Dans la peau d’un jeune homo (Samedi one-shot)

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Titre: Dans la peau d’un jeune homo
Auteur: Hugues Barthe
Editeur: Hachette littérature
Date de publication: Avril 2006

C’est lors d’une « BD du Mercredi » de Mango, que j’ai fais la rencontre de cet album. Fort à propos dans la période actuelle et au vu des débats qui viennent d’avoir lieu. J’ai eu envie d’en savoir plus, l’idée d’un regard plus intime sur la façon dont un ado se découvre homosexuel et s’accepte, m’intéressait tout particulièrement. Car j’avais pu croiser dans ma carrière des jeunes dans de semblables situations.

Hugo a quatorze ans. C’est un collégien pas tout à fait comme les autres. Lui-même sent bien qu’il est différent des autres garçons, qu’il ne partage pas leur façon de voir les choses. Lui se sent beaucoup plus à l’aise avec les filles. Alors certes, il a une copine, Chloé, mais au cinéma, Tom Cruise le fait beaucoup plus rêver que sa partenaire à l’écran. Est-il homosexuel? Est-ce qu’il aime vraiment les garçons? Et si oui, comment vivre ça avec ses proches, sa famille? Sa mère qui adore les homos sera-t-elle aussi compréhensive avec son  propre fils?

Je ne suis pas déçu de ma lecture, elle est en effet fort instructive. C’est un récit romancé, même si l’auteur s’est inspiré de faits réels. Néanmoins, on sent une certaine forme de vérité. Hugues Barthe réussit bien à mettre en avant les hypocrisies de certains pans de la société. L’homosexuel c’est un super gars, surtout s’il n’est pas de sa famille. Le point de vue extrême étant tenu par le curé Alain, ami de la famille, auprès de qui Hugo cherche quelques pistes de réponses. Et là entre en jeu la pathétique rhétorique catholique. Qui voudrait que la société soit et demeure sous une certaine forme. Or, la société évolue et je dirai même que les sociétés humaines ont fort bien vécu, et longtemps, sans les dogmes catholiques à ce sujet. Mais dévie quelque peu. Une forme de vérité, vous disais-je donc, à travers Hugo, un jeune homosexuel banal, pas une folle, pas une tarlouze, juste un jeune hommes qui se découvre une orientation sexuelle différente, pas si bien acceptée que cela par notre société (le débat sur le mariage pour tous l’a bien montré). J’adore le personnage de la mère, qui représente toute l’homophobie latente et banale de notre société. Non, vraiment, tout sonne juste dans cet album, un récit digne d’un témoignage.
Le dessin est lui simple, comme la couverture en atteste. Je dirai que sur cet ouvrage, le propos prime sur le graphisme. Les décors tiennent à l’essentiel pour la mise en situation, les visages ne sont pas détaillés… C’est un style que l’on retrouve souvent dans la bande dessinée, surtout dans les romans graphiques. Pour ma part, c’est un style qui me convient mais la sobriété, le noir et blanc, pourra en rebuter certains plus adepte de la claque visuelle.

J’ai bien fait de suivre l’avis de ma collègue blogueuse. Le thème, difficile, est traité intelligemment, avec simplicité mais sans tabou. Un ouvrage à recommander, soit aux lecteurs de bd, soit aux jeunes vivant mal leurs doutes quant à leur orientation sexuelle. Etre Gay, ce n’est pas forcément compliqué à vivre, d’après Hugues Barthe, mais ça demande des efforts. Pour faire bouger la société française…

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3 réflexions sur “Dans la peau d’un jeune homo (Samedi one-shot)

  1. Pingback: Big Bang Saïgon, Maxime Péroz, Hugue Barthe, La Boîte à Bulles | Les Chroniques de l'invisible

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