Interview: Alain Brion, Dessinateur, Excalibur Chroniques

Bannière interview Alain Brion

Excalibur-chroniques-tome-1ExcaliburChroniques_T02_C1C4CS6.indd

ALAIN BRION

Artiste avant tout

CdlI: Alain Brion, vous publiez en ce mois d’Août le deuxième tome d’Excalibur Chroniques, avec Jean-Luc Istin au scénario. C’est la quatrième série sur laquelle vous travaillez. Vous avez été diplômés d’Arts Graphiques, la bande dessinée était-elle une évidence à cette époque ou bien regardiez-vous ailleurs, alors?
Couverture Graceling Alain Brion
Alain Brion: C’était loin d’être une évidence, même si le dessin à toujours été important pour moi.  Je me voyais plutôt devenir directeur artistique dans une agence de publicité.
Mais mon book était, déjà à l’époque, orienté vers l’illustration et c’est là que j’ai démarré, d’abord en tant qu’auteur-illustrateur jeunesse aux éditions Kaléidoscope pendant une dizaine d’années,  puis comme illustrateur pour les couvertures de romans de science-fiction, fantasy, etc… Ce que je fais toujours depuis une quinzaine d’années. C’est cette dernière activité qui m’a servi de pont vers la BD.

Etiez-vous tout de même lecteur de bande dessinée?

Oui, enfant c’était évidement Asterix, Tintin, Gaston Lagaffe, Luky Luke, mais aussi Les Peanuts Snoopy.   J’y suis revenu plus tard avec Moebius, Loisel, Bourgeon, Corben et d’autres.

Quels artistes vous ont marqué? Quel que soit leur origine artistique…

Celui qui m’a vraiment donné envie de me lancer dans un métier artistique et qui m’a le plus influencé c’est Frazetta. En BD Moebius.
Comme beaucoup d’illustrateur de ma génération, j’ai été très marqué par le travail de Giger, principalement ses designs pour le film Alien.
Parmi la peinture plus « classique » s’il ne faut en retenir qu’un dans ceux qui m’ont le plus marqué je dirai Rembrandt.

Votre premier album publié, c’est le tome un de la série Les insurgés d’Edaleth, comment êtes-vous arrivés sur ce projet ?

Via internet.
Je coinçais un peu en tant qu’auteur jeunesse au début des années 2000, j’ai recherché sur les forums des sites BD s’il y avait des contactes possibles avec des scénaristes qui auraient déjà un pied chez les différents éditeurs Bd. C’est sur celui de BodoÏ que je suis tombé sur l’annonce de Nicolas Tackian qui, avec son compère Stéphane Miquel, était déjà en contact avec Soleil . J’avais des envies de science-fiction, ils avaient dans leur tiroir un synopsis qui pouvait coller, on a rapidement signé avec Soleil.

Cette série là a pu être menée à terme, ce qui n’a pas été le cas  de l’Epopée de Gilgamesh, pour lequel un tome 1 a été publié en 2010, sans suite. Comment se sent-on lorsqu’une publication s’arrête en cours de route ?

C’est pas la joie… Je peux dire que j’étais énervé et passablement en colère.

Vous avez donc rapidement enchaîné sur la nouvelle série de Jean-Luc Istin, comment avez-vous été choisi pour rejoindre ce projet ?

Jean-Luc avait vu mon travail sur Gilgamesh et c’est ce qui lui a donné envie de me proposer une collaboration, il avait plusieurs projets dont Excalibur, c’est celui qui me tentait le plus.
Story-board Excalibur chronique tome 3 page 4
Comment travaille Jean-Luc Istin ? Est-il du genre à fournir un découpage précis, case par case, ou bien vous laisse-t-il plus de marge de manœuvre ?

Son découpage est assez précis case par case, mais il laisse une large marge de manœuvre dans la composition de la planche.  Je lui propose un story-board qu’on affine ensemble si besoin.

Quelle connaissance avez-vous, en tant que dessinateur, de la suite de la série? Connaissez-vous le nombre d’albums envisagés, savez-vous ce que Jean-Luc Istin a en tête sur la durée?

Au départ on était parti pour faire un one-shot, puis un triptyque, aujourd’hui on se laisse un peu de marge de manœuvre, peut-être cinq six, on verra.

Gilgamesh, les légendes arthuriennes, les grandes sagas antiques vous plaisent donc tant que cela ?

Pas forcément les mythes ou les sagas, mais l’Histoire et notamment l’antiquité oui.  Aujourd’hui je lis principalement des essais historiques, une des dernières lectures qui m’a marquée  est « Le Dernier Duel » d’Eric Jager qui relate le dernier duel judiciaire qui eu lieu à Paris en 1386.
Des légendes Arthuriennes j’ai de vagues souvenirs de lectures étant enfant et sinon le film de John Boorman qui m’avait beaucoup marqué adolescent. On a choisi de s’écarter, du moins dans le style, de la vision mythique en situant notre série dans un contexte plus historique (la fin de l’empire romain), ce qui me va très bien.

Auriez-vous été moins à votre aise, si le scénariste avait proposé de la chevalerie pure, à la Chrétien de Troye?

Non je ne pense pas, c’est juste un choix. Le fait de situer ça dans un contexte historique donne peut-être plus de « substance » aux personnages.

Consacrons-nous maintenant un peu plus à votre technique. Vous êtes un adepte de l’ordinateur, mais comment travaillez-vous ? Tout en virtuel, ou bien passez-vous d’abord par une phase papier-crayon ?

Tout en virtuel, même le story-board, je ne retrouve le traditionnel que pour les dédicaces.
Je travaille sur une base en images de synthèse assez succincte qui me sert de « crayonné », j’importe cela dans photoshop où je fais de la « peinture » numérique à la palette graphique. Ce n’est pas simple à expliquer…

Vous proposez une mise en couleur qui tient une vraie place, sur Excalibur Chroniques, qui donne une réelle existence au monde que vous mettez en scène. Comment en êtes-vous arrivé à cela ? Avez-vous toujours donné une grande importance à la couleur, dans votre façon d’appréhender le dessin ?

Je me suis toujours senti plus peintre que dessinateur, c’est à dire plutôt travailler les masses que les contours, j’ai donc un style plus « couleurs directes » qu’encrage traditionnel. Mais sur Excalibur j’essaye de me rapprocher d’un travail aux traits qui, je trouve, marche mieux en BD.
Sinon je suis légèrement daltonien ce qui pousse un peu à la monochromie, l’informatique m’a un peu sauvé la mise me permettant  de mieux contrôler ce que je fais…

Lorsque l’on regarde les albums, ont a du mal à imaginer que vous ayez des difficultés dans la perception des couleurs? Comment l’informatique vous vient-elle en aide?.

Photoshop permet de voir comment la couleur sera reproduite à l’impression en quadrichromie (jaune rouge bleu noir ), ça me permet de savoir exactement où se situent mes couleurs dans la gamme chromatique. Par exemple si un jaune tire vers le vert ou un bleu vers le violet, ce que je ne vois pas à l’œil nu.

Pour finir, quelle visibilité avez-vous dans votre travail ? Etes-vous en train d’attendre fébrilement les chiffres de vente du tome 2, ou bien savez-vous que vous pouvez d’ors et déjà commencer le tome 3 ?

La série semble être bien accueillie, le tome 3 est en chantier, six planches à ce jour.

 Travailler avec un directeur de collection de chez Soleil sécurise-t-il, pour ce genre de considérations?   La pression éditoriale est-elle moindre sur Excalibur que sur les insurgés?

Oui, peut-être, mais de toutes façons c’est l’accueil des lecteurs qui fait la différence et là, la pression reste la même.

Merci, Alain Brion. Les Chroniques de l’Invisible seront là pour le tome 3.

Excalibur Chroniques tome 3 page 4

Première illustration: Graceling, réalisé par Alain Brion, pour Graceling, de Kristin Cashore, publié aux éditions Livre de Poche
Deuxième illustration: Excalibur Chroniques tome 3 page 4- sketch, par Alain Brion. Avec l’aimable autorisation d’Alain Brion
Troisième illustration: Excalibur Chroniques tome 3 page 4, par Alain Brion. Avec l’aimable autorisation d’Alain Brion

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s