Haarmann le boucher de Hanovre (Samedi one-shot)

Haarmann-le-boucher-de-Hanovre

Titre: Haarmann le boucher de Hanovre
Scénariste: Peer Meter
Dessinatrice: Isabel Kreitz
Editeur: Casterman
Collection: Ecritures
Date de publication: 2011

 

C’est lors d’une BD du Mercredi que j’ai fait la rencontre de Haarman, puisque soumis par une des participantes à notre lecture. C’était Mango, même, je crois… Enfin bref, entre la dessinatrice Isabel Kreitz, que j’avais plutôt appréciée sur L’espion de Staline, et la promesse d’une intrigue liée à un boucher cannibale ayant fourni tout son quartier en viande humaine, j’ai eu envie de faire cette lecture à mon tour. Coup de chance, je n’ai pas mis longtemps à me le procurer.

Hanovre, République de Weimar. Allemagne. Fritz Haarmann est un homme étrange mais dont tout le monde se ravie des services. La police de Hanovre, qui lui a donné une carte d’auxiliaire et qu’il aide en tant qu’indic, ses voisins, qui trouvent avec lui une source de viande à petit prix, chose très rare, dans cette période d’inflation galopante. Son ami Hans, aussi, qui récupère des vêtements qu’il revend ensuite. Alors certes, il est un peu sale, fait des déchets, ma foi…
Mais pourquoi trouve-t-on dans le canal derrière chez lui des squelettes de corps de jeunes gens mutilés? Un rapport?

Alors oui, vous l’aurez compris, on est dans un récit assez glauque, qui mêle pédophilie, nécrophilie et cannibalisme. Plus une petite dose de corruption histoire d’alléger le propos. Mais le pire, c’est sans doute que cette histoire est vraie. Elle est réellement arrivée, Haarmann a été jugé et condamné à mort pour vingt-quatre meurtres. Ce récit nous montre un peu comment il a pu procéder, quels étaient ses soutiens et sa psychologie. A ce titre, les auteurs jouent finement. A la première lecture, je n’avais pas le sentiment que Haarmann avait été montré comme un homme limité intellectuellement, alors qu’au second passage, la caractérisation est évidente. A se demander d’ailleurs comment les policiers ne se rendent pas compte du dingue qu’ils ont en face. Il était sans doute trop utile, et la folie passée sous le coup de l’originalité. Mais le plus atroce, c’est peut-être la façon dont les voisins du boucher viennent se fournir chez lui en viande et en vêtements, sans se poser de questions. Préférant ne voir que leur bénéfice personnel, ils occultent totalement eux aussi les indices sur les activités douteuses de leur bienfaiteur. Et puis il y a la façon dont les policiers qui le soutenaient font en sorte de se blanchir quand le vent commence à tourner. Ils ont cautionné, d’une certaine façon, et s’en sortent assez tranquillement. Comment ça, Haarmann travaillait pour la police? Mais non, aucune preuve, rien à voir, circulez. Le coupable était fou, eux non. Indéniablement, ça change le point de vue, à mon sens. Et les responsabilités.
Isabel Kreitz livre un dessin en nuances de gris, ce qui est plutôt pertinent vu l’intrigue proposée. Mais c’est surtout son style propre. Un dessin très précis, extrêmement détaillé. Je ne doute pas que certains pourront trouver ça un peu lourd. Chaque case est entièrement grisée, l’auteure n’utilise pas de fonds vides. Une volonté d’étouffer le lecteur par le dessin comme par l’intrigue? De le mettre mal à l’aise? Pourquoi pas, ce serait très pertinent.

Lecture horrible, donc, mais intéressante et bien menée par un duo d’auteurs qui livrent une enquête qui fait froid dans le dos. Sous les dehors d’une couverture très sobre, il faudra tout de même avoir un peu de force morale et une certaine clarté d’esprit pour entreprendre cette plongée en milieu nauséabond.

Haarmann-le-boucher-de-Hanovre_-planchetopbd_201317/20

5 réflexions sur “Haarmann le boucher de Hanovre (Samedi one-shot)

  1. Catherine 06/04/2013 08:19

    Cette histoire a l’air horrible, effectivement, mais la planche que tu montres est vraiment belle. Je me note cette BD.

    Désolée, je ne suis pas très présente en BD en ce moment…

    Bon weekend !

  2. Yaneck Chareyre 06/04/2013 09:13

    Pas de soucis pour ton manque de présence, on a parfois besoin d’un peu plus de temps pour soi hors de la sphère internet. ^^

    Content que cet album t’attire. C’est grâce à Mango que je l’ai lu, moi.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s