choses extrêmement difficiles, de fusils, de flingues, de cocaïne de tout ça. Donc dans leurs discours ils paraissent très adulte, trop. Et à la fin de la séance, on leur propose de jouer un peu à la playstation, et ils étaient tout fou. On est passé d’un extrême à l’autre en dix minutes et graphiquement j’ai voulu le marquer. Tout le paradoxe de ces individus…

_ Dernière question, à propos de ta fin. J’ai l’impression que tu as construit une fin en deux temps. Tu as une première fin très forte, l’avant-dernière page, où pour une fois on te sent plus engagé. Tu parles et tu leur explique ce que tu voulais leur faire passer sur la motivation, l’envie de se lever le matin. Mais tu dis que tu es peut-être fou de vouloir ça. Tes gamins te répondent « vous êtes pas fou, vous avez bien raison ma foi ». Et un autre ajoute « ouais ». Tu as un moment terrible, de prise de conscience, et finalement, tu termines ta dernière page sur le vide. Ces deux pages, comment tu as réfléchi à leur structure?

_ Je savais dès le début du projet, quand j’avais envie de faire ça, je savais que c’était cette page là que je voulais. Terminer sur l’atelier vide. Qui a double sens: il est vide parce qu’il y a moins de détenus, c’est plutôt positif. Et de l’autre côté, on va bientôt le remplir. C’est sans fin. Le positif, le négatif. Mais juste avant je voulais finir sur ce rapport humain qu’on a eu, la confession, le fait qu’ils aient compris, entendu. Qu’ils m’aient apporté, que je leur ai apporté… y’a le côté aussi très humain qui me porte à coeur. Mais je voulais faire revenir le système à la fin. Tout cela est englobé dans un système, qui va continuer encore et encore. Et je n’y peux rien. C’est un peu une désillusion.

_ Cette dernière page est plus soft, comparé à la précédente, elle dit moins, il n’y a plus de texte. Mais celle d’avant, c’est la douche froide. Y’a pas six mots, qui montrent qu’ils ont parfaitement compris leur situation. Pour des gamins, c’est terrible.

_ Mais ils m’ont touché, moi, ces gamins. J’ai eu le même ressenti, et je suis content de voir que tu l’as eu aussi. Ils m’ont presque soutenu, rassuré eux-mêmes. Y’avait une inversion de rôles. Ils m’ont rassuré en me disant que c’était bien ce que je faisais. Et en le disant, ils me confirmaient qu’ils avaient compris.

_ Je te remercie pour cette discussion, Bast.

_ Mais merci de m’avoir invité.

Illustrations: Extraits d’En chienneté, par Bast, publié aux Editions La Boîte à Bulles.

6 réflexions sur “Quai des Bulles 2013: Interview -Bast? parloir!

  1. On a l’impression d’être là, en pleine discussion avec lui…et en même temps, votre échange est si juste qu’on s’en voudrait de le briser.
    Bravo pour cette qualité là….à toi comme à l’auteur

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