Georges et Tchang- Une histoire d’amour au vingtième siècle (Samedi One-Shot)

Georges et Tchang

Titre : Georges et Tchang- Une histoire d’amour au vingtième siècle

Auteur : Laurent Colonnier

Editeur : 12 Bis Editions

Date de publication : Octobre 2012

J’avais vaguement entendu parler de cet album à sa sortie. Encore un titre polémique sur Hergé, mettant en avant cette fois-ci son homosexualité refoulée avec Tchang. Pas ma came, Hergé, à l’époque. Mais ces derniers temps, j’évolue un peu. J’ai lu le livre de Numa Sadoul, qui m’a fait un peu changer d’avis sur Hergé, qui m’a rendu un peu moins allergique à la légende du monsieur. J’ai donc voulu tester cet album alors qu’il me passait sous la main. Voir ce qu’il y avait dedans.

Georges Rémi, dit Hergé, est l’auteur d’une bande dessinée qui est devenue bien célèbre, dans la Belgique des années 30. L’artiste est sur le point de commencer un nouvel album, qu’il veut situer en Chine. Une connaissance lui propose de faire la rencontre de vrais chinois, afin qu’il puisse éviter de tomber dans les clichés occidentaux concernant ce pays fort mal connu chez nous. Georges accepte, car il a le souhait de gagner en précision dans ses histoires, en véracité. Il va donc faire la rencontre de Tchang, un jeune sculpteur chinois vivant à Bruxelles. Une rencontre qui marquera les deux hommes à jamais.

Parlons d’abord de ce qui m’a plu, à savoir le style graphique de Laurent Colonnier. Il possède un trait assez fin, assez précis, plutôt inspiré des grands classiques de la bande dessinée belge, à ce qu’il semble. J’aime sa façon d’utiliser les nuances de gris pour densifier son dessin. De ce côté-là, cet album est plutôt réussi.

Mais sur le fond, je n’adhère pas du tout à la méthode comme au propos.

La méthode, c’est de créer un monde autour d’Hergé qui l’aurait entièrement inspiré pour son œuvre. Ainsi donc, vous retrouverez le restaurant macédonien du sceptre d’Ottokar, le Karaboudjan, le professeur Picard (qui a bien été l’inspiration pour Tournesol mais dont l’histoire officielle ne doit pas dire grand-chose d’une rencontre entre les deux hommes), le vilain japonais du Lotus bleu et même les Dupondt en agents japonais (alors qu’Hergé dit clairement qu’il s’est inspiré de son père et de son frère jumeau). C’est tellement gros, que l’histoire en perd toute crédibilité. Mais si c’est un effet recherché pour montrer que l’on n’est pas totalement dans la réalité des faits historiques, alors à quoi sert cet album ?

Car sur le fond, je trouve cet album assez douteux. Entre le diffamatoire, puisqu’Hergé n’a jamais vraiment avancé dans le sens d’une homosexualité refoulée, et le voyeuriste puisque Laurent Colonnier nous montre la stérilité de l’auteur, motif apparent de la rupture qui suivra avec Madeleine. Quel intérêt, pour comprendre cet auteur, de nous parler de ces choses là ? A part pour faire dans le racoleur, dans la transgression un peu minable. « Voyez, je suis l’auteur qui ose dire des choses négatives sur Hergé l’icône de la bd européenne », c’est cela qu’on prêterait volontiers à l’auteur de cet album. Mais franchement, on n’avait pas besoin de Laurent Colonnier pour cela. Même moi qui ne suis pas un grand supporter d’Hergé, qui n’apprécie pas le culte qui lui est rendu par la presse franco-belge et la classe dirigeante, je suis dérangé par ce que dit cet album. Pas sur l’homosexualité éventuelle d’Hergé, dont je me fiche, et qui ne joue en rien sur son œuvre (il explique fort bien lui-même qu’il ne voit pas les femmes de manières caricaturales en dehors de la Castafiore, et que faisant une bd aux personnages caricaturaux, il ne voyait pas ce qu’il pouvait bien faire de tels personnages), mais sur cette forme de délation pas très reluisante qui nous est proposée.

Désacraliser et salir, ce n’est pas la même chose. Pas certain que cet album ne soit pas à ranger dans la deuxième catégorie.

La Blogosphère en parle: Blog Brother,

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8 réflexions sur “Georges et Tchang- Une histoire d’amour au vingtième siècle (Samedi One-Shot)

  1. Je n’ai pas pris cet ouvrage de la même façon que toi. Pour moi, c’est avant tout un album « clins d’œil ». Mais peut-être que l’envie de désacraliser était au centre de la démarche.

  2. Je n’ai pas lu le même livre que toi, moi je l’ai vu comme un hommage respectueux au contraire, je suis sûr que l’auteur est un fan d’Hergé. Dans une bio Hergé dit qu’il croisait parfois Picart à Bruxelles et que ça l’a inspiré pour Tournesol. Je n’ai pas vu le vilain japonais du Lotus bleu et les Dupondt en agents japonais (ils se ressemblent pas en plus) d’ailleurs le perso d’Hergé ne les croise pas dans le bouquin. Benoit Peteers parle de la stérilité d’Hergé dans sa bio, et Hergé et Germaine (pas Madeleine) ont divorcé dans les années 60, bien plus tard, la raison c’est qu’Hergé était amoureux de Fanny, coloriste aux studios Hergé. Il n’y a rien sur l’homosexualité dans le livre, et même si il y avait je ne vois pas en quoi ça salirait, ça n’a rien de sale l’homosexualité, chacun fait ce qu’il veut, on choisit pas de qui on tombe amoureux. Je pense que le titre est plus un jeu de mot sur le lapsus d’Hergé. Sinon je suis d’accord avec toi, au point de vue dessin c’est vraiment très beau (même si je préfère les bd couleurs à la base).

  3. L’idée de l’hommage pourrait fonctionner, si l’éditeur 12 Bis n’était pas un adepte des coups marketing et du buzz.
    J’ai fais parti d’organisations qui luttaient contre l’homophobie, donc à moi, cette question ne pose pas de problèmes. Mais il y a de fortes réticences sur cette question dans notre société européenne.

  4. Complètement con cet article, son auteur ne comprend rien à rien, c’en est gênant pour lui.

  5. Mais quelle excellente idée de venir prouver par votre prose que les doutes que j’ai pu avoir quant à votre démarche sur ce livre, sont largement fondés!
    N’hésitez pas à remettre un commentaire si le coeur vous en dit, je sors le pop-corn.

  6. Si vous assumez votre homophobie et plus largement votre connerie, bien vous en fasse. Comme disait Théophile Gautier  » Le critique qui n’a rien produit est un lâche. »

  7. Vous voyez, vous persévérez dans l’insulte… Et vous donnez des leçons. Tout en vous décrédibilisant. Personne ne voit d’homophobie dans ce texte, seul vous, l’atueur d’un album que je n’ai pas été le seul à mettre en doute.
    Avec 5 ans de retard en plus, votre ridicule est vraiment passionnant, je reprends du pop-corn!

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