Elfes tome 4- L’élu des semi-elfes (Vendredi Chronique)

Elfes tome 4

Série : Elfes

Tome : 4

Titre : L’élu des semi-elfes

Scénariste : Eric Corbeyran

Dessinateur :  Jean-Paul Bordier

Coloriste : Digikore Studio

Editeur : Soleil

Date de publication : Octobre 2013

 

Avant-dernier tome de la série concept Elfes, et dernier paru en cette année 2013, le prochain et officiellement dernier, étant prévu pour le début d’année prochaine. Comme pour les autres tomes, une des nations elfiques de ce monde est mis en scène par un duo d’auteurs différent des précédents. Cette fois-ci, c’est le vieux briscard Eric Corbeyran qui est au scénario, accompagné d’un dessinateur que je découvre pour l’occasion, Jean-Paul Bordier.  Préparez-vous à replonger dans le monde des elfes et des humains.

Une prophétie fût énoncée. Un semi-elfe, mi elfe mi humain, l’a prononcée. Elle disait qu’un semi-elfe se lèverait et rassemblerait ses semblables contre les oppressions humaines et elfiques, qu’il conquerrait une terre pour les siens, où ils pourraient vivre en paix, rassemblés. Que ce semi-elfe serait porteur d’une marque, pour annoncer sa venue. Dix années après, un semi-elfe a été reconnu comme l’élu par les siens. Du plus profond d’une mine où il était esclave, il s’est élevé et a commencé sa conquête par celle de leur liberté. Il a parcouru le monde pour rassembler les semi-elfes et leur promettre une nation à eux. La fin d’une vie misérable. Il a mené son peuple aux abords des forêts des elfes sylvains. Il espère bien négocier avec leur reine une terre inoccupée pour qu’ils puissent s’y installer. Mais tout le monde n’a pas intérêt à ce qu’il réussisse son entreprise…

Alors, je vous l’annonce, je vais pinailler sur le scénario. Face à un auteur aussi expérimenté que Corbeyran, c’est bien le moins que je puisse faire. Mais cependant, ne perdez pas de vue que j’ai apprécié ma lecture. Que j’ai passé un bon moment en compagnie de cette nouvelle galerie de personnage, et que cet album sera sans doute mon préféré parmi les trois que j’ai lu jusque là.  En fait, l’histoire m’a tellement intéressé que j’aurai préféré la lire sur plusieurs albums. Je pense qu’elle avait le potentiel pour constituer une véritable mini-série. Sans doute est-ce dû à l’expérience du scénariste, mais je pense qu’il aurait légitimement pu proposer un récit s’étalant nettement plus, et prenant le temps nécessaire pour poser ses différentes intrigues.

Car le récit est bien fourni, et bien trop dense pour 56 planches. C’est là, que je vais commencer à pinailler. Car en fait, le récit est introduit de telle façon que j’ai deviné presque immédiatement ce que serai le retournement de situation principal de l’album. Je ne savais pas comment, ni à quel moment, mais je n’avais aucun doute. L’arrivée de Borh-Naha m’a donc confirmé que j’avais raison. C’était trop évident, c’était bien trop explicite. Si Corbeyran avait eu plusieurs albums, il aurait pu insinuer le doute, le questionnement, qui là, vient dès les premières pages. De même, il aurait eu plus de temps pour développer les doutes de son personnage principal, Nah-Tahaal. Son revirement paraît trop tiré par les cheveux, on n’y croit guère. Pourtant, il est évident par la suite que le personnage n’assume plus son statut, mais cette déchéance se fait bien trop rapidement : « Hey, toi, j’ai capturé ton meilleur pote (surtout, vérifies pas ce que je dis), alors file moi ton poste de leader._ Ok. Prends le, j’ai pas le choix en fait. _ Non, en effet. Merci à toi. » Euh… Comment dire… Ah oui. Pas assez de place pour développer cette intrigue. Mince. On sent que Corbeyran a été très inspiré, qu’il a développé plein de trames, et qu’il a dû tout synthétiser pour rentrer dans le cadre contrainte du one-shot. Sauf que pour un auteur tel que lui, on aurait pu attendre quelque chose de plus harmonieux. D’où mon chipotage.

Et si cet album est mon préféré de la série, c’est pour le scénario riche, mais aussi pour le dessin de Jean-Paul Bordier, que je trouve le plus abouti pour l’instant, le plus empreint de maîtrise. Je dois dire que sur certaines scènes, j’ai un peu eu l’impression d’être au cinéma. Bon cadrages, dessin impressionnant, je me régalais. Il propose des personnages variés, réellement identifiables, et se montre capable de réaliser des planches qui mêlent action et décors. Personnellement, c’est tout ce que j’attends pour un tel univers. J’espère que je pourrai le rencontrer à St Malo pour lui dire tout le bien que je pense de son dessin.

Bonne lecture, donc, dans l’ensemble. Peut-on vraiment se plaindre de voir un scénariste nous donner envie de passer plus de temps encore dans son œuvre ? Mais bon, je crois que l’honnêteté intellectuelle réclamait de ne pas omettre les petits reproches que j’avais à faire.

Mais je le redis, cet album est pour l’instant mon préféré de la série, celui qui avait le plus de potentiel.

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