Urban Games tome 1 (Mardi chronique)

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Titre : Urban Games

Tome : 1

Titre : Les rues de Monplaisir

Scénariste : Luc Brunschwig

Dessinateurs : Raufflet, Laurent Cagniat, Laurent Hirn

Coloriste : Van den Abeele

Editeur : Les Humanoïdes associés

Date de publicaton : Octobre 1999

 

 

Voici donc une œuvre maudite. Une œuvre qui ne connu jamais de tome 2, mais qui connu deux tomes 1. Urban Games est la première version de la série Urban publiée chez Futuropolis depuis quelques années, et toujours scénarisée par Luc Brunschwig. Produire cet album avait été une gageure totale, une souffrance presque.  Voyons donc ce que l’on peut dire de lui, à la lumière de ce qui s’est fait ensuite.

 

Monplaisir, années 2050. Monplaisir, c’est la Terre. Enfin, une ville de la Terre. Enfin… la Terre… une planète qui s’est vidée de ses habitants après un cataclysme. Mais Monplaisir est bien là, ville dédiée aux loisirs, au jeu, aux vacances. Tous les ouvriers à travers l’espace rêvent de venir y passer quelques semaines de vacance, un jour. Monplaisir, une cité où même les forces de police sont un jeu. L’Urban Interceptor. Une traque télévisée, sur laquelle les touristes parient. Le criminel sera-t-il appréhendé ? Tué ? Tuera-t-il son interceptor ? Faites vos jeux. C’est dans cette ville que le jeune Dustin Colton se cache. Est-il celui qu’il prétend ? Un justicier venu d’une autre époque pour faire juger Springy Fool, le créateur de Monplaisir ? Où n’est-il qu’un gamin perdu, victime toute désignée de tous les charlatans et escrocs ?

 

Vous le constatez, la trame globale reste la même, pourtant, tout change. D’abord, Brunschwig situe ici Monplaisir sur Terre.  Du moins le dit-il précisément, dans une scène un peu lourde d’explication et de contextualisation. Une scène qui a disparu de la version 2, ce n’est pas un mal. Situer géographiquement Monplaisir n’apporte rien de vraiment intéressant au récit, à mon sens. Cela enlève même une part de mystère à cette cité étrange. Autre changement, plus important, le point de vue. Cet album là se focalise sur Dustin, comme personnage principal. C’est lui qui nous permet de découvrir la cité, et Zachary Buzz, l’interceptor héros de la v2, n’apparaît que fort tardivement. Là encore, je trouve qu’on a gagné au change. Car la fin de ce premier album est la même que celle du tome 2 d’Urban. Faire de Dustin le personnage central est donc un peu déconcertant. Vérification prise auprès de Luc, le tome 2 devait mettre Zachary à l’honneur. Je préfère le choix qu’il a fait ensuite, de garder Buzz tout au long de l’histoire comme témoin, comme guide du lecteur dans la cité, tout en développant en parallèle l’histoire de l’enfant. Il me semble que  le scénariste et l’histoire gagnent en cohérence de ce fait. L’intrigue de l’enfant est bien mieux traitée dans la seconde version. Et Buzz s’avère un formidable personnage principal. Dernière modification, le doute qui est laissé sur Overtime, bien plus fort sur cet album là. Dans la nouvelle version, on voit bien que Dustin n’est pas overtime. Dans cette première, le doute plane un moment, on n’est pas tout à fait sûr. A moins que Brunschwig ne se joue de nous et que la nouvelle version de l’histoire fasse réellement du gamin un Overtime sans que l’on s’en soit rendu compte pour l’instant. Sait-on jamais, n’insultons pas le sens de la mise en scène du scénariste. Il reste cette fameuse scène d’explosion, qui clôture cet album et le tome 2 de la version Futuropolis, qui demeure inexpliquée.

Mais c’est sans doute sur le dessin, que la série a le plus gagné à ce « reboot ». Jean-Christophe Raufflet n’a pas, à mon sens, le potentiel de Roberto Ricci. Son trait est très humoristique, presque un peu étrange, au sein des humano. Un trait assez rond, assez souple. Et on sent quelques facilités utilisées, pour les décors. Bien trop d’aplats vides, qui une fois mis en couleurs donnent la sensation que le dessin n’est pas aussi poussé qu’il l’aurait pu. Jean-Christophe Raufflet, de ce que j’en sais, s’est beaucoup usé sur cet album. C’est dommage, il avait sans doute sa place dans le monde de la bande dessinée, il avait sans doute matière à progresser. Mais pas sur ce scénario, me semble-t-il, qui attendait quelque chose de différent, un style moins conventionnel, une mise en couleur plus travaillée. Ce qu’apporte Roberto Ricci.

 

Bilan des courses, vous vous en doutez, je plébiscite le retour à zéro. J’imagine la déception pour Raufflet et Brunschwig, que cet album ne se fasse pas comme ils l’auraient voulu, que ce soit aussi difficile à mener. Mais le scénariste a su reprendre son bébé, le retravailler, pour en proposer une nouvelle version plus aboutie, plus maîtrisée. L’ouvrage est revenu sur le métier, la tapisserie a été défaite et reprise. Pour notre plus grand plaisir.

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6 réflexions sur “Urban Games tome 1 (Mardi chronique)

  1. PG Luneau 02/07/2013 14:56

    Intéressant, cette ré-initialisation!! Ça va tout à fait dans l’air du temps, avec la technologie qui nous force, assez régulièrement, à tout «rebooter»!! ;^)

  2. Yaneck Chareyre 03/07/2013 10:23

    On pourrait croire, mais c’est surtout un énorme échec, qui a eu droit à une seconde vie. Plus qu’un reboot, je parlerai d’une résurrection…

  3. Yaneck Chareyre 03/07/2013 10:23

    Non, en tant que série reprise au début, je ne vois pas la necessité d’intégrer cet album-ci au classement. Je le chronique plus pour son histoire que pour sa qualité intrinsèque d’album.

  4. Yaneck Chareyre 03/07/2013 10:14

    Euh, non, celui-là, tu le zappes, et tu passes directement à la version 2.0, Urban, deux tomes publiés d’ors et déjà. Va plutôt lire la version plus réussie. ^^

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