Luuna tome 8- L’attrapeur de rêves (Vendredi chronique)

Luuna-tome-8

Série : Luuna

Tome : 8

Titre : L’attrapeur de rêves

Scénariste : Jean-David Morvan

Dessinateur : Nicolas Keramidas

Coloriste : Florence Torta

Editeur : Soleil

Date de publication : Juin 2013

Une série créée par Didier Crisse et Nicolas Keramidas

 

Lorsque j’avais chroniqué le septième et précédent tome de la série, je m’étais demandé ce que Didier Crisse allait bien pouvoir faire de cette série, alors que d’une certaine façon il l’avait remise à zéro.  Et bien il l’abandonne, ça, je dois dire que je ne m’y attendais pas. Il laisse sa place, et Nicolas Keramidas a demandé à Jean-David Morvan de lui succéder. Voici donc définitivement un nouveau cycle pour les aventures de Luuna.

 

Luuna est revenue à la nuit de son initiation. Elle peut ainsi tout recommencer, en se souvenant de ses premières erreurs. Empêcher Unkui le démon de se manifester, obtenir son véritable totem, et surtout protéger la tribu des Paumanoks de l’arrivée prochaine des vikings qui devraient tous les massacrer. C’est ce qu’elle a prévu. Mais elle ne peut expliquer à sa tribu ce qui lui est arrivée. Et elle ne sera pas écoutée…

 

Je suis partagé, sur cet album, mes sentiments sont un peu confus. Parlons d’abord de ce que j’ai aimé sans réserve, le dessin de Nicolas Kéramidas.

Je trouve que depuis Alice, il a trouvé un style légèrement différent mais vraiment personnel et agréable à lire. Dans sa façon de traiter les décors, notamment. On sent qu’il a gagné en maîtrise, en confiance en lui et je trouve que sa personnalité s’exprime vraiment dans son travail désormais. De ce point de vue là, Luuna tome 8 est une belle réussite. Je prends beaucoup de plaisir à regarder son travail.

La mise en couleur, par une nouvelle artiste, est elle presque parfaite. Florence Torta accompagne fort bien le dessin de Nicolas, c’est un bon choix de collaboration. Mais page 13, il me semble qu’il y a une énorme erreur de mise en couleur. C’est la nuit de l’initiation de Luuna, page 12, elle discute sous les frondaisons, il fait noir. Page 13, elle se lève pour se rendre au Cœur de la forêt, la case montre un soleil couchant. Case suivante, ils arrivent au cœur, et il fait nuit. Tout cela, la même nuit, en théorie, si l’on suit le scénario. Etrange, vraiment. Car si ce n’est pas une erreur, je ne comprends pas l’intention des auteurs.

Et puis il y a le scénario de Jean-David Morvan, et là, je suis un peu moins convaincu. D’abord par les dialogues, dont le champ lexical n’est pas toujours parfaitement adapté. C’est un cheval de bataille, pour moi, je le reconnais, mais là encore, on est dans une culture particulière, il me semble important d’adapter son ton, son vocabulaire, pour coller à la culture en question. Même si c’est pour coller aux stéréotypes connus. Les dialogues sur cet album sonnent un peu trop modernes à mon goût. Il me manque une solennité chez le sachem, par exemple, qui exprime son caractère par ce biais. Un petit doute aussi, sur l’apparition du dieu Heyoka, en fin d’album. Je trouve, mais je pinaille peut-être, qu’il aurait été plus intéressant de le faire apparaître dès le début de l’album, en toile de fond, de semer des indices qui justifient son implication. A moins que cette implication ne soit un mensonge de sa part, auquel cas ma remarque est nulle et non avenue. Mais si vraiment il manipule Luuna depuis le début, le faire apparaître au début de cet album aurait permis au lecteur  d’être agréablement surpris. Son apparition fait un peu « plaquée », pour tout dire. Un petit côté cheveux sur la soupe. Je pense que c’est là un ajout personnel de Jean-David Morvan au scénario, et à l’univers de Luuna, c’est pour cela que je pense qu’il aurait pu plus l’imposer dans ce nouveau chapitre. Quitte à s’approprier l’univers d’un autre scénariste, autant le faire jusqu’au bout.

 

Mais c’est Jean-David Morvan, et l’on sait que c’est tout sauf un scénariste manchot. Peut-être a-t-il besoin d’un peu de temps pour se glisser efficacement dans cet univers, dans cette relation entre deux auteurs, Crisse et Kéramidas. J’imagine que ce n’est pas une chose aisée de jouer avec les créations des autres. Alors peut-être faudra-t-il mieux juger son apport au regard du tome 9. Car fondamentalement, malgré mes réserves, ce tome 8 reste très agréable à lire, et peut amener à de nouvelles histoires intéressantes. Je ne peux trancher de manière catégorique à ce stade.

 

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