Le transperceneige tome 1- L’échappé (Semaine Vu au ciné)

Le transperceneige tome 1

Série : Le Transperceneige

Tome : 1

Titre : L’échappé

Scénariste : Jacques Lob

Dessinateur : Jean-Marc Rochette

Editeur : Casterman

Collection : A suivre

Date de publication : 1984

 AU CINEMA CET AUTOMNE

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J’ai tardé à mettre cet album au programme de cette semaine à thème « Vu au ciné ». En fait, j’ignorais totalement l’existence de cette série jusqu’à ce qu’un site de news m’apprenne qu’un réalisateur sud-coréen en réalisait l’adaptation. Information que je n’avais pas reliée à mes recherches sur le thème. Et puis cet été, des images ont circulé et m’ont fait dire pourquoi pas.  A essayer, je ne connaissais pas, au pire, j’avais de toute façon suffisamment de matériel d’avance. Et résultat des courses, quand cette chronique est-elle publiée ?

Le transperceneige. Un gigantesque train parcourant les étendues glacées d’une Terre ravagée. Un gigantesque convoi accueillant les derniers survivants de l’humanité. Une gigantesque reproduction des inégalités sociales préexistantes. Il y a les queutards, le tiers-monde du train. Entassés à la dernière minute du départ, tout contact avec eux a été rompu après qu’ils aient tenté de se révolter et de prendre d’assaut les autres wagons pour quitter leur misère. A l’avant, les wagons dorés, luxueux, peu habités. Et la Sainte Loco, qui avance sans jamais s’arrêter sur les rails glacés.

Et puis un jour, un queutard réussi à rejoindre un des wagons auquel il n’a pas accès. Et des évènements tragiques se mettent en branle, qui changeront à jamais le visage du transperceneige.

Bon sang, quelle découverte ! Je remercie le réalisateur qui a compris l’intérêt de cette série, car je viens de prendre une très belle claque, et je vous engage à faire de même. Cet album est typique d’une certaine production des années 70, telles les cités obscures de Schuiten et Peeters, quand une certaine frange de scénaristes a décidé de proposer des réflexions politiques par l’entremise d’univers fantastiques ou futuristes. Il y a tout, dans ce train. Toute la critique de la société de la fin du XXe siècle. Les inégalités sociales écrasantes, les dirigeants politiques méprisants et l’individualisme à outrance, l’égoïsme comme seule valeur. Même le héros, n’échappe pas à ce système de pensée. Adeline, la co-héroïne, essaye de l’inviter à agir pour les autres, mais elle est à chaque fois déçue. Non, lui, Proloff, il s’en cogne de ceux qu’il a laissés derrière. Lui a réussi, et à sa manière, il compte bien profiter de cette opportunité. Belle façon aussi de critiquer ceux qui, dans les sociétés riches, s’inquiètent de la misère humaine sans jamais porter les graines d’un quelconque changement. On s’émeut, on revendique, mais surtout, on ne remet pas en cause le système qui est la cause de ces inégalités. Il y a tout cela dans ce monde post-apocalyptique. Et pire, il y a l’enfermement, la promiscuité, et l’absence de tout espoir de bonheur. L’humanité est arrivée à sa perte, et chacun gère à sa façon ces derniers moments, en se voilant plus ou moins la face. C’est très fort… Et très rythmé, de par la publication dans le mensuel A Suivre. L’album est comme partagé en chapitre qui forment des respirations très appréciables dans ce monde oppressant.

Autre force de cet album, c’est le dessin de Jean-Marc Rochette, que je ne connaissais pas non plus. Son trait est vraiment très agréable, il me fait penser à un Darrick Robertson, par un côté très rond, très doux, qui recèle pourtant une grande force et un grand souci du détail. Tout est travaillé avec application, les personnages, leurs expressions, les décors… Les planches sont riches mais pas lourdes. Le travail d’encrage sur les ombres est d’une grande justesse.

Bon, ben la suite, maintenant, et puis le film, ensuite. Vu la claque que je viens de prendre, il y a intérêt à ce que le scénariste ait assuré. Si c’est pour avoir un blockbuster insipide, ce serait du gâchis. Un sud-coréen peut-il se permettre de dire à notre monde combien il va mal, et espérer vendre des places de cinéma avec ? Après tout, la bande dessinée se l’est permis… Mais les années 80, c’était aussi une autre époque…

Le transperceneige tome 1_ planche

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19/20

11 réflexions sur “Le transperceneige tome 1- L’échappé (Semaine Vu au ciné)

  1. Depuis que tu m’en as parlé l’autre jour, j’ai récupéré les 3 volumes. Je lis ça au plus vite.

    Sinon, je fais confiance au deux mecs qui font l’adaptation pour le ciné. Ils ont fait de bons films par le passé. Il n’y a pas de raison qu’ils fassent n’importe quoi sur celui-là.

  2. Je te confirme ça un peu plus tard mais dans l’interview du réal qu’on peut lire dans la revue Kaboom #2, il me semble qu’il parlait du tome 1 pour la construction de son scénario. Mais je n’en suis pas sûr.

  3. Voilà, j’ai pris le temps de relire l’interview et effectivement le réal dit qu’il s’est surtout inspiré du volume 1 pour son histoire. Cependant, ce ne sera pas une retranscription fidèle, à la bulle prêt. Il a gardé l’idée générale, il a gardé l’essence de l’histoire (avec ses thématiques…). En tout cas, l’interview m’a énormément donné envie de voir ce film. Et aussi de lire la BD. Ce que je vais faire ce week-end je pense.

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