Armen (Samedi One-shot)

Armen

Titre: Armen

Auteur: Briac

Editeur: Editions Le télégramme

Date de publication: 2008

 

 

Pour préparer ma semaine à thème consacrée à la Seconde Guerre Mondiale, je dois avouer que j’ai tiré un peu de tous les côtés. Il y avait des ouvrages que j’avais repéré, et d’autres découvert en bibliothèque. Celui-ci, notamment, dans la section patrimoine de la bibliothèque de Rennes Métropole. Etonnamment ça se passe… en Bretagne. Il m’a fallu faire des choix, en Mai, et je n’ai pas retenu cet album. Le voici pourtant, j’avais envie de vosu le faire découvrir.

 

1943. Si sur le front de l’Est l’Allemagne Nazie recule, la France, elle, est toujours occupé avec bien peu d’espoirs d’en finir à court terme. Et au bout de ce territoire, il y a le phare d’Armen, qui permet aux navires de rentrer dans la rade de Brest. Fanchec est gardien chef, et un des deux français obligé de collaborer avec l’ennemi sur le phare. Celui-ci n’est allumé que pour les besoins de la Kriegsmarine, épisodiquement, sur ordres de l’Etat-Major. Un rythme d’enfer pour Fanchec et son collègue qui dorment peu et travaillent encore de jour à l’entretien de l’installation. Alors lorsqu’un officier allemand arrive en plus sur le phare, les inquiétudes vont bon train quant à l’avenir d’Armen. Mais étonnamment, cet officier là est plus enclin à respecter ses employés français que le reste des soldats allemands.

 

Je ne connaissais pas cet auteur, Briac, mais il livre une très honnête prestation sur cet album. Il a le mérite de remettre le soldat allemand à une place qu’il occupe peu dans toute la production culturelle relative à la seconde guerre mondiale: celle d’être humain. Et face à un homme, dans la promiscuité de cette grande tour isolée, difficile pour Fanchec de rester dans le refus total de tout contact. Quand l’autre au dessus de vous et qu’il vous écrase, aucune fraternité possible. Mais quand il est à votre hauteur, là, les choses changent, les rapports évoluent. Heureusement pour nous, je doute qu’Hitler ait eu en tête ce genre de considérations pour les population qu’il avait fait envahir. Mais je trouve intéressant ce portrait que nous dresse Briac et qui rappelle que tout soldat allemand n’était pas nécessairement un nazi convaincu et un gestapiste ou un S.S.

Graphiquement, l’auteur est là encore assez intéressant. Il livre une prestation qui ressemble à un travail à la peinture à l’huile, ou, non, peut-être plus une sorte de craie grasse. En tous cas, un crayon et des couleurs qui contiennent de la matière, de l’épaisseur. Et donc, des aspérités, ainsi qu’il l’écrit dans son scénario. Les hommes sont relativement tordus, ce qui accentue encore cet aspect là. C’est une belle cohérence entre le style et le propos.

 

Intéressante découverte, donc, que cet auteur et cet album. J’aime ces regards tout en proximité, sur la guerre. Les fresques et peplum, c’est indispensable pour la compréhension, mais de temps en temps, regarder par le petit bout de la lorgnette, au plus près du terrain, cela apporte aussi des perceptions différentes.

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