Les Schtroumpfs tome 2- Le Schtroumpfissime (Semaine Vu au ciné)

Les schtroumpfs tome 2

Série : Les schtroumpfs

Tome : 2

Titre : Le schtroumpfissime

Scénariste : Yvan Delporte

Auteur : Peyo

Editeur : Dupuis

Date de publication : 1965

AU CINEMA CET ETE!!

Les schtroumpfs 2_ le film

Oui, hélas, trois fois hélas, les schtroumpfs ont une actu ciné cet été. C’est atroce, je sais, un peu comme le film de Boule et Bill, on voudrait occulter, se dire que ça n’a pas été fait. Et là, le pire, c’est qu’on nous propose un deuxième opus. Et que donc le premier a marché… quelle horreur… Les schtroumpfs dans le monde d’aujourd’hui, en pleine ville… Trahison, hérésie.

Bon, j’arrête de dire du mal des films, et je vous propose une vraie bonne histoire de Schtroumpfs.

Le grand Schtroumpf doit partir du village pour se procurer une graine absolument indispensable pour ses expériences. Mais c’est la première fois que le village se retrouve ainsi sans son chef. Et certains en profiteraient bien pour tirer au flan. Mais le Schtroumpf à lunettes entend faire respecter les consignes du Grand Schtroumpf en son absence, ce qui déplaît fortement à tout le monde. Aucune raison que le Schtroumpf à lunettes soit plus le chef que les autres. Commence alors une campagne électorale qui va avoir quelques conséquences sur la tranquillité du village.

Autant le dire, je vais me faire plaisir et procéder à des analyses politiques qui sont peut-être sans fondement. Amusez-vous aussi à les critiquer, à les démonter, c’est cadeau.

Donc, en résumé, en 1965, Peyo et Delporte écrivaient « élections piège à con » dans une histoire pour enfant. Car il ne fait pas bon être électeur, chez les Schtroumpfs. Ils succombent avec une facilité déconcertante à la démagogie la plus crasse. Le schtroumpfissime achète ses votes avec les promesses les plus grossières et cela fonctionne. Il faut lire aussi le discours électoral du schtroumpf devant ses concitoyens… En remplaçant la plupart des mots par Schtroumpf, Peyo tisse un discours à la fois criant de vérité et de… vide. Ca ne veut rien dire,  dans aucune des deux langues, mais ça passe auprès des électeurs.

Et donc, le pouvoir obtenu démocratiquement corrompt. Là encore, à toute vitesse, puisqu’il suffit que le résultat soit proclamé pour que l’élu revête aussitôt les attributs de l’abus de pouvoir.

A contrario, vous avez la figure du chef incontesté, le Grand Schtroumpf, qui par son âge s’avère le seul à pouvoir gouverner dans la sagesse. Une forme d’aristocratie scientifique. Le pouvoir aux ingénieurs, comme à la belle époque du XIXe siècle. Et le technocrate, lui, pendant ce temps, retourne sa veste constamment, privilégiant le service du pouvoir à de quelconques idéaux et se fait sanctionner par tous les camps qu’il trahi. Y’a de la morale contemporaine, finalement…

Bon, sinon, c’est une aventure assez sympathique, surtout la traque en forêt. Il y a plein d’épisodes sympathiques à ce moment là. Par contre, la fin est un peu trop gentillette. Peyo et Delporte livrent une histoire très politique, très mâture, et réalisent une fin mièvre. Très adaptée au monde des Schtroumpfs, mais en décalage avec leur scénario.

Le Schtroumpfissime est donc une excellente histoire, puisqu’elle permet plusieurs niveaux de lecture et d’analyse, suivant les âges. Je n’ai rien dit du trait de Peyo, qui s’avère évidemment déjà excellent, très proche du classicisme qu’on lui connaît. Il y a une seconde histoire, plus anecdotique, que j’ai volontairement passé sous silence dans cette chronique.

Donc, les Schtroumpfs, c’est en bd et pas au ciné. Même pour des petits bouts, faites leur découvrir l’original, pas l’infâme bouillie uniformisée en version américaine.

Les schtroumpfs tome 2_ planchetopbd_201315.5/20

14 réflexions sur “Les Schtroumpfs tome 2- Le Schtroumpfissime (Semaine Vu au ciné)

  1. Il s’agit d’une des premières BD que j’ai lues étant enfant. Je me rappelle que j’avais trouvé l’histoire bien plus dense que les autres tomes. Je garde pour cet ouvrage une affection toute particulière…

  2. Je n’ai pas beaucoup de BD des Schtroumpfs dans ma bibliothèque, je devrais peut-être y remédier. Sinon, je confirme, c’est meilleur en BD qu’au ciné!

  3. Félicitation monsieur, vous êtes le premier commentateur de cette nouvelle version des chroniques de l’invisible. ^^
    Et donc, pour moi, c’est exactement pareil que toi…

  4. Si tu as envie d’en prendre un, tu as celui-ci qui est bien, ou Shtroumpf vert et vert Schtroumpf qui est parait-il, très profond aussi. Ca caricature les affrontements linguistiques (déjà) entre flamands et wallons.

  5. De loin le meilleur album des schtroumpfs. Pour l’époque, c’est hyper moderne. Tellement de niveaux de lecture possibles et puis graphiquement Peyo est au sommet, son découpage est limpide, d’une lisibilité incroyable. C’est ce que disait Franquin : « C’est la qualité d’un dessin de Peyo : tu mets sa planche au mur, tu recules de cinq mètres, tu vois très bien ce qui se passe. C’est un don : il sait dessiner clair ! ».

  6. Je suis tombé par hasard sur le premier opus du film, à la télé la semaine dernière et bien évidement ma fille a voulu voir. On a regarder 10 minutes et mes yeux ont saigné.
    Pourtant, les schtroumpfs c’était chouette en BD du temps où je les lisais. Tu me donnes envie de m’y remettre !

  7. J’avoue, rien que le principe de mettre les schtroumpfs dans un monde réel, urbain et moderne, c’est pour moi de l’hérésie la plus profonde.

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