Les Schtroumpfs tome 3- La Schtroumpfette (Lundi classique)

Les Schtroumpfs tome 3

Série : Les Schtroumpfs

Tome : 3

Titre : La Schtroumpfette

Auteur : Peyo

Editeur : Dupuis

Date de publication : 1967

Ah, on frise la madeleine de Proust, pour moi, avec cet album. Fan des Schtroumpfs depuis tout petit (mon papa était le grand Schtroumpf, ma maman la schtroumpfette et ma petite sœur le bébé schtroumpf, c’est vous dire), j’avais cet album là dans la bibliothèquede mon enfance, acheté par mes parents. Je viens de le retrouver dans une autre bibliothèque familiale, je n’ai donc pas raté l’occasion de le relire et de vous le proposer.

Tout va pour le mieux dans le village des Schtroumpfs. Une situation inacceptable pour le sorcier Gargamel, qui désire toujours plus que tout mettre la main sur UN Schtroumpf au moins, pour créer la pierre philosophale. Gargamel tente donc un nouveau plan. Du fond d’un de ses grimoires de sorcellerie, il sort une formule capable de donner vie à une statuette. Une statuette qu’il réalise à l’image. Ou pas tout à fait. Il crée un élément de discorde capable de mener les Schtroumpfs à leur perte : une schtroumpfette…

Ah, la Schtroumpfette… Quelle innocence, quand on lit cet album en étant enfant… Et que de questions quand on le lit adulte. Il faut dire que la femme n’est pas gâtée, dans cette représentation. C’est la discorde, la tentatrice, qui est mise en avant. Eve, en somme, celle qui va mettre en danger le paradis des schtroumpfs en voulant accéder à la connaissance des fonctionnements du barrage. Rien que de très catholique chez un éditeur fortement marqué en ce sens. Tout juste, Peyo se désolidarise-t-il de la liste des ingrédients nécessaire à la fabrication de la femme artificielle : parti pris, langue de vipère, tête de linotte, etc, etc… Une vision maléfique de la femme, sous-entend Peyo en note de bas de page. En tous cas, il faut bien reconnaître que cette bonne femme ingrate va bien mettre le bazar chez les Schtroumpfs, à ce niveau là, c’est réussi. Et le Grand Schtroumpf lui-même va faire empirer les choses en relookant la schtroumpfette version Maryline Monroe. Le chef du village réussissant là où Gargamel avait échoué. Donc pire que la femme, il y a la femme désirable. Ah, c’est moderne comme point de vue, hein ? Je vous laisse juge… Alors bon, elle a un clair de lucidité à la fin, sur son influence dans le vilage. Mais je ne suis pas sûr que ça rattrape bien le cliché, en fait, cette tendance à devenir le bouc-émissaire (parce que les Schtroumpfs, eux, ne sont responsables de rien, évidemment, ce n’est pas leur faute s’ils succombent aux attraits de la Schtroumpfette. Ça ne vous rappelle rien, ce petit air ?)

Sinon, il y a une deuxième histoire, plus courte, pour laquelle j’ai une certaine affection. On voit les Schtroumpfs perdre toutes leurs réserves de nourriture et vivre la famine, j’ai toujours trouvé cette histoire très touchante. On ressent bien les difficultés des personnages. Que l’on soit un enfant ou un adulte.

Finissons donc par le dessin, et comme à chaque album de Peyo, je n’ai trop rien à dire. C’est tellement efficace que ça se passerait presque de texte. Je suis sûr qu’on arriverait encore à comprendre. A noter que pour la seconde histoire, Peyo s’est offert un petit tour de passe-passe qui lui a limité les arrière-plans : une masse de nuages bas uniforme. Ça entretient la dureté de l’hiver, indéniablement, mais on ne peut s’empêcher de penser aussi à un petit tour pour gagner du temps.

Vous le voyez, ce n’est pas parce que l’on a affaire à une série jeunesse qu’il n’y a rien à dire sur le fond. Et pourtant, je ne peux m’empêcher de conseiller la lecture de cette série. Ils sont si attachants, ces petits Schtroumpfs…

Les Schtroumpfs tome 3_ planchetopbd_201314/20

7 réflexions sur “Les Schtroumpfs tome 3- La Schtroumpfette (Lundi classique)

  1. j’ai jamais, jamais aimé les Stroumpfs… c’est pas faute de m’être tapé la collec’, mais nan, ça passe décidément pas…

  2. C’est vrai qu’il y a souvent à dire sur le fond d’un récit jeunesse… C’est pourquoi je ne comprends pas trop ton double standard de notation, où tu topes les BD jeunesse à trois ou quatre points derrière les BD adultes (ça y est : je relance un pavé dans la mare de ce débat!! Mais tu n’es pas obligé d’encore me répondre!! ;^)

  3. Parce que ce fond est malheureusement trop peu souvent présent, ce qui limite pour moi la comparaison avec une bd adulte.
    Quand le fond est présent, je n’hésite pas à mettre un 16 ou un 17. Mais genre, quand tu lis un Papyrus tome 1, le fond, y’en a pas, c’est juste de l’aventure, bien faite, mais c’est juste distrayant.
    Et je ne parle pas de dessins. Pour qu’une note puisse monter, il faut aussi qu’il y ait un dessin, à la hauteur, exigeant. Et trop souvent, ce n’est pas le cas.

    Donc non, les bd jeunesses de base, ne valent pas les bd adultes de basent, à mon sens. Toujours pas.

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